
La piste criminelle n'est pas exclue ; mais l'enquête s'oriente plutôt vers la piste accidentelle pour expliquer l'incendie d'un immeuble vétuste squatté par douze familles dans le quartier parisien du Marais, dans lequel sept Ivoiriens, dont quatre enfants, ont été tués et 14 blessés. Un drame qui est survenu quatre jours à peine après celui qui a tué 17 Africains, dont 14 enfants, dans le XIIIe arrondissement, et quatre mois après la mort de 24 Africains, également en attente d'un logement, dans l'incendie de l'hôtel meublé Paris-Opéra.
La préfecture de police de Paris a mis en place mardi matin un numéro vert pouvant donner toutes informations sur les victimes de l'incendie. Ce numéro, pour la France, est le 08.11.00.06.75. Afin de répondre aux éventuels appels de l'étranger, sept lignes téléphoniques ont également été mises en place au 01.53.71.33.80 déclinable jusqu'au 01.53.71.33.86. La préfecture a indiqué avoir alerté le propriétaire, la société d'économie mixte SIEMP, "à plusieurs reprises, notamment le 9 août dernier, à la suite d'une visite d'un architecte de sécurité de la préfecture qui a mis en lumière l'état général de vétusté de l'immeuble et les risques pour la sécurité de ses habitants". Mais "l'immeuble devait être progressivement vidé pour être réhabilité et ne faisait donc pas l'objet d'une demande d'expulsion de ses occupants", rappelle-t-elle.
"Cette situation est tout à fait indigne"
Selon la procureur adjointe de la République de Paris Dominique Planquelle, le feu s'est déclaré "au premier étage ou au rez-de-chaussée dans les parties communes de l'immeuble". De son côté, Jean-Jacques Herlem, sous-directeur à la police judiciaire de Paris a souligné qu'il était "impossible à l'heure actuelle de dire quelle est l'origine de ce sinistre" mais s'est dit "certain" que les enquêteurs s'orientaient "vers un problème lié à l'installation électrique de fortune".
Jacques Chirac a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et a demandé "aux services chargés de l'enquête d'agir avec diligence pour déterminer les circonstances exactes de ce sinistre". Il a assuré que le gouvernement prendrait "des initiatives fortes" pour éviter que de tels incendies se reproduisent, soulignant que "cette situation est tout à fait indigne des exigences naturelles de l'accueil qu'on doit à celles et à ceux qui sont chez nous, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur nationalité". Le Premier ministre Dominique de Villepin a "fait part de sa plus profonde émotion". Témoignages de solidarité que certains jugent pourtant insuffisants : le Mrap a demandé mardi "la mobilisation" de l'Etat en faveur du logement des "populations défavorisées", avec "obligation de résultats". Et la Confédération syndicale des familles (CSF) a exigé mardi du gouvernement "un service public du logement" garantissant le droit à un logement de qualité.
Le maire du IIIe Pierre Aidenbaum (PS) a annoncé mardi en milieu d'après-midi que "toutes les familles ont déjà reçu des propositions de relogement et que certaines d'entre elles sont parties visiter des appartements". "Ce drame me choque, je suis écoeuré", a assuré pour sa part l'ambassadeur de Côte d'Ivoire Hyacinthe Kouassi, qui s'est rendu sur place et a appelé à la régularisation des sans-papiers.
Photo d'ouverture : l'immeuble incendié dans la nuit de lundi à mardi - DR
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