Tragique incendie à Paris

Par Alexandra GUILLET (avec afp), le 26 août 2005 à 08h14 , mis à jour le 27 août 2005 à 12h53

L'incendie s'est déclaré en pleine nuit dans un immeuble du 13e ardt de Paris, occupé par des familles africaines. Parmi les 17 victimes figurent 14 enfants. D'après les premiers témoignages, il s'agissait d'un immeuble vétuste et surpeuplé.

incendie_13e_paris

Les flammes ont surpris les habitants d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris, à l'angle du boulevard Vincent-Auriol et de la rue Edmond-Flamand,  au beau milieu de la nuit. Particulièrement violent, le feu, parti dans la cage d'escalier au niveau du rez-de-chaussée, a ravagé trois étages et privé de toutes issues de secours plusieurs familles. Un vasistas ouvert sous le toit en haut des marches a probablement fait appel d'air. "On voyait beaucoup d'enfants qui appelaient aux fenêtres", témoigne un voisin. L'alerte a été donnée à minuit et quart et le plan rouge déclenché à 1h06 par l'état-major de la brigade des sapeurs-pompiers (BSPP). 210 pompiers de 23 casernes ont été mobilisés avec une cinquantaine d'engins.

Le feu a été éteint à 2h54 mais le bilan est très lourd : 17 morts, dont 14 enfants, et 30 blessés, dont deux graves. Une femme enceinte figure parmi les victimes adultes de ce drame, selon des sources policières et l'Institut médico-légal (IML) de Paris où les corps ont été transportés. Une femme africaine a perdu quatre de ses six enfants. Un bébé figure parmi les morts. L'identification des corps, certains calcinés, sera "longue et difficile", selon les mêmes sources. L'origine exacte de ce sinistre n'a pas encore pu être déterminée. La brigade criminelle a été saisie de l'enquête.

Mise en place d'un numéro vert 

08.11.00.06.75

Pour les appels de l'étranger, sept lignes téléphoniques ont également été mises en place au 01.53.71.33.80 déclinable jusqu'au 01.53.71.33.86.

Surpeuplé et vétuste ?

Cent trente personnes, dont une centaine d'enfants, originaires du Mali, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou de Gambie, logeaient dans cet immeuble de sept étages des années 20, situé à l'angle du boulevard Vincent-Auriol et de la rue Edmond-Flamand (XIIIe). Ces familles avaient été envoyées dans cet immeuble, dont le dernier étage était muré, par des organisations caritatives. Selon des témoignages recueillis sur place, l’immeuble était particulièrement vétuste. "Il y avait des rats et des souris", a assuré un habitant tandis qu'une voisine a assuré que "les escaliers de bois de l'immeuble bougeaient".

Au cours d'un point de presse, un officier des sapeurs-pompiers a par ailleurs souligné que l'immeuble connaissait "une très forte densité d'habitation avec une majorité de population malienne. La cage d'escalier a été tout de suite détruite par le feu, c'est pourquoi les gens se sont mis aux fenêtres". Selon lui, la plupart des victimes sont mortes d'asphyxie.

"Le choix pour ces familles, c'était ça où la rue"

Jacques Oudot, président de France Euro Habitat (FREHA), société privée qui gérait l'immeuble, explique que des travaux étaient prévus mais "personne n'a voulu reloger" les habitants. "Tout était prêt pour les travaux mais les pouvoirs publics nous ont répondu qu'il y avait une pénurie de logements", a-t-il expliqué. "Le choix pour ces familles c'était ça où la rue", a-t-il ajouté. Pour lui, "ces familles étaient locataires de plein droit, elles avaient le droit d'avoir  un logement décent".

Martin Hirsch, président d'Emmaüs, a défendu pour sa part le relogement dans cet immeuble de familles qui vivaient dans des squats. "C'est un immeuble d'habitation tout à fait classique qui a été utilisé", a-t-il assuré sur RTL, affirmant que les appartements n'étaient "pas surpeuplés". Avis divergent du député-maire PS du XIIIe Serge Blisko, qui a estimé que l'immeuble "propriété de l'Etat et géré par Emmaüs était ancien mais pas insalubre", évoquant plutôt "une sur occupation".

L'un des incendies les plus meurtriers à Paris

Cet incendie est l'un des plus meurtriers à Paris. 24 personnes, également immigrées, avaient trouvé la mort le 15 avril 2005 dans l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra près des Galeries Lafayette. Le 6 février 1973, 20 morts personnes, dont 16 enfants, avaient été tués dans l'incendie du collège Pailleron.

Photo : l'immeuble incendié - DR

Par Alexandra GUILLET (avec afp) le 26 août 2005 à 08:14
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

53 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Martine, le 26/08/2005 à 15h29

    Grrrrr on attend toujours une catastrophe pour prendre des dispositions et pendant ce temps la ce sont des familles entieres qui pleurent leurs morts ! ça me dégoute ! une parisienne en COLERE

  • Maddy, le 26/08/2005 à 15h15

    Monsieur Delanoe, faire en sorte que les enfants qui ne peuvent partir en vacances s'amusent à Paris plage c'est bien... Leur permettre de vivre dans des conditions décentes et les garder en vie c'est mieux.... Il y a des priorités dans la vie messieurs les politiques.

  • Bloody, le 26/08/2005 à 15h03

    Et encore un Sarko sur la scène public, établire une liste sur des bâtiments vétustes ou l?état en a rien à foutre, non mais, 14 ans d?attente pour avoir un logement, encore des belles promesses, car à quoi va servir cette fameuse liste de Mr Sarko ? à rien comme d?habitude. Franchement nous sommes dans une France qui fonctionne à l?envers et qui ferme les yeux sur des sujets les plus importants ! Et voir en plus certaine personne du gouvernement dire : Cette catastrophe épouvantable endeuille la France toute entière, a déclaré de son côté le Chef de l'Etat. Je m'incline avec émotion devant les disparus. Aux familles des victimes, à leurs proches, j'exprime ma solidarité dans l'épreuve, ma profonde compassion personnelle et celle de la Nation", a ajouté jacques Chirac dans un communiqué. Scandaleux !

  • Dowsher, le 26/08/2005 à 14h26

    A nicolas tu es vraiment "un gros facho" , meme pas un peu de compassion pour ces familles dans la tristesses , je te rappelle que bcp d'enfants sont morts et toi tu nous parles de tes impots , j'en paye aussi !!! je ne te souhaite pas de bruler vif,mais imagine un peu. et si ils se retrouvent dans ce genre d'endroit c'est parcequ'on les y a mis,avec la crise du logement ,il n'y a pas trop le choix pour ces familles,car pour bcp d'entres elles , ont les moyens de payer un loyer mais on leur refuse les logements,cette misere comme tu l'appelles, travaillent et paye des impots comme nous,debile!!!! .

  • PAT, MIT, USA, le 26/08/2005 à 14h25

    Les rescapés ont tous été relogés d'urgence, alors qu'il parrait qu'il n'y avait aucun logements de disponibles au moment ou il fallait reloger les occuppants lors des travaux de renovation...P..ont de fous de notre gueule, de votre gueule, les parisiens qui ont votés pour cet incapable et dangereux delanoé sont des vraiment des nuls...pauvre ville de paris, pauvre france, pauvres français.. Pat, mit, usa

  • Perez, le 26/08/2005 à 14h19

    La première question c'est quand même : qu'est-ce qui a provoqué ce drame ? Pourquoi le feu semble avoir pris dans l'escalier ? S'agit-il d'un incendie domestique comme il y en a tant malheureusement, aggravé par le surpeuplement (matelas partout, mobilier super combustible, plein de petits mômes), d'un coup de folie comme à Paris-Opéra (jeter du linge sur des bougies et se tirer ...) ou d'un acte de malveillance contre les occupants ? Haine raciale, appétit de promoteur, vengeance privée etc. N. Perez

  • Dominique, le 26/08/2005 à 14h15

    Certes il y a des problèmes et les politiques s'en inquiétent mais toujours trop tard..... En revanche, je ne pense pas qu'ils passent eux à côté des appartements qu'on leur concéde pour des loyers dérisoires alors que leur pouvoir d'achat est nettement supérieur à la moyenne nationnale. S'ils payaient leurs loyers au juste prix, peut-être resterait-il assez d'argent pour réhabilité les logements sociaux....

  • Christophe, le 26/08/2005 à 14h05

    Cet événement est vraiment dramatique. Mais tous les habitants de cet immeuble avaient-ils des papiers ? Dans le cas contraire, comment éviter un surpeuplement de gens qui n'existent pas officiellement en France ?

  • Manu, le 26/08/2005 à 13h21

    Que c'est pitoyable tout ca, mr sarkosy et toute la trique s'emeuent et vont chercher des coupables !!! Mais le pire c'est que se sont eux les responsables et non pas l'association ou les institutions proprietaires de l'immeuble. On laisse vivre les gens dans ces conditions, on propose rien d'autre ou la rue sous les ponts et quand il y a un probleme c'est la faute au propriétaire ou a l'asso qui a logé ces pauvres gens. Arrêtons cette hypocrysie !!!!

  • Stephane, le 26/08/2005 à 13h15

    Réponse a ST LUC..tes retraités vivant dans six pieces on peut etre au quatre enfants qu'il a fallut loges alors si ls on ajouter ce bien ils est le leur et réquisitionné leur bien reviens à la chère époue du communisme et du facisme marxiste...la propriéte existe dans notre constitution alors donne ton appart aprés tu poiurra cause....chacun sa m....a bon entendeur....compassion au famille qui ne mérite pas ce malheur.

Lire tous les commentaires

      logAudience