Incendie à Paris : la piste du problème électrique

le 30 août 2005 à 18h08 , mis à jour le 30 août 2005 à 21h47

Les enquêteurs s'orientent sur la piste d'une défaillance de l'installation électrique pour expliquer l'incendie qui a fait sept morts lundi soir dans un immeuble vétuste de Paris. Jacques Chirac promet "des initiatives fortes" pour éviter que de tels drames se reproduisent.

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La piste criminelle n'est pas exclue ; mais l'enquête s'oriente plutôt vers la piste accidentelle pour expliquer l'incendie d'un immeuble vétuste squatté par douze familles dans le quartier parisien du Marais, dans lequel sept Ivoiriens, dont quatre enfants, ont été tués et 14 blessés. Un drame qui est survenu quatre jours à peine après celui qui a tué 17 Africains, dont 14 enfants, dans le XIIIe arrondissement, et quatre mois après la mort de 24 Africains, également en attente d'un logement, dans l'incendie de l'hôtel meublé Paris-Opéra.

La préfecture de police de Paris a mis en place mardi matin un numéro vert pouvant donner toutes informations sur les victimes de l'incendie. Ce numéro, pour la France, est le 08.11.00.06.75. Afin de répondre aux éventuels appels de l'étranger, sept lignes téléphoniques ont également été mises en place au 01.53.71.33.80 déclinable jusqu'au 01.53.71.33.86. La préfecture a indiqué avoir alerté le propriétaire, la société d'économie mixte SIEMP, "à plusieurs reprises, notamment le 9 août dernier, à la suite d'une visite d'un architecte de sécurité de la préfecture qui a mis en lumière l'état général de vétusté de l'immeuble et les risques pour la sécurité de ses habitants". Mais "l'immeuble devait être progressivement vidé pour être réhabilité et ne faisait donc pas l'objet d'une demande d'expulsion de ses occupants", rappelle-t-elle.

"Cette situation est tout à fait indigne"

Selon la procureur adjointe de la République de Paris Dominique Planquelle, le feu s'est déclaré "au premier étage ou au rez-de-chaussée dans les parties communes de l'immeuble". De son côté, Jean-Jacques Herlem, sous-directeur à la police judiciaire de Paris a souligné qu'il était "impossible à l'heure actuelle de dire quelle est l'origine de ce sinistre" mais s'est dit "certain" que les enquêteurs s'orientaient "vers un problème lié à l'installation électrique de fortune".

Jacques Chirac a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et a demandé "aux services chargés de l'enquête d'agir avec diligence pour déterminer les circonstances exactes de ce sinistre". Il a assuré que le gouvernement prendrait "des initiatives fortes" pour éviter que de tels incendies se reproduisent, soulignant que "cette situation est tout à fait indigne des exigences naturelles de l'accueil qu'on doit à celles et à ceux qui sont chez nous, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur nationalité". Le Premier ministre Dominique de Villepin a "fait part de sa plus profonde émotion". Témoignages de solidarité que certains jugent pourtant insuffisants : le Mrap a demandé mardi "la mobilisation" de l'Etat en faveur du logement des "populations défavorisées", avec "obligation de résultats". Et la Confédération syndicale des familles (CSF) a exigé mardi du gouvernement "un service public du logement" garantissant le droit à un logement de qualité.

Le maire du IIIe Pierre Aidenbaum (PS) a annoncé mardi en milieu d'après-midi que "toutes les familles ont déjà reçu des propositions de relogement et que certaines d'entre elles sont parties visiter des appartements". "Ce drame me choque, je suis écoeuré", a assuré pour sa part l'ambassadeur de Côte d'Ivoire Hyacinthe Kouassi, qui s'est rendu sur place et a appelé à la régularisation des sans-papiers.

Photo d'ouverture : l'immeuble incendié dans la nuit de lundi à mardi - DR

le 30 août 2005 à 18:08
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11 Commentaires

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  • Merche, le 31/08/2005 à 11h02

    Ce qui arrive à Paris est le résultat de la politique memée par les maires RPR qui ont géré cette ville pendant plus de 20 ans.

  • Castelin marie chantal, le 31/08/2005 à 09h01

    Il est indigne que des personnes vivent dans des logements vétustes mais il est également indigne d'etre polygame en FRance , de s'installer dans des logements privés sans aucun droit de ne pas entretenir sonlogement en temps que locataire;Et dans quel pays pourrions nous vivre sans papiers???

  • Zygmunt, le 31/08/2005 à 07h51

    Il y a malgré ces accidents, une question fondamentalle à poser : Pourquoi mantient on les personnes en situation irrégulière sur le sol national? Beaucoup d'africains considèrent encore la France comme un eldorado, mais la qualité de vie qu'ils y trouvent est-elle meilleure que dans leur pays d'origine. NON!

  • NGANGA, le 31/08/2005 à 05h12

    C'est une oppobre pour la France. Ce n'est en clair pas la crise du logement qui est à l'origine de ces situations dramatiques. Il s'agit de la politique discriminatoire du logement pratiquée depuis de longue date par l'administration française. La preuve est que ces derniers mois tous les Noirs qui ont vu leurs proches brûlés comme du charbon se sont vu attribués des logements illico presto.

  • Alain, le 30/08/2005 à 23h09

    C'est bien malheureux ce qui est arrivé...mais en fin de compte voila quelques familles avec ou sans droit de sejour qui ont trouvé un logement "dans la journée" comparativement a tous ceux qui attendent des années....

  • Etienne, le 30/08/2005 à 21h44

    C'est tout a fait regrettable. Toute mes condoleances aux familles des victimes. Neenmoins, le gouvernement ne peut pas etre tenu responsable. On ne va tout de meme pas etre oublige de loger ces gens dans des apparts luxueux. J'estime pour ma part que ceux qui ne payent pas de loyer ne peuvent pas exiger quoi que ce soit quand aux conditions de logement. Ils ont un toit gratuit, et c'est deja pas mal. A part ca, il faut reconnaitre que la loi des series est assez vraie: Apres les avions qui sont tombes au mois d'Aout, ce sont maintenant le immeubles parisiens qui brulent...

  • Phil, le 30/08/2005 à 20h58

    Cherchez l'erreur ! Des dizaines de millions d'euros pour Paris2012 et pour Paris-Plage, mais pas de sous pour loger ces gens décement: C'est incroyable, mais c'est ça notre culture à nous les Blancs... D'un autre côté, ces familles Africaines arrivent en France sans contrôle, sans recensement (recensement = suivi, suivi médical, vaccination, lutte anti-délinquance, anti-mafia, anti-prostitution clandestine, etc.) et dans la plus totale illégalité, par Roissy, par Marseille ou Nice, etc. Ici en France, notre beau Royaume du "Responsable-mais-pas-Coupable" (!), il y a matière à investigations du côté de la Police de l'Air & des Frontières, et du Ministère de l'Intérieur. Lequel Ministère ferme tout-aussi sournoisement les yeux sur la sainte Polygamie. C'est-à-dire un homme avec ou sans ressources, qui fait 20 gosses à 4 femmes, sans se soucier de leur sécurité ou de leur intégrité physique, de leurs besoins économiques et éducatifs. A qui la faute ?

  • Mojorisin, le 30/08/2005 à 20h44

    Comment peut-on dire que c'est un accident électrique alors que les services spécialisés de la BSSP et de la PJ n'ont pas pu encore pénétrer dans les lieux??? Dans la capitale, personne ne croit à un accident, PERSONNE!

  • Jean-Noël, le 30/08/2005 à 20h38

    J'appelle Mr l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire à un peu de décence. Son gouvernement n'arrête pas de traîner la France plus bas que terre et de la rendre responsable de tous les problèmes rencontrés dans ce pays. Je ne l'ai pas entendu s'élever contre le traitement abominable subi par nos compatriotes à Abidjan et par les tortures et viols subis. Monsieur l'Ambassadeur n'a rien a éxiger de la France, encore moins la régularisation des "sans-papiers" je dirai plutôt les clandestins. S'il trouve qu'il ne sont pas bien traités en France il a toujours la possibilité de les rapatrier dans son pays. Je suis un incorrigible "politiquement incorrect". Merci de ne pas censurer.

  • Eric, le 30/08/2005 à 20h21

    Cette série de drames permet de faire un amalgame entre logements sociaux et immeubles squattés. Il est inadmissible que le logements sociaux ne respectent pas les régles de sécurité et d'hygiéne. La ville de Paris et le gouvernementse rejettent la balle, mais la vérité est qu'ils sont tous coupables de négligence dans ce dossier et depui bien des années. Pour ce qui est des squats, c'est un autre problème: celui d'occupation illégale de batiments impropres au logement. On ne peut parler dans ce cas de respect des régles, puisque les occupants sont dans l'illégalité, peut-être forcée pas une situation désespérée, mais dans l'ilégalité tout de même. La défaillance de la politique sociale est également la cause de cette situation tragique pour ceux qui en patissent, mais comment peut-on parler dans les mêmes termes de la situation de logements sociaux gérés par les autorités publics, et de celle de batiments impropres à l'occupation et occupés par des squatteurs. Il semble que cela en arrange beaucoup d'avoir le même discours sans séparé l'un de l'autre.

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