© AFP"Nous resterons au gymnase jusqu'à ce que tous soient relogés". Omar Cissé tient le rôle de porte parole des rescapés de l'incendie d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris qui a fait 17 morts vendredi. Depuis le drame, les habitants qui ont survécu au sinistre sont accueillis dans le gymnase Kellermann, près de la Porte d'Italie. Il leur a été proposé d'être relogés dans des hôtels, mais les familles préfèrent rester groupées et réclament un "logement pérenne".
"On se méfie des hôtels et des foyers. Pour nous, c'est un jeu de cache-cache", justifie Omar Cissé même s'il assure avoir confiance dans les autorités. "La valeur d'un homme, c'est sa parole. Le maire a dit qu'il nous relogerait, nous le croyons". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a plaidé samedi pour "une solution exceptionnelle de relogement durable" pour les rescapés et pour des "propositions concrètes dans les tout prochains jours".
Jean-Yves Mano, adjoint au Logement de la mairie de Paris, a déclaré que les premières familles de rescapés pourront visiter des appartements dès lundi. "Des appartements de type F5 sont en cours de livraison et dès demain, les familles prioritaires pourront visiter des appartements à Paris", a-t-il déclaré dimanche, sans préciser combien de familles étaient concernées.
Deux certitudes
Les premières familles de rescapés de l'incendie du XIIIe arrondissement pourront visiter des appartements à Paris dès lundi, a déclaré dimanche Jean-Yves Mano (PS), adjoint au Logement à la mairie de Paris, à la sortie d'une réunion organisée avec des rescapés.
"Des appartements de type F5 sont en cours de livraison et dès demain, les familles prioritaires pourront visiter des appartements à Paris", a-t-il déclaré, sans préciser combien de familles étaient concernées.
Avant que la réunion ne se tienne au gymnase Kellermann, M. Mano avait déclaré : "Nous espérons que quatre à six familles seront relogées demain par la mairie et le même nombre par l'Etat dès mardi".
Interrogé sur le déroulement de la semaine à venir, Omar Cissé a affirmé que la mairie de Paris organiserait des navettes pour conduire les enfants à l'école le 2 septembre pour la rentrée. "Cela veut dire que nous sommes prêts à rester toute la semaine et que la mairie l'a bien compris". Selon le gardien, une famille a déjà été relogée samedi dans un appartement de cinq pièces dans le IIIe arrondissement de Paris. Selon lui, un contrat de location a été établi et Emmaüs leur a fourni des vêtements.
Dimanche, la lumière n'était toujours pas faite sur les circonstances de l'incendie. Toutes les pistes, criminelles ou accidentelles, sont envisagées. Pour l'heure, deux certitudes : aucune trace d'hydrocarbure n'a été trouvée sur les lieux du sinistre et le feu n'est pas dû à un court-circuit. Il est parti d'un espace, sous l'escalier au rez-de-chaussée, dépourvu de tout câblage électrique. Une fenêtre ouverte au sommet de l'immeuble aurait permis un appel d'air. La cage d'escalier, en bois, s'est enflammée comme une torche.
"Nous ne vous demandons qu'un toit"
Si ce n'est pas l'électricité, qu'est-ce ? Un mégot jeté par inattention sur l'une des poussettes rangées dans cet espace ? Un acte délibéré ? "Nous ne privilégions en l'état aucune hypothèse même si aucune cause n'apparaît logique dans le départ de l'incendie à cet endroit-là", a dit vendredi le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Selon les habitants du quartier, le rez-de-chaussée et le sous-sol de l'immeuble étaient régulièrement visités par des délinquants.
14 enfants sont décédés dans l'incendie. Six personnes, sur une trentaine de blessés, restaient hospitalisées samedi. Parmi elles, un enfant et un adulte dans un état "sérieux". Dans ce bâtiment vétuste du début du XXe siècle, vivaient environ 130 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Côte d'Ivoire et de Gambie, dont une centaine d'enfants. Samedi après-midi, dans un silence total, des rescapés ont manifesté avec des proches et des soutiens, depuis l'immeuble incendié jusqu'à la place d'Italie. Sur des cartons brandis, on pouvait notamment lire: "République, nous ne vous demandons qu'un toit, oui qu'un toit". Plusieurs organisations (Mrap, CNL, DAL, CGT, Droit devant !!, CAL) ont appelé à un rassemblement dimanche à 17H00 sur les lieux du sinistre.
(Des rescapés devant le gymnase Kellermann/AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)
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