© INTERNEUn parti, le PS, divisé en deux équipes. D'un côté les supporters de Laurent Fabius, de l'autre ceux de François Hollande. Tous seront rassemblés la semaine prochaine lors des universités d'été de La Rochelle. Un rendez-vous annuel en guise d'échauffement avant le Congrès du Mans du 18 au 20 novembre.
A l'issue de cette rencontre qui aura lieu dans trois mois, Michel Rocard pronostique un gagnant et un perdant. Il y aura une minorité "qui devra se soumettre ou se démettre", a-t-il dit cette semaine dans le Nouvel Observateur. Pis encore, dans l'hypothèse où Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon l'emporteraient, "il faudra peut-être envisager la création d'un nouveau parti". Dans cette ambiance fébrile, Jack Lang s'improvise arbitre et rappelle les règles du jeu dans un entretien publié par le Journal du Dimanche.
"Ce n'est pas lui qui se présentait le 29 mai"
Pour l'ancien ministre, on ne change pas une équipe qui gagne. Ainsi "à l'évidence" François Hollande peut encore rester à la tête du PS. Le député du Pas-de-Calais rappelle le succès de son parti aux régionales et aux européennes de 2004. Et de justifier la défaite du "oui" au référendum à la Constitution –un oui soutenu par Hollande- d'un : "Ce n'est pas lui (Hollande, NDLR.) qui se présentait le 29 mai devant les électeurs. C'était Chirac. Hollande n'a pas davantage perdu ce référendum que les militants du "non" ne l'ont gagné. En clair pour Jack Lang, Laurent Fabius ne serait pas plus légitime que François Hollande à la tête du PS.
Et de poursuivre ses critiques envers les supporters de l'ancien Premier ministre. "Un peu de respect pour la fonction, que diantre ! François Hollande est le premier secrétaire du PS, le premier des 'camarades' socialistes. Ceux qui le jettent aux orties aujourd'hui sont ceux-là mêmes qui l'ont fait élire hier", ajoute-t-il. "En 2004, après le succès des élections régionales et européennes, c'était 'vive Hollande'. En 2005, après le non du référendum, c'est 'haro sur Hollande'. C'est aussi excessif dans un sens que dans un autre", affirme Jack Lang.
Compétition
Dans un esprit de fair-play, il ajoute : "Battons nous pour des idées, pour un projet de société, pas comme des chiffonniers". Et d'exhorter : "Réglons nos différends avec honnêteté et responsabilité". Réfutant toute idée de scission avancée par Michel Rocard, Jack Lang dit avoir "confiance dans l'intelligence politique des militants" qui, selon lui, "se retrouveront majoritairement autour de notre conception de la société".
Une plus grande compétition se profile pour Jack Lang. Revenant sur sa décision d'être candidat à la candidature au PS pour l'élection présidentielle de 2007, il explique avoir voulu "prendre date" et "ne pas (se) cacher". "Mais chaque chose en son temps. Beaucoup d'eau va encore couler d'ici là sous les ponts de la Seine à proximité de la Rue de Solférino (...) Le moment venu, les militants décideront dans le respect des règles", explique-t-il. "D'ici là, je vais m'engager fortement aux côtés de François Hollande dans la perspective du congrès pour une direction élargie autour d'une orientation claire", ajoute l'ancien ministre. S'engager aux côtés de Hollande sans jamais perdre de vue la ligne d'arrivée en 2007.
Montebourg pour une "majorité alternative" au PS Arnaud Montebourg, co-animateur au PS du courant Nouveau parti socialiste, a demandé "une nouvelle majorité alternative" au sein du PS, dimanche lors de la traditionnelle Fête de la Rose organisée en son fief de Frangy-en-Bresse, en Saone-et-Loire. "A titre personnel, j'estime qu'il est nécessaire de construire une majorité alternative avec Henri Emmanuelli et Laurent Fabius (autres partisans du non à la Constitution européenne, ndlr)", a-t-il dit avant de prendre la parole devant plus de 500 militants et sympathisants, à trois mois du congrès du PS au Mans. "Il est impossible de construire quelque chose avec (François) Hollande", actuel Premier secrétaire du PS, a-t-il dit, précisant: "il nous a conduits à deux désastres, celui de 2002 et celui de 2005". Pour autant, "je ne me rallie pas à une candidature Fabius" pour l'élection présidentielle de 2007, a-t-il affirmé. (AFP)
(Jack Lang/archives/DR)
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