© DRIls font partie de ces centaines d'enfants à avoir été "arrachées" de leur île natale, la Réunion, afin de repeupler les campagnes de la métropole. Dix anciens "enfants réunionnais de la Creuse" ont assigné l'Etat devant le tribunal administratif. Ce geste est une nouvelle étape de leurs démarches pour obtenir réparation de la "déportation" dont ils disent avoir été victimes.
L'assignation collective a été déposée début août au titre de la "violation des lois sur la famille et la protection de l'enfance, violation des conventions internationales et non-respect des droits de l'enfant", a précisé Me Collard, l'avocat d'un des représentants joint par téléphone. Cette procédure s'inscrit dans la continuation "logique" d'une action en civil engagée en mai 2004 contre le Trésor, "l'organe comptable des faits de l'Etat", a rappelé Me Collard.
Double objectif
Devant le tribunal administratif de Limoges, l'Association des Réunionnais de la Creuse espère obtenir un euro symbolique de dommages et intérêts, tandis que chaque plaignant entend réclamer 200.000 euros de dommages et intérêts, ont précisé Me Collard et M. A-Pois. L'association espère à terme faire adhérer à la démarche une quarantaine d'autres cas.
De 1963 à 1981, selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de 2002, environ 1.600 enfants et adolescents réunionnais - abandonnés, confiés par leurs parents à la Ddass de la Réunion, pupilles de l'Etat ou encore délinquants - ont été envoyés en France, plus particulièrement dans des départements touchés par l'exode rural. Entre 200 et 300 d'entre eux se sont retrouvés au foyer de la Ddass à Guéret ou dans des familles d'agriculteurs creusois.
L'association, selon son président Simon A-Pois, vise un double objectif : "La reconnaissance officielle de l'Etat sur cette déportation qu'il a mise en place et l'obtention de réparation pour tous ceux qui ont souffert, sont morts ou se sont suicidés".
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