
A l'image de La Croix et de son titre sur "La trop courte victoire d'Angela Merkel", tous les quotidiens dédiaient lundi leur Une à l'indécision du scrutin et voyaient souvent, comme Le Télégramme, "L'Allemagne dans le flou", ou encore, entre "Merkel et Schröder: pas de vainqueur" (Ouest-France). "L'Allemagne entre dans le brouillard", estimait Joseph Limagne dans ce dernier quotidien. Si Aujourd'hui en France/Le Parisien posait la question: "Ingouvernable?", nombre de journaux y répondaient déjà par l'affirmative.
Le Dauphiné Libéré, sous la plume de Didier Pobel, relevait qu' "avec deux dirigeants virtuels - n'en jetez plus la chope est pleine! -, le pays de Günter Grass et de Michael Schumacher paraissait hier soir tout bonnement ingouvernable". Pour Pierre Rousselin, dans Le Figaro, "le résultat est inquiétant et ouvre la voie à un gouvernement dépourvu de l'autorité nécessaire pour entreprendre des réformes radicales". Non seulement il "craint, après le scrutin, que l'Allemagne soit devenue ingouvernable", mais, selon lui, "la politique européenne, en panne depuis le non au référendum en France, risque d'être plus paralysée que jamais. Comment la diplomatie allemande va-t-elle, par exemple, trancher entre la CDU, qui est opposée à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, et le SPD, qui est pour ?".
"Deux perdants pour un fauteuil"
Cette appréhension pour l'Europe, "qui en ressort encore plus indécise", selon Libération, pointait également dans ce quotidien après le vote qui laisse, comme l'indique son titre, "Deux perdants pour un fauteuil". Dans son éditorial, Jean-Michel Helvig estimait qu' "avec un Jacques Chirac décrédibilisé depuis le référendum, une Angela Merkel dévalorisée par le score moins élevé que prévu de son parti, le couple franco-allemand devrait plus faire pitié qu'envie". Sous le titre "Schröder désavoué, Merkel dépitée", La Tribune n'hésitait pas, avec Pascal Aubert, à qualifier le scrutin de "séisme politique pour l'Allemagne" et de "casse-tête pour ses voisins et partenaires", face à la perspective d'une "coalition gouvernementale contre nature" (...), "sans doute la dernière chose dont l'Allemagne avait besoin". Pour l'autre quotidien économique, Les Echos, "l'Allemagne a, malheureusement, tout du géant entravé", assurait Françoise Crouïgneau.
Cette inquiétude revenait également dans Le Journal de la Haute-Marne. Pour Patrice Chabanet, "le moteur franco-allemand sera mis à rude épreuve" et "l'Europe, sonnée par l'échec de sa réforme institutionnelle, n'avait pas vraiment besoin de cela". Dans L'Alsace, Patrick Fluckiger renchérissait : "le résultat des élections allemandes place le pays dans une situation qui va faire le cauchemar des politiciens, de droite comme de gauche". Par contre L'Humanité ne cachait pas sa satisfaction face à l'échec d'Angela Merkel, souligné par la majorité des éditorialistes. Michel Guilloux notait ainsi dans le quotidien communiste que "la remontée électorale du SPD dans les derniers jours de la campagne n'est pas due à un revirement stratégique mais bien à un effet de 'vote utile' face à la crainte suscitée par l'ultralibéralisme revendiqué des membres de l'équipe d'Angela Merkel".
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