"On se méfie des hôtels et des foyers"

Par C.A. et A.Ga., le 27 août 2005 à 14h50 , mis à jour le 29 août 2005 à 08h50

Les rescapés de l'incendie dans un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris qui a tué 17 personnes vendredi ne veulent pas être relogées provisoirement. On ne connaît pas encore les causes du drame.

[Expiré] [Expiré] gymnase incendie rescapés © AFP

"Nous resterons au gymnase jusqu'à ce que tous soient relogés". Omar Cissé tient le rôle de porte parole des rescapés de l'incendie d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris qui a fait 17 morts vendredi. Depuis le drame, les habitants qui ont survécu au sinistre sont accueillis dans le gymnase Kellermann, près de la Porte d'Italie. Il leur a été proposé d'être relogés dans des hôtels, mais les familles préfèrent rester groupées et réclament un "logement pérenne".

"On se méfie des hôtels et des foyers. Pour nous, c'est un jeu de cache-cache", justifie Omar Cissé même s'il assure avoir confiance dans les autorités. "La valeur d'un homme, c'est sa parole. Le maire a dit qu'il nous relogerait, nous le croyons". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a plaidé samedi pour "une solution exceptionnelle de relogement durable" pour les rescapés et pour des "propositions concrètes dans les tout prochains jours".

Jean-Yves Mano, adjoint au Logement de la mairie de Paris, a déclaré que les premières familles de rescapés pourront visiter des appartements dès lundi. "Des appartements de type F5 sont en cours de livraison et dès demain, les familles prioritaires pourront visiter des appartements à Paris", a-t-il déclaré dimanche, sans préciser combien de familles étaient concernées.

Deux certitudes

Les premières familles de rescapés de l'incendie du XIIIe arrondissement pourront visiter des appartements à Paris dès lundi, a déclaré dimanche Jean-Yves Mano (PS), adjoint au Logement à la mairie de Paris, à la sortie d'une réunion organisée avec des rescapés.

"Des appartements de type F5 sont en cours de livraison et dès demain, les familles prioritaires pourront visiter des appartements à Paris", a-t-il déclaré, sans préciser combien de familles étaient concernées.

Avant que la réunion ne se tienne au gymnase Kellermann, M. Mano avait déclaré : "Nous espérons que quatre à six familles seront relogées demain par la mairie et le même nombre par l'Etat dès mardi".

Interrogé sur le déroulement de la semaine à venir, Omar Cissé a affirmé que la mairie de Paris organiserait des navettes pour conduire les enfants à l'école le 2 septembre pour la rentrée. "Cela veut dire que nous sommes prêts à rester toute la semaine et que la mairie l'a bien compris". Selon le gardien, une famille a déjà été relogée samedi dans un appartement de cinq pièces dans le IIIe arrondissement de Paris. Selon lui, un contrat de location a été établi et Emmaüs leur a fourni des vêtements.

Dimanche, la lumière n'était toujours pas faite sur les circonstances de l'incendie. Toutes les pistes, criminelles ou accidentelles, sont envisagées. Pour l'heure, deux certitudes : aucune trace d'hydrocarbure n'a été trouvée sur les lieux du sinistre et le feu n'est pas dû à un court-circuit. Il est parti d'un espace, sous l'escalier au rez-de-chaussée, dépourvu de tout câblage électrique. Une fenêtre ouverte au sommet de l'immeuble aurait permis un appel d'air. La cage d'escalier, en bois, s'est enflammée comme une torche.

"Nous ne vous demandons qu'un toit"

Si ce n'est pas l'électricité, qu'est-ce ? Un mégot jeté par inattention sur l'une des poussettes rangées dans cet espace ? Un acte délibéré ? "Nous ne privilégions en l'état aucune hypothèse même si aucune cause n'apparaît logique dans le départ de l'incendie à cet endroit-là", a dit vendredi le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Selon les habitants du quartier, le rez-de-chaussée et le sous-sol de l'immeuble étaient régulièrement visités par des délinquants.

14 enfants sont décédés dans l'incendie. Six personnes, sur une trentaine de blessés, restaient hospitalisées samedi. Parmi elles, un enfant et un adulte dans un état "sérieux". Dans ce bâtiment vétuste du début du XXe siècle, vivaient environ 130 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Côte d'Ivoire et de Gambie, dont une centaine d'enfants. Samedi après-midi, dans un silence total, des rescapés ont manifesté avec des proches et des soutiens, depuis l'immeuble incendié jusqu'à la place d'Italie. Sur des cartons brandis, on pouvait notamment lire: "République, nous ne vous demandons qu'un toit, oui qu'un toit". Plusieurs organisations (Mrap, CNL, DAL, CGT, Droit devant !!, CAL) ont appelé à un rassemblement dimanche à 17H00 sur les lieux du sinistre.

(Des rescapés devant le gymnase  Kellermann/AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)

Par C.A. et A.Ga. le 27 août 2005 à 14:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

19 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Pierre, le 28/08/2005 à 21h07

    Karima de Maisons Alfort, je suis d'accord avec vous sur la douleur du drame et je pense qu'il ne faut pas hiérarchiser les personnes dans le besoin mais au Mali ou en Gambie les autorités s'occuperont d'abord de leur nationaux avant les autres. Et je pense qu'il est nécessaire de s'occuper des notres avant d'aider, même si c'est louable, les étrangers. Nous oublions tous une réalité c'est que de nombreux propriétaires ne souhaite pas louer un appart prévu pour 5 personnes à des familles de plus de 8 à 9 personnes et çà c'est une réalité. Bonne soirée à tous.

  • Damien, le 28/08/2005 à 14h45

    Moi je suis a la rue avec deux enfants personne ne me donne rien pourtant je suis francais aussi/// ordinateur d/une personne charitable pour envoyer mon message j/ai des droits aussi

  • Karima, le 28/08/2005 à 13h29

    Je souhaite présenter mes condoléances à ces familles qui ont perdu les leurs dans cette incendie. Il est honteux de faire vivre des familles dans de telles conditions. Cela met sur la place publique non seulement la crise du logement social en France mais aussi la difficulté des familles d'origine étrangères à accéder au parc privé. Pour répondre Pierre de Nice la douleur de ces famile aurait mérité un peu plus de compassion qu'une comparaison avec comme vous le précisez deux chomeurs FRANCAIS. je ne trouve pas normal, pas juste , pas sain .. que des salariés africains ne peuvent pas se loger décemment dans un pays dit riche. je déplore le sort de ces deux chomeurs également qui vivent dans une caravane.

  • Maxime, le 28/08/2005 à 13h25

    Angèle, je comprend votre réaction passionnelle, mais elle n'est pas appliquable à une situation de gestion concrète. Redescendons sur terre. Il s'agit de problèmes juridiques, financiers, et non pas de "méchanceté". Il nous faut des solutions concrètes, pas des interventions magiques d'un soit disant paradis, ce que la France n'est pas, il y a suffisamment de sans papiers en situation plus que critique pour le prouver...

  • Xx, le 28/08/2005 à 11h02

    Le pire dans tous ca, le gouvernement brade les autoroutes payées par nos impots au plus offrant au lieu d'utiliser intelligement les 30 milliards de recette pour construire les 2 millions de logement sociaux et qui auraient fait baissé les loyers et le cout de la vie, ce sont des incapables.

  • PIERRE, le 28/08/2005 à 10h47

    Mon père a 88 ans. Il vit seul dans son hameau dans une maison en vieilles pierres, mal isolée et se chauffe avec le bois qu'il coupe. Eh oui ! Ancien cultivateur, il perçoit 600 euros par mois de retraite. Et pourtant, il a nourri la France. Combien perçoit chaque famille d'émigrés ? Tout confondu : allocations familiales, Aide au logement, RMI, charges non payées et supportées par la société, etc. etc. J'attends une réponse.

  • Patricia, le 28/08/2005 à 10h46

    Je trouve indecent que l on ne pense qu'a ces familles qui ont ete meurtries mais combien y a t il de francais qui sont dans la precarité et qui couchent sous les ponts d une part les medias en font la une de leurs titres d autre part ces messieurs les ministres en font tout un laius ( bandes d hypocrites) et vous M Delanoe maire de Paris qu'avez vous fait ? à part avoir la larme à l'oeil afin d emouvoir ceux qui sont "simplets" si je puis dire on en à marre de toutes ces mascarades? Arretez de jouer les grands seigneurs alors que la France se meurt ...

  • Eddy, le 28/08/2005 à 10h03

    Ily a un mois, on n'a pas eu les jeux olympiques... on a claqué un fric monstre pour préparer tout cela et on a tout refermé... ben pourquoi ne pas récupérer le projet initial pour créer des logements décent... puisqu'un budget a été créé pour cela et que des sites ont été trouvés voire rachetés déjà ??? ça apporterait rien peut être au prestige de la France, mais ça empêcherait des catastrophes et des morts... y avait un projet de village olympique pour des milliers de personnes non ? alors pourquoi est-ce que ça pourrait pas réhabiliter celui-ci en logements sociaux ????

  • Dan, le 28/08/2005 à 09h55

    Tous ces faits divers pose le problème de l'immigration et plus particulièrement de l'immigration clandestine...Visiblement la France n'a pas ou plus les moyens d'accueillir de façon décente tous ces peuples chassés par la misère...Alors, la "langue de bois" va continuer combien de temps encore...? la clef pour régler ces problèmes est politique, ces gens ne sont pas "orphelins", ils viennent de pays gouverné...!!!!!que l'on fasse pression sur leur classe dirigeante souvent corrompue...Tout est une question de volonté politique...Arrêtons de "culpabiliser" le monde occidental.....

  • Ci4ice, le 28/08/2005 à 08h06

    Angèle t'a vision depuis le Cameroun est Noble mais faut arreter d'etre naive quand meme ! De plus n'oublions pas que l'incedie de l'hotel d'Opera est un accident dans un immeuble tres anciens dont Paris regorge, alors certe il y a un probleme de magouilles serieuses mais on ne peu pas non plus faire de miracle a l'heure ou la crise du logement dure depuid plusieurs années

Lire tous les commentaires

      logAudience