© INTERNEBernard Tapie a été floué lors de la vente du groupe Adidas par le Crédit lyonnais en 1993. La cour d'appel de Paris l'a jugé vendredi en début d'après-midi. L'homme d'affaires français réclamait 990 millions d'euros, il n'en recevra "que" 135. La somme lui sera versée par le Consortium de réalisation (CDR), structure chargée d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais. Par l'Etat, en somme. La banque n'est que nommément condamnée par l'arrêt.
La justice "reconnaît que j'ai été volé", a déclaré vendredi Bernard Tapie. La somme de 135 millions "n'est pas ce qui me semble le plus important. Ce qui est important, c'est l'arrêt qui dit clairement qu'ils ont soutenu l'insoutenable et qu'ils m'ont volé", a déclaré l'ex-homme d'affaires. Ses avocats, seuls présents à l'audience, ont assuré que l'arrêt permettrait à leur client d'effacer ses dettes. Bernard Tapie conserve en effet une ardoise de 40 millions d'euros auprès du fisc et une autre de 100 millions d'euros auprès du CDR.
Adidas était passé sous le contrôle du groupe Tapie en 1990. Il avait été revendu en 1993 à une filiale du Crédit lyonnais pour l'équivalent de 318 millions d'euros. Un an plus tard, la banque revendait l'entreprise à Robert-Louis Dreyfus pour l'équivalent de 670 millions d'euros. Et, douze mois après, Adidas était valorisé en Bourse pour 1,676 milliard d'euros.
A défaut d'annulation de la vente
Bernard Tapie, représenté par les liquidateurs de son ex-groupe Bernard Tapie Finances, soutenait que l'opération était un montage financier pour le léser. Dans son arrêt, la cour a clairement souligné que la banque aurait dû informer son client du fait que Robert-Louis Dreyfus se portait acquéreur d'Adidas. "La nullité de la vente d'Adidas ne pouvant être prononcée, l'entreprise ayant été revendue par Robert-Louis Dreyfus (...), il convient de faire droit à la demande de dommages-intérêts", précise la cour.
La cour d'appel note par ailleurs que la vente des 78% d'Adidas possédés par Bernard Tapie à Robert-Louis Dreyfus aurait pu intervenir directement, sans l'entremise du Crédit Lyonnais. Du fait des erreurs de la banque, la cour estime à environ 66 millions d'euros le préjudice subi en 1995 par Bernard Tapie, ce qui, augmenté du coût de la vie et des variations à la hausse (+ 370% depuis 1995) du cours de l'action Adidas, représente aujourd'hui 135 millions d'euros. Samedi, le ministre de l'Economie a précisé que le Consortium de Réalisation décidera seul de se pourvoir ou non en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel.
(Image d'archive : Bernard Tapie)
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