Les nationalistes corses, unis malgré tout

le 07 août 2005 à 18h38 , mis à jour le 07 août 2005 à 18h45

Les nationalistes corses ont réaffirmé dimanche une union mise à mal par le regain de violence et le manque de résultats de la stratégie de regroupement enclenchée il y a près de deux ans. Une volonté affichée aux 24e Journées internationales de Corte, dont le thème était précisément "l'union".

Corse symbole tete noire (DR) © INTERNE

Dimanche, lors du rassemblement des 24e Journées internationales de Corte, qui avait pour thème cette année "l'union" et qui a réuni quelques centaines de militants, les autonomistes ont réaffirmé leur engagement dans la coalition Unione nazionale aux côtés du premier parti indépendantiste, Corsica nazione indipendente, malgré la revendication de plusieurs attentats par le FLNC-Union de combattants. Le Parti de la nation corse (PNC) et A Chjama nazionale n'avaient accepté de s'allier à Corsica nazione dans la perspective des élections territoriales de mars 2004 qu'à la condition d'une trêve du FLNC-UC, obtenue en novembre 2003.

"L'union ne peut être conduite à n'importe quel prix", a déclaré Jean-Christophe Angelini, secrétaire général du PNC, tout en estimant qu'après "les difficultés qu'a connu la trêve, on a eu des discussions et on a retrouvé un point d'équilibre". "Ce n'est pas une union a minima", a-t-il assuré, soulignant que "la lutte armée, qui constitue le clivage le plus important, se résorbera avec le temps, comme le montre l'exemple irlandais, pour peu que les clandestins, et surtout l'Etat, créent les conditions du dialogue". Edmond Simeoni, leader du troisième pilier de la coalition, A Chjama nazionale, et considéré comme l'un des pères du nationalisme, était absent à Corte. Son mouvement a cependant indiqué qu'il restait impliqué dans l'union

"Nous avons besoin d'un débat interne sans précédent"

Du côté des militants indépendantistes, on plébiscite l'union, sans pour autant s'engager pour l'arrêt des violences, constituant pourtant la principale pierre d'achoppement entre indépendantistes, qui n'ont jamais condamné les attentats, et autonomistes opposés à la lutte armée. Les deux partis autonomistes ont indiqué qu'ils consulteraient leur base à l'automne pour décider de leur maintien dans l'Unione nazionale. "Nous avons besoin d'un débat interne sans précédent," a estimé Jean-Christophe Angelini, tout en soulignant que "l'union est très importante et il faut la conserver malgré nos divergences".

Indépendantistes et autonomistes ont déploré le blocage des institutions corses dans lesquelles ils sont minoritaires, et qui sont devenues "ingouvernables" selon le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui dirige la coalition Unione nazionale. "Ange Santini (président du conseil exécutif, ndlr) et Camille de Rocca Serra (président UMP de l'Assemblée de Corse, ndlr) ont donné, par leur incompétence, les clefs de l'Assemblée de Corse au préfet-gouverneur de Corse", a clamé François Sargentini, membre de Corsica nazione indipendente.

le 07 août 2005 à 18:38
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