© INTERNECe n'est pas la première fois que Jean-Louis Debré tient des propos marquant son désaccord avec Nicolas Sarkozy. Mais cette fois, la charge est assez claire d'autant qu'elle fait la comparaison entre Dominique de Villepin et le président de l'UMP. Jean-Louis Debré a ainsi estimé jeudi soir que Dominique de Villepin était "un homme d'Etat et de rassemblement", déniant à Nicolas Sarkozy les mêmes qualificatifs.
Invité de l'émission "Franc parler" France Inter/Le Point/Itélé, M. Debré a fait valoir que le Premier ministre était "un homme de rassemblement" ayant "une stature d'homme d'Etat". "Si, le moment venu, il le décide, il peut être candidat à la présidence de la République. Il a la stature, il a montré dans ses 100 jours (...) qu'il ne partait pas dans des polémiques vaines et inutiles (...) Par conséquent, avec d'autres, il a la stature d'un homme d'Etat", a-t-il poursuivi. Comme on lui demandait qui étaient les autres et si c'était le cas pour Nicolas Sarkozy, il a répondu: "Strauss-Kahn, Fabius", avant de lâcher après une hésitation "Sarkozy".
Il a reconnu avoir du mal à mettre Nicolas Sarkozy dans cette catégorie. "J'ai du mal, a-t-il dit, car j'ai un peu le sentiment qu'on ne gagne pas en dressant les uns contre les autres. On gagne en rassemblant, en cherchant à éviter les polémiques inutiles, en respectant les institutions". Jean-Louis Debré a expliqué qu'il n'emploierait pas pour Nicolas Sarkozy les mêmes mots que pour Dominique de Villepin. "A regarder son action, je ne vois pas un homme de rassemblement", a-t-il dit. Quant au qualificatif d'homme d'Etat, il a répondu: "pour moi, non", avant de citer au nombre des hommes d'Etat et de rassemblement, le général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand.
"Un choc insupportable "
Néanmoins, Jean-Louis Debré a semblé mettre sur le même plan MM. de Villepin et Sarkozy dans leur compétition actuelle dans la perspective de la présidentielle de 2007. Il a estimé que "le choc de deux personnages qui donnent le sentiment de ne pas s'occuper des Français" était "insupportable". "Cette bagarre à droite m'énerve. Ce n'est pas supportable", a-t-il insisté. En réponse à une question, il a estimé qu'on "ne les (les deux hommes) ramènerait pas à la raison", mais il a écarté une réédition de la compétition en 1995 entre Jacques Chirac et Edouard Balladur. "On ne vit jamais un remake", a-t-il dit.
Le président de l'Assemblée a réaffirmé en outre son hostilité à la désignation du candidat UMP à la présidentielle lors de primaires, comme le veut M. Sarkozy. "La candidature à la présidence de la République ne peut pas, ne doit pas être le fait d'un parti politique", a insisté Jean-Louis Debré.
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