
Tf1.fr vous propose les principaux extraits de l'intervention de Dominique de Villepin qui répondait mardi matin aux questions de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.
"La bataille de la modernisation"
"J'entends que les 21 mois qui viennent soient des mois utiles". "Ceux qui disent ‘attendons les élections présidentielles prochaines’ se trompent". "Je ne crois pas qu'il y a de bonnes périodes pour avancer, de bonnes périodes pour s'adapter, se moderniser, et de mauvaises", a insisté le Premier ministre. "C'est maintenant qu'il faut faire ces transformations, c'est maintenant que nous pouvons le faire. Nous sommes pleinement engagés dans cette bataille de la modernisation", a-t-il dit.
Le contrat nouvelle embauche s'applique "à partir du 4 août"
Dominique de Villepin a expliqué que le "contrat nouvelle embauche" (CNE) s'appliquera "à partir du 4 août". "C'est un contrat opérationnel, qui peut permettre à toutes les très petites entreprises qui pourront ainsi saisir les occasions", a-t-il ajouté. "Il s'agit d'un contrat à durée indéterminée avec une période de consolidation de l'emploi de deux ans, mais ce n'est pas une période d'essai au sens classique car il y a un préavis qui peut aller jusqu'à quatre semaines, une indemnité prévue et un reclassement en cas de difficulté", a estimé le Premier ministre. "L'intérêt de cette période de deux ans (pour les chefs d'entreprise) est que, quand ils recrutent, c'est bien sûr avec l'idée de conserver le salarié, mais ils hésitent en raison des aléas économiques. On veut les encourager, et à mesure qu'ils vont pouvoir élargir leur clientèle, accroître la taille de leur marché, ils pourront consolider les droits de ces salariés", a-t-il ajouté.
Aucun engagement "chiffré" sur le chômage
"Nous nous donnons toutes les chances, nous prenons tous les moyens pour arriver (à faire baisser le chômage). Je ne prends pas d'engagement chiffré parce qu'on ne fait pas de la politique (en faisant de telles promesses)", a déclaré le Premier ministre. Son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin s'était engagé à l'automne 2004 sur une baisse de 10% du chômage en 2005, ce qui impliquait un passage sous la barre des 9% du nombre de demandeurs d'emploi. Il avait dû renoncer à cet objectif au printemps en évoquant dès lors "une baisse significative" du chômage.
Croissance « proche des 2% »
Dominique de Villepin a indiqué que "la croissance se situerait entre 1,5 et 2%" en 2005 et "souhaité qu'elle soit plus proche de 2%". Les experts du Fonds monétaire international (FMI) viennent de revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour la France à environ 1,75% en 2005 contre 2% annoncé en avril, dans leurs conclusions sur une récente mission en France publiées à la mi-juillet.
Présidentielle : "ni duel, ni cruauté" avec Sarkozy
Interrogé sur l'éventuelle "mise en place d'un duel aussi amical que cruel Sarkozy-Villepin", le Premier ministre a répondu : "il n'y aura ni duel, ni cruauté". Le chef du gouvernement n'a "pas observé au cours des précédentes élections qu'il s'agisse d'un véritable combat entre des hommes. Il s'agit davantage d'un face à face avec la France, avec le pays, avec les Françaises et les Français". "Tous ceux qui imaginent qu'il s'agit d'un combat contre quelqu'un d'autre se trompent de combat", a-t-il dit sans préciser qui il visait. Egalement interrogé sur le fait de savoir si le président Jacques Chirac était "hors-jeu" pour 2007, il a éludé la question en lançant : "il faut se poser les questions de la politique au bon moment. Nous ne sommes pas dans le temps des élections présidentielles. Le temps de la politique aujourd'hui, c'est le temps de l'action du gouvernement pour faire gagner la France ».
Pas de la Turquie dans l’UE sans reconnaissance de Chypre
Il n'est "pas concevable" que l'Union européenne engage des négociations d'adhésion avec la Turquie tant que celle-ci ne reconnaît pas Chypre (ndlr : qui est membre de l’UE), a déclaré mardi le Premier ministre, en évoquant un report de l'ouverture de ces négociations prévue le 3 octobre. Interrogé sur le fait que la Turquie puisse ne pas respecter toutes les conditions qui lui ont été fixées et imposer les siennes d'ici au 3 octobre, M. de Villepin a répondu : "Eh bien, il sera urgent d'attendre, attendre que la Turquie marque une vraie volonté de rentrer dans ce processus de négociation". A la question: "il pourrait ne pas y avoir de 3 octobre?", le Premier ministre a encore répondu: "Tout à fait, je crois que les choses doivent être claires".
L’Iran doit tenir ses engagements
"Il faut que l'Iran tienne les engagements qui ont été pris. Ces engagements sont des engagements de suspension de toute activité, de conversion, de retraitement et d'enrichissement de l'uranium". Dans le cas contraire, "il faudra que la communauté internationale en tire toutes les conséquences (...), dans le consensus, dans la concertation", a ajouté le Premier ministre qui a évoqué l'éventualité d'une "saisine du Conseil de sécurité, si l'Iran n'obtempère pas".
Chirac veut une "dynamique nouvelle" pour l'emploi Le chef de l'Etat a estimé mardi que "les outils sont en place pour déclencher une dynamique nouvelle sur le marché du travail", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, lors du compte-rendu à la presse du Conseil des ministres. Selon Jacques Chirac, les six projets d'ordonnances du "plan d'urgence pour l'emploi" adopté mardi lors de ce conseil produiront leurs effets "en levant les obstacles de toute nature qui freinaient les embauches dans les petites entreprises" et "en encourageant financièrement les demandeurs d'emploi à reprendre vite un emploi". Mais "le succès ne sera au rendez-vous qu'avec l'engagement de chacun".
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