© INTERNEEt de deux. Après Michel Rocard il y a quelques jours dans le Nouvel Obs, c’est au tour de Bernard Kouchner d’évoquer sans hésiter la perspective d’une éventuelle scission du PS à l’automne. « J’approuve son idée d’affronter les pseudo-marxistes et leurs utopies frippées » affirme-t-il mardi dans les colonnes du Figaro. Fort d’une popularité intacte depuis des années, le fondateur de Médecins sans frontières s’exprime librement et veut prendre les Français à témoins. "Faut-il risquer une scission au sein du PS ? Oui. On a passé le temps des réconciliations de façade", explique-t-il. "Il vaut mieux admettre le désaccord plutôt que mentir sur une fausse synthèse." Et d’expliquer également que « lorsqu’il parle aux Français, il ne se sent pas seul, bien au contraire. Eux ont du bon sens. ».
Sur le fond, l'ancien ministre socialiste n’hésite pas également à bousculer certains tabous à gauche et admet pouvoir être en « décalage » avec sa famille politique. Ainsi, il se prononce pour une réforme de la semaine des 35 heures. "Il faut plus de flexibilité dans le travail. Personne ne fera plus croire qu'en travaillant moins, nous aurons davantage d'emplois", explique-t-il en reprenant à son compte un leitmotiv de la droite. "La France ne doit plus être une nation d'anxieux et de nostalgiques", dit-il. "Il faut donner le goût du risque, pas celui de la frilosité. Il faut poser la question de la mise à jour de notre modèle social, réformer les 35 heures, triompher des délocalisations, affronter le problème des retraites."
"J'aime autant discuter avec les militants centristes qu'avec ceux d'Attac"
Suite logique de ces prises de position, Bernard Kouchner se dit prêt à dépasser le clivage gauche-droite et à travailler, par exemple, avec le président de l'UDF François Bayrou. "L'objectif est d'obtenir un consensus pour procéder aux ajustements qui s'imposent", explique-t-il. "C'est à une gauche novatrice, réaliste et courageuse de les définir." "Je veux aussi discuter avec les gens du 'non' (...) Je veux que nous trouvions des majorités pour des réformes vives, pas pour un réformisme mou", ajoute-t-il. "J'aime autant discuter avec les militants centristes qu'avec ceux d'Attac".
Cette prise de position libre de l’ancien « french doctor » réjouit déjà les amis de François Bayrou. Ainsi, le député UDF Maurice Leroy estime que Bernard Kouchner "a raison, mille fois raison". "Le drame de la France, c'est qu'on n'arrive pas à réformer un camp contre l'autre. Les Français aspirent à quoi ? Un modèle qui soit social, humaniste et européen", explique-t-il. Pour cela il y a des hommes et des femmes de bonne volonté des deux côtés de la rive, si l'on arrivait enfin à faire un vrai grand parti du centre en France, je vous assure qu'on les ferait, ces réformes qui sont tant attendues" ajoute-t-il.
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