Les "Réunionnais de la Creuse" en quête de réparation

le 19 août 2005 à 21h06 , mis à jour le 19 août 2005 à 21h51

Dix anciens "enfants réunionnais de la Creuse" ont assigné l'Etat devant le tribunal administratif, nouvelle étape de leurs démarches pour obtenir réparation de la "déportation" dont ils disent avoir été victimes dans les années 60.

reunionnais creuse © DR

Ils font partie de ces centaines d'enfants à avoir été "arrachées" de leur île natale, la Réunion, afin de repeupler les campagnes de la métropole. Dix anciens "enfants réunionnais de la Creuse" ont assigné l'Etat devant le tribunal administratif. Ce geste est une nouvelle étape de leurs démarches pour obtenir réparation de la "déportation" dont ils disent avoir été victimes.

L'assignation collective a été déposée début août au titre de la "violation des lois sur la famille et la protection de l'enfance, violation des conventions internationales et non-respect des droits de l'enfant", a précisé Me Collard, l'avocat d'un des représentants joint par téléphone. Cette procédure s'inscrit dans la continuation "logique" d'une action en civil engagée en mai 2004 contre le Trésor, "l'organe comptable des faits de l'Etat", a rappelé Me Collard.

Double objectif

Devant le tribunal administratif de Limoges, l'Association des Réunionnais de la Creuse espère obtenir un euro symbolique de dommages et intérêts, tandis que chaque plaignant entend réclamer 200.000 euros de dommages et intérêts, ont précisé Me Collard et M. A-Pois. L'association espère à terme faire adhérer à la démarche une quarantaine d'autres cas.

De 1963 à 1981, selon un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) de 2002, environ 1.600 enfants et adolescents réunionnais - abandonnés, confiés par leurs parents à la Ddass de la Réunion, pupilles de l'Etat ou encore délinquants - ont été envoyés en France, plus particulièrement dans des départements touchés par l'exode rural. Entre 200 et 300 d'entre eux se sont retrouvés au foyer de la Ddass à Guéret ou dans des familles d'agriculteurs creusois.

L'association, selon son président Simon A-Pois, vise un double objectif : "La reconnaissance officielle de l'Etat sur cette déportation qu'il a mise en place et l'obtention de réparation pour tous ceux qui ont souffert, sont morts ou se sont suicidés".

le 19 août 2005 à 21:06
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16 Commentaires

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  • Philippe DUNAS, le 21/08/2005 à 21h10

    Je viens de lire avec un certain intérêt les avis affichés, une brève synthèse fait apparaitre les compatissants et les non compatissants. Si j'interviens, c'est que d'une part, je suis issu de la DASS matricule 3474 et que deuxièmement je me suis élevé dans cette région reculée du centre de la France. Ce que je retiens, c'est que les services de la DASS et notamment ses petites mains, en l'occurrence les assistantes sociales disposaient de peu de moyens pour agir efficacement et surtout à cette époque, et que bien évidemment comme ascenceur social, il faut bien reconnaitre que la planche était bien savonnée. La région est essentiellement rurale et loin de tous centres culturels. Les inégalités de chances scolaires sont plus qu'évidentes. Alors l'ineptie la dedans, ou l'hypocrisie c'est de placer des enfants défavorisés dans des endroits défavorisés et là évidemment les chances de réussite sociales en sont d'autant diminuées. Oui le parcours est plus difficile qu'en on part de rien et l'on trouve cela souvent très injuste. La démarche entreprise bien que respectable permettra peut être d'ouvrir les yeux sur ces enfants démunis auxquels il faudrait apporter une attention particulière, mais en a t-on les moyens?

  • Cécile, le 21/08/2005 à 14h36

    Cher Monsieur,si ces enfants étaient restés à la Réunion ils ne seraient sans doute pas tous devenus patrons mais ils auraient au mois été dans un environnement où ils n'auraient pas été les petits négrillons de service(et je suis mesurée dans mes termes). De plus ,le libellé de l'aticle parle de délinquants.Ici,nous avons pu lire depuis longtemps les témoignages de ces personnes et de leurs parents.A 8 ans pour certains,je vous assure qu'ils n'avaient braqué personne.D'autre part,la DDASS a agi avec certaines familles comme les recruteurs faisant miroiter un avenir brillant:"Mettez une petite croix en bas de la feuille et nous nous occuperons de leur éducation,subviendrons à des besoins que vous ne pouvez assurer.Non,non vous ne les abandonnez pas".Sachez que des mères ont cherché à revoir leurs enfants.J'aimerais bien savoir si les familles métropolitaines auraient accepté sans bronché si cela avait été leurs enfants embarqués outre-mer pour servir de main d'oeuvre à la coupe de la canne ou dans les usines sucrières,si aujourd'hui ils estimeraient devoir dire merci.Oops,je suis bête,on n'aurait jamais osé faire çà aux petits blancs,même pauvres.

  • Bernard, le 21/08/2005 à 12h11

    Lydie si les enfants seraient restés la bas qu'auraient-ils fait?Croyez vous qu'ils auraient tous fait de la bronzette ou qu'ils seraient tous devenus patrons ingenieurs ou autre?je pense qu'ils ont eu du points de vue scolaire les memes chances que si ils seraient resté chez eux,idem pour le placement ils auraient participer a la vie a la fermes comme dans la creuse ou ailleur,etant jeunes nous devions tous aidés,ramasser ou couper du bois,faire le jardin etc et nous etions ouvriers pas paysans,ne comparer pas les epoques il est vrai que maintenant un jeune qui tond la pelouse ,aussitot on crie a l'exploitation.La France a fait ce qu'elle devait faire,regarder les statistique des année la; tres peu de fils d'ouvriers ou d'agriculteurs continuaient les etudes.Les mots de deportation et esclavage n'ont rien a faire dans ce debat rien que pour le respect des gens qui sont morts de ces actes de barbarie.Le seul reproche que l'on peut faire a l'etat,c'est qu'il aurait pu proposer le retour a la Reunion avec des aides pour les volontaires.

  • Muriel, le 21/08/2005 à 03h28

    Je me marre doucement chaque fois que j'entends parler de la generosite de la DASS. En 1996, j'ai ,bonne francaise de souche,ete rapatriee avec mes enfants et parquee dans un foyer du CEFR sous les bons egides de la DASS. Nous y etions loges dans de telles conditions d'insalubrite, qu'il a fallu pres d'un an de travaux pour mettre le camp de Saint-Biez-en-Belin aux standards-pourtants peu exigeants- des camps de refugies de l'ONU afin d'y acceuillir les Kosovars deplaces. Si la DASS traite ainsi les francais, je ne me fait guere d'illusion sur sa generosite envers ces enfants reunionais.

  • Nicolas, le 20/08/2005 à 21h01

    Dans ces cas-la la france est bien contente de faire venir des étrangers pour peupler,voir plus...,la réparation est la moindre des choses pour la déportation des réunionnais qui n'ont rien demandé car la france l'es ont arraché à leur famille et la france parle d'immigration maintenant ça me fais bien rire les politiciens sont la honte de la france

  • Carl, le 20/08/2005 à 19h46

    Bravo Lydie, Merci beaucoup pour cette réponse pleine de vériter...

  • Lefrancois, le 20/08/2005 à 19h36

    Quel rapport entre la déportation forcée d'enfants par l'Etat français et l'intégration des rapatriés de la guerre d'algérie? N'y avait-il pas de services de la DDASS dans le département de la Réunion, de quoi les éduquer les nourrir, les blanchir et surtout pour certains leur faire réussir des études, ne s'agit-il pas là d'une défaillance de l'Etat ou plutôt du détournement de ses obligations au profit d'intérêts particuliers? Pourquoi les arracher à leur culture? A une époque pas si éloignée, il n'y avait qu'un avion par semaine reliant l'île à la métropole et seule, vu le prix, la bourgeoisie locale l'empruntait. Et si c'est faire du révisionisme que de considérer qu'il vaut mieux éviter la souffrance des enfants plutôt que de les sacrifier sur l'autel de l'intérêt général alors je suis révisioniste et pire je méprise les gens qui peuvent avoir vécu sur de telles valeurs.

  • Richard, le 20/08/2005 à 19h19

    Bravo Lydie pour votre reponse. Florent j'espere que ca vous aura fait reflechir.

  • Etienne, le 20/08/2005 à 17h54

    Pourquoi cette affaire ressort-elle 43 ans après ? Le terme de "déportation" fait nécessairement référence à la période de la guerre, ce qui me semble parfaitement excessif.

  • Laurence, le 20/08/2005 à 15h31

    Ca va faire plaisir aux réunionnais qui ont été exploités dans les fermes creusoises d'apprendre qu'ils ont été aidés par l'état français.Malgré les belles promesses d'apprentissage qu'on leur avaient faites avant leur "éxil"vers la France,ils se sont retrouvés pour la plupart, à part quelques exceptions dans des fermes où on les a exploités autant qu'on a pu .Ils ont été de la main d'oeuvre c'est tout, sans plus de considération.Une fois sur le sol français l'état ne s'est plus préoccupé d'eux comme il l'a fait avec les harkis après la guerre d'Algérie.Pour repartir sur leur île il aurait fallu qu'ils aient de l'argent or quand ils étaient payés ce n'était qu'une misère sûrement pas assez pour se payer un billet d'avion.C'est triste de voir que des gens ,au 21éme siécle ne veulent toujours pas ouvrir les yeux sur certains sujets,et ne veulent pas admettre que de telles choses aient pu se passer sur le territoire français .

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