© INTERNELes agissements ont duré de 1996 à 1999 sur cinq enfants âgés de 9 à 10 ans. Sous prétexte de dispenser des leçons de catéchisme, un curé de Besançon, Bruno Kieffer, 57 ans, se livrait à des exhibitions, "toujours en érection", vêtu de tenues érotiques achetées sur des catalogues spécialisés.
Pour deux enfants, l'abbé serait allé plus loin, en procédant à des attouchements. Enfin, une petite fille a fait l'objet d'une agression : une "leçon" de gymnastique entièrement nue, aux côtés du "professeur" également dans la tenue d'Adam. "Vous n'avez pas franchi le pas, mais vous étiez au seuil du viol", lui a lancé mercredi le président du tribunal. Les psychiatres ont parlé de dangerosité, de conflit entre deux personnalités : le prêtre fervent et le pervers à sexualité déviante.
"Montrer la beauté de la création"
C'est grâce aux confidences d'une maman que l'archevêque de Besançon a été informé du comportement de son abbé, avant d'alerter les autorités judiciaires. Les enquêteurs ont découvert chez le prêtre tout un attirail de dessous suggestifs, strings et sous-vêtement de latex. Le curé de la paroisse entretenait une correspondance amoureuse par courriel avec un homme répondant au pseudonyme de "Christ 1200". Il avait aussi tenté d'intégrer un camp naturiste, mais les responsables avaient refusé son admission, trouvant son attitude louche.
Répondant d'une voix douce aux questions du tribunal, Bruno Kieffer a refusé d'assumer ses actes, attribuant à un "désir de comprendre" l'achat des sous-vêtements et sa tentative naturiste. Quant aux revues pornographiques évoquées par des enfants, il assure qu'elles avaient un but pédagogique "pour montrer la beauté de la création" à ses élèves du catéchisme.
Le parquet avait réclamé 5 ans d'emprisonnement, dont trois ferme. Les juges en ont décidé autrement, condamnant le prévenu pour "agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité" à quatre ans d'emprisonnement dont 3 avec sursis mise à l'épreuve. Il lui est définitivement interdit d'exercer une activité en relation avec des mineurs et devra s'acquitter de 750 à 5.000 euros de dommages intérêts pour les victimes.
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