© LCIL’affaire devrait faire du bruit dans la région de Brest. Un jeune homme de 18 ans écroué pour un double meurtre crapuleux il y a deux ans a été remis mardi en liberté sous contrôle judiciaire. La remise en liberté du prévenu, révélée par le quotidien Le Télégramme, "est intervenue dans le strict respect des dispositions de l'article 11 de l'ordonnance du 2 février 1945 qui limite la détention provisoire des mineurs (ndlr: au moment des faits), en matière criminelle, à deux ans", selon un bref communiqué du procureur de la République de Brest Xavier Tarabeux.
Le jeune homme libéré, mineur au moment des faits, et ses deux complices présumés avaient été incarcérés le 24 août 2003 après avoir été mis en examen pour "meurtres ayant accompagné ou précédé un délit, vols en réunion et atteinte à l'intégrité de cadavres". Peu auparavant, les corps mutilés et calcinés de Clarisse Lignez et Erwan Durame, un laborantin de l'Université de Brest et une visiteuse médicale, âgés tous deux de 31 ans et résidant à Brest, avaient été retrouvés dans un bassin de retenue d'une ferme de la région de la Roche-sur-Yon appartenant aux parents d'un des suspects.
Nicolas Sarkozy s'interroge
Deux des mis en examen avaient été interpellés alors qu'ils circulaient dans le véhicule des deux disparus. Ils avaient également été filmés retirant des espèces avec la carte bancaire des victimes à un distributeur de billets proche du pavillon du jeune couple. Les deux hommes avaient dénoncé une troisième personne, permettant aux policiers de localiser la ferme où les cadavres ont été découverts.
Dans un courrier adressé au député UMP du Finistère Christian Ménard qui l'avait alerté sur cette affaire, le ministre de l'Intérieur estime qu'"il faudrait se poser la question des délais en matière de détention provisoire". Rappelant que les magistrats qui ont décidé de cette remise en liberté "étaient encadrés dans des délais stricts", Nicolas Sarkozy ajoute que, "sans doute faudrait-il leur donner les moyens de pouvoir prolonger la détention provisoire si les lourdeurs et les difficultés de l'instruction n'ont pas permis sa clôture en 24 mois". Pour le ministre, s'il est "indispensable de respecter la présomption d'innocence (...) il faut également penser aux victimes et faire en sorte qu'elles aient (...) autant de droits que les criminels".
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