© AFPLes grandes échéances décisionnelles se rapprochent pour le Parti socialiste : université d'été de La Rochelle dans une semaine, congrès socialiste du Mans dans trois mois. Et en ce mois d'août, les différents ténors du parti commencent à fourbir leurs armes, ravivant antagonismes et divergences, cristallisées par le référendum européen. Les tractations, plus ou moins secrètes, se multiplient pour tenter des alliances capables d'emporter la majorité au congrès du Mans (18-20 novembre). Autour du premier secrétaire François Hollande, on se veut avant tout "rassembleur". Pour l'un de ses plus proches collaborateurs, François Rebsamen, "la droite nous oblige à nous rassembler". Il souhaite "qu'une majorité la plus large possible se forme au Mans, sur une ligne claire dépassant le clivage du oui et du non (ndlr: au référendum), y compris avec Laurent Fabius".
En revanche, dans le camp de l'ancien Premier ministre, son plus fidèle lieutenant, Claude Bartolone, n'a pas mâché ses mots en dénonçant "le triple échec" de la "direction actuelle" du PS et en réclamant "une autre majorité" et "un autre cap" après Le Mans. "Las des querelles internes", Vincent Peillon (NPS) souhaite "accoucher d'un nouveau parti socialiste". Conscient que le courant qu'il anime avec Arnaud Montebourg pèsera pour former une majorité, il n'épargne pas l'actuelle organisation du parti et renvoie dos-à-dos François Hollande et Laurent Fabius. Il dénonce "beaucoup d'opportunité et d'hypocrisie dans les deux camps" et souligne que les deux dirigeants "étaient associés jusqu'à il y a deux mois, se sont battus contre nous depuis deux ans pour empêcher le parti de bouger, et maintenant, pour des querelles d'ambition, s'opposent".
"garder son sang froid"
Autre minoritaire, Henri Emmanuelli veut croire que l'heure est à "la mise en ordre de bataille plutôt qu'au règlement des problèmes internes" au PS, "au moment où l'adversaire charge à la hussarde". "Face à un tel défi politique, toute préoccupation partisane devient dérisoire, incongrue". Proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Christophe Cambadélis, dénonce un "débat qui sombre dans un excès de tacticisme", revendiquant "un débat de fond, pas un débat de cons". Comme Vincent Peillon, il plaide pour la construction d'une "nouvelle offre politique qui ne soit pas des postures mais des réponses nouvelles, refondées face aux problèmes de la France et de l'Europe".
"Le pire serait de rester dans la confusion", assène Michel Rocard pour qui "au terme du congrès, il y aura une minorité qui devra se soumettre ou se démettre". Et dans l'hypoyhèse où Fabius et ses amis devraient l'emporter au Mans, il n'écarte pas l'idée d'une scission. "Il faut garder son sang froid (...) nous avons intérêt à nous rassembler", plaide Jean-Marc Ayrault. Candidat déclaré pour la présidentielle de 2007, Jack Lang se confie quotidiennement dans son blog : "la droite, la gauche, ce n'est pas pareil", y écrit-il, "il serait temps que la gauche ouvre sa gueule et ne répugne plus à user de ces mots que l'on a transformés en 'gros mots'". Et, pour animer les débats, pas moins de 1200 pages de contributions générales et thématiques ont été publiées en vue du congrès.
Union contre le gouvernement
A noter toutefois que tous s'accordent, en revanche, pour critiquer l'action gouvernementale en dénonçant à la fois les contrats nouvelle embauche, mesure phare du plan-emploi du Premier ministre Dominique de Villepin, la privatisation des autoroutes, l'arrêt de certaines liaisons ferroviaires, et, actualité oblige, la hausse du prix des carburants.
Photo montage : François Hollande, Laurent Fabius (DR)
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