
L'abbé Antoine Videau, 60 ans, curé de Calacuccia (Haute-Corse), a été mis en examen pour "faux en écritures" et "abus de confiance" et placé sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt d'Ajaccio.
Bruno Servas, ancien comptable de l'association diocésaine qui gère les biens de l'église en Corse, ainsi que Marie-Thérèse Zavini, employée au couvent de Calacuccia, ont été mis en examen des mêmes chefs mais remis en liberté sous contrôle judiciaire après, comme l'abbé Videau, 48 heures de garde à vue. Ils avaient été interpellés mardi par la brigade financière de la police judiciaire d'Ajaccio dans le cadre d'une enquête portant sur des malversations financières présumées au sein du diocèse de Corse.
"Un curé assujetti à l'ISF"
Le préjudice financier n'est pas encore chiffré mais "il est important", a indiqué le procureur de la République d'Ajaccio. MM. Videau et Servas sont soupçonnés "d'avoir soustrait des sommes de la trésorerie de l'association en masquant ces opérations par des écritures comptables frauduleuses" et "d'en avoir encaissé sur leurs comptes personnels ou les comptes de tiers", a expliqué le procureur. Selon une source proche de l'enquête recueillie par l'AFP, l'abbé Videau serait un homme "très riche", "assujetti à l'ISF" (impôt sur la fortune).
Une enquête préliminaire avait été confiée à la brigade financière de la PJ en janvier 2005, à la suite d'une plainte du nouvel évêque d'Ajaccio, Mgr Jean-Luc Brunin. Celui-ci avait, au préalable, fait procéder à un audit financier des comptes du diocèse dès sa prise de fonctions en juillet.
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