
Un violent incendie a fait lundi soir sept morts, trois blessés graves et onze blessés plus légers dans le 3ème arrondissement de Paris. Sur les sept morts, un enfant est décédé des suites de ses blessures à l'hôpital, les six autres corps ont été retrouvés dans l'immeuble. Au total, on compte quatre enfants parmi les victimes.
"Conditions de vie inadmissibles"
Le sinistre s'est déclaré au premier étage d'un immeuble qui en compte cinq, au 8 rue du Roi doré. Une centaine de pompiers et 30 véhicules ont été mobilisés. Les soldats du feu ont été appelés lundi peu avant 22 heures. L'immeuble vétuste était occupé par une douzaine de familles africaines en majorité ivoiriennes. Le bâtiment était connu par la mairie de Paris. C'était un squat racheté par la ville il y a six mois pour une rénovation. "On signalait depuis plusieurs années que les conditions de vie y étaient inadmissibles", a expliqué le maire du 3e arrondissement, Pierre Aidenbaum. Il a précisé que les 12 familles, soit une quarantaine de personnes, devaient être relogées en septembre pour permettre d'effectuer des travaux.
Bertrand Delanoë a rendu visite dans la nuit à des personnes évacuées de l'immeuble, et prises en charge par la protection civile dans un hôtel proche, l'hôtel du Marais. "Il y a un problème gravissime d'immeubles insalubres à Paris", a-t-il commenté, rappelant que ses services en avaient recensé un millier au début de son mandat. René Dutrey, président de la société d'économie mixte SIEMP propriétaire de l'immeuble, a estimé que ce dernier faisait partie des "423 pires immeubles insalubres" de Paris. "La question n'est pas l'argent, mais l'offre de logements. Tant qu'on ne créera pas d'offre de logements, on sera obligé de ramasser des gens qui brûlent dans des immeubles", a-t-il ajouté.
"On avait très peur"
Yves Contassot, adjoint (Verts) de M. Delanoë, a expliqué que certains locataires de l'immeuble, sans-papiers, n'avaient obtenu aucun relogement pour permettre d'effectuer des travaux. "Il faut sortir de ça, arrêter de traiter les gens comme au XVIIIe siècle", s'est-il indigné.
Bambaya Coumba, un Ivoirien qui habitait l'immeuble incendié, rentrait chez lui lorsqu'il a aperçu les flammes. Il dit avoir vu des gens sauter par les fenêtres. "Nous parlions beaucoup de l'incendie du XIIIe arrondissement, on avait très peur car notre immeuble est en mauvais état", a-t-il confié à l'AFP. "On en parlait encore aujourd'hui" (lundi). Une voisine parle d'une "pile de pétitions" adressée à la mairie par des habitants "inquiets de voir autant d'enfants dans un immeuble aussi délabré". "J'en suis malade", dit-elle.
Dans la nuit du 25 au 26 août, un incendie a fait 17 morts dont 14 enfants dans un immeuble du 13ème arrondissement de la capitale, où vivaient en majorité des familles nombreuses originaires d'Afrique.
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