Ici, Colette Besson, médaille d'or du 400m en 1968. (AFP) © INTERNECelle que l'on surnommait la "petite fiancée de la France" est décédée mardi des suites d'un cancer à l'âge de 59 ans. Colette Besson avait accédé à la gloire nationale grâce à une inoubliable victoire dans le 400 mètres des jeux Olympiques de Mexico en 1968. Cette championne discrète et simple, que le journaliste Antoine Blondin surnomma un jour "la cavale brune" était née le 7 avril 1946 à Saint-Georges-de-Didonne, en Charente-Maritime. Après avoir débuté l'athlétisme à 14 ans à Royan, elle devient professeur de sport, et se rend en 1967 à Bordeaux pour préparer les JO de Mexico.
Le 16 octobre 1968, la finale du 400 mètres se dispute au stade Aztèque de Mexico. A l'entrée de la dernière ligne droite, la Française est encore en cinquième position. Et puis, peu à peu, elle remonte une à une les favorites installées devant elle, pour remporter à la surprise générale le titre olympique, en 52 sec 3/10, soit 1 sec 8/10 de mieux que son record personnel. Sur le podium, aux premières notes de la Marseillaise, elle fond en larmes.
Colette Besson a "bien servi la cause du sport"
L'année suivante, en finale des Championnats d'Europe à Athènes, elle termine ex-aequo avec sa grande rivale Nicole Duclos. A cette époque de chronométrage manuel, les deux jeunes femmes sont créditées du même temps, 51 sec 07, nouveau record du monde. Mais Nicole Duclos est déclaré vainqueur par le jury. Colette Besson envisage ensuite de monter sur 800 m et espère s'aligner sur les deux distances aux Jeux de Munich. Pari perdu, avec une élimination en séries. Elle met un terme à sa carrière en 1977 et suit son mari à l'étranger et dans les DOM-TOM.
Mère de deux filles, Colette Besson restera jusqu'au bout proche du monde de l'athlétisme, tour à tour présidente du Conseil d'administration du Laboratoire nationale de dépistage du dopage ou engagée dans le comité de parrainage des Mondiaux-2003 au Stade de France.
Jacques Chirac a fait part de son "estime" et de son "admiration" pour la championne olympique, soulignant qu'elle avait "contribué au rayonnement" de la France et "bien servi la cause du sport", en s'engageant "dans la lutte contre le dopage". Pour Leslie Djhone, champion du monde du relais 4x400 m en 2003, "c'est un grand nom de l'athlétisme qui s'éteint. Elle restera dans l'histoire de l'athlétisme français." Pour Lamine Diack, président de la Fédération internationale d'athlétisme, "c'est une perte infinie (...) Sa contribution à l'athlétisme a été immense. C'était une athlète charismatique et déterminée, à une période où l'athlétisme féminin était en plein développement."
Photo : Colette Besson (archives)
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