Le chef de l'Etat, entouré des élus, vient déposer une gerbe de fleurs... © DRUne immense émotion et une grande dignité ont marqué l'hommage national rendu mercredi aux 160 victimes, dont 152 Français, de l'accident d'avion du 16 août dans l'ouest du Venezuela, qui s'est déroulé à Fort-de-France en présence de Jacques Chirac. Aucun discours politique n'a été prononcé lors de cette cérémonie de près de deux heures, qui se voulait "sobre et humble", et qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de Martiniquais en deuil dans le stade de Dillon, sous une chaleur humide. L'émotion des Martiniquais, qui avaient tous revêtu un haut blanc, a été particulièrement palpable lorsque 160 enfants, représentant chacun une des victimes, sont passés en procession et ont déposé des bougies devant une chapelle ardente et une stèle sur laquelle étaient inscrits les noms des disparus. Quelques cris de douleur ont alors fusé dans la foule.
L'hommage national aux victimes a revêtu un caractère exceptionnel, par la présence du chef de l'Etat, des présidents du Venezuela Hugo Chavez et de la Dominique Nicholas Liverpool, du premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande, de délégations des îles des Caraïbes et du poète et maire honoraire de Fort-de-France Aimé Césaire. Les indépendantistes de Martinique, au premier rang desquels Alfred Marie-Jeanne, président du Conseil régional, avaient mis de côté leurs critiques contre les autorités métropolitaines, en ce jour de deuil national, où les drapeaux ont été mis en berne sur tout le territoire national.
Une cérémonie pour "se rassembler et exprimer notre solidarité"
La cérémonie s'est ouverte sur une cantate de Bach interprétée par l'Orchestre symphonique de la Martinique avec la cantatrice Odile Rhino. Les représentants des différents cultes présents à la Martinique - catholique, adventiste, évangélique, orthodoxe, hindou, juif et musulman - ont fait de courtes interventions, entrecoupées d'arias de Bach, d'extraits du Messie de Haendel, de La marche funèbre de Mozart et de Negro spirituals. Tous ont exprimé leur gratitude, à l'instar du pasteur évangélique Henri Baniclès, pour cette cérémonie qui, a-t-il dit, a offert "la possibilité de se rassembler et d'exprimer notre solidarité".
Après Hugo Chavez, Jacques Chirac et les élus locaux ont déposé ensemble une gerbe de fleurs bleues, blanches et rouges au pied de la stèle. Le président français n'a fait aucune déclaration ; mais dès son arrivée sur l'île, quelques heures avant le début de la cérémonie, il avait déjà assuré les Martiniquais de "la solidarité profonde et de la compassion de la Nation toute entière", en affirmant : "Aujourd'hui, le coeur de chaque Française, chaque Français, bat à l'unisson de celui de leurs frères et de leurs soeurs martiniquais. La France est en deuil, elle est meurtrie dans sa chair".
A l'heure où la cérémonie de Fort-de-France prenait fin avec une minute de silence, débutait à la cathédrale Notre-Dame de Paris un autre hommage en présence du Premier ministre Dominique de Villepin et de Bernadette Chirac. Jacques Chirac devait regagner Paris en début d'après-midi, après un entretien d'une dizaine de minutes avec Hugo Chavez et une rencontre avec les élus.
Les boîtes noires de l'avion confiées au BEA Les autorités vénézuéliennes ont confié la lecture et l'analyse des enregistreurs de vol ("boîtes noires") de l'avion accidenté de la compagnie West Caribbean au Bureau français d'Enquêtes et d'Analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), a annoncé mercredi le ministère des Transports. "Cette décision constitue une étape décisive dans la conduite de l'enquête technique : les enregistreurs de vol, qui étaient depuis leur découverte sous la protection de la justice vénézuélienne, contiennent certainement, si leur état permet de les exploiter, des informations capitales dans la recherche des causes de l'accident", indique le ministère dans un communiqué. Les autorités vénézueliennes ont indiqué dans la nuit que la date d'expédition en France de ces boîtes noires n'était pas encore fixée et dépendait d'une autorisation du Parquet général vénézuélien qui dirige l'enquête.
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