Une bousculade tragique devant les juges

le 26 septembre 2005 à 07h36 , mis à jour le 26 septembre 2005 à 21h43

Le procès de l'affaire d'une tragique bousculade à l'entrée d'une soirée étudiante dans laquelle cinq jeunes avaient été tués en février 2002 s'est ouvert lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Brest.

bousculade Brest salle

Le drame remonte à la nuit du 7 au 8 février 2002. Il est 1h30 du matin. Un  millier de personnes, surtout des étudiants, se pressent pour assister à la fête "latino" organisée dans une salle du parc des expositions de Penfeld, à Guilers, près de Brest (Finistère). L'attente s'éternise : les derniers arrivés poussent  et compriment les premiers rangs contre les battants vitrés de portes d'entrée s'ouvrant exclusivement vers l'extérieur, selon des témoins. Dans la bousculade, deux jeunes filles meurent asphyxiées : Maryline  Gourmelon, 19 ans, et Elena Rumyantseva, 21 ans, étudiante à l'université de Mourmansk. Trois étudiants sont hospitalisés dans un état critique : Nicolas Urhy, 25 ans, Loïg Péres, 19 ans, et Claire Pochic, 22 ans. Ils décèdent quelques jours plus tard. Selon les autopsies, les décès ont été causés par un syndrome d'asphyxie  mécanique lié à une compression thoracique intense. Au total, les services de secours ont dénombré 32 blessés.

Depuis lundi après-midi et jusqu'au 5 octobre prochain, six prévenus - cinq personnes physiques et une morale - comparaissent devant le Tribunal correctionnel de Brest pour homicides involontaires. Vingt-cinq plaignants se sont constitué partie civile. L'enquête a révélé des manquements aux règles de sécurité, notamment de la part de l'organisateur de la soirée, Borgia Bafounta-Mampouya. Il lui est  reproché d'avoir dissimulé, par souci d'économie, le nombre de personnes attendues : plus de 4.000 au lieu des 2.000 annoncées. D'où des conditions matérielles inadaptées notamment au niveau du service d'ordre et des barrières à  l'extérieur.

L'organisateur a été mis en examen pour "homicides et blessures  involontaires" avec, comme circonstance aggravante, la "violation délibérée des  règles de prudence imposées par la loi". Les autres prévenus comparaissent pour "homicides involontaires". Il s'agit  du directeur de la société privée de surveillance, du salarié responsable de la sécurité sur le site, du directeur de la société d'économie mixte chargée de la gestion du parc des expositions de Penfeld et de son adjoint. La personne morale mise en examen est la Sopab, société chargée de la gestion du parc des expositions.

Photo : salle du parc des expositions de Penfeld, à Guilers, près de Brest (Finistère).

le 26 septembre 2005 à 07:36
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