
D'après l'Agence France-Presse qui cite une source "proche du dossier", la cellule d'islamistes présumés, démantelée lundi dans les Yvelines, notamment à Trappes, et dans l'Eure, aurait envisagé de perpétrer des attaques terroristes en France.
Les individus appartiendraient à "la mouvance du GSPC" (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), principal mouvement islamiste armé algérien qui a fait allégeance à al Qaida, et à celle du "djihadisme international", a-t-on encore précisé.
Quatre jours de garde à vue
L'équipe serait dirigée par Safé Bourrada, un homme déjà connu des services de police et condamné en 1998 à dix ans d'emprisonnement pour son soutien logistique aux attentats de 1995 à Paris. A l'époque, son témoignage avait permis aux enquêteurs français de mettre le nom d'Ali Touchent sur le pseudonyme de "Tarek" qui semblait avoir été au cœur de tous les attentats du GIA en Europe au milieu des années 1990.
Selon l'AFP, Safé Bourrada, qui "structurait" la cellule, connaîtrait Rachid Ramda, soupçonné d'être le financier des attentats de 1995. Actuellement emprisonné au Royaume-Uni, Ramda fait l'objet depuis plusieurs années d'une demande d'extradition de la part de la France.
Safé Bourrada et les huit autres personnes interpellées lundi ont été transférés dans les locaux de la Direction de surveillance du territoire (DST) qui dispose de quatre jours pour les interroger. Selon une source proche des enquêteurs, "ils sont soupçonnés d'avoir eu la volonté de commettre des attentats en France. Il y avait un mouvement de conspiration, une activité logistique, mais pas de projet identifié" d'attentat. Au cours de l'opération, deux proches des sept "objectifs" ont également été appréhendés.
Nouvel arsenal antiterroriste
L'enquête a débuté en février 2003, avec la surveillance par la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) d'un homme qui venait de sortir de prison. Il avait été condamné dans une affaire de terrorisme. Son identité et le dossier dans lequel il a été condamné n'ont pas été précisés. L'enquête, menée en étroite collaboration entre la direction de surveillance du territoire (DST) et la DCRG, a été relancée en juin 2005 après une interpellation fortuite, a-t-on encore dit. Les personnes interpellées ont été conduites dans les locaux de la DST à Paris. L'enquête judiciaire est menée par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.
Un avant-projet de loi antiterroriste doit être présenté mercredi prochain en Conseil des ministres. Le texte renforce notamment la vidéosurveillance, le contrôle des données de connexion internet et par téléphone portable (qui appelle qui, quand, où, combien de temps) et celui des déplacements, notamment vers des pays jugés "à risques". Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui a détaillé l'avant-projet de loi lundi soir dans l'émission "Pièces à conviction" sur France 3, avait annoncé cette loi en juillet, après les attentats de Londres.
Opération anti-terroriste en cours à Milan |
Le groupe d'intervention des douanes italiennes a également lancé lundi matin à Milan une vingtaine de perquisitions dans des appartements ou des entreprises appartenant au GSPC, a annoncé la police milanaise. Les enquêteurs sont à la recherche de preuves de financement d'activités terroristes de la part d'un groupe de 11 personnes dont certaines sont déjà derrière les barreaux. Les perquisitions visent notamment des entreprises en informatique et en import-export dans le secteur du textile. |
Photo d'ouverture : arrestation d'un des islamistes présumés à Trappes - DR
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