© DRLa France a tenu à réaffirmer dimanche soir l'importance de la relation franco-allemande et sa conviction que Paris et Berlin allaient rester "le moteur de l'Europe", après des élections qui semblent ouvrir une période d'incertitude à Berlin. "Le couple franco-allemand restera le moteur de la construction européenne quel que soit le gouvernement en place à Berlin ou à Paris", a assuré la ministre aux Affaires européennes Catherine Colonna, alors que l'issue du scrutin législatif en Allemagne apparaissait toujours incertaine en fin de soirée. Se refusant à préjuger du résultat final, elle a ajouté: "Ce que je sais, c'est que la relation entre la France et l'Allemagne transcende la composition des gouvernements ou les alternances politiques, et qu'elle continuera". Avant le scrutin, le Premier ministre français Dominique de Villepin avait déjà assuré que la relation franco-allemande ne pouvait être altérée "par aucune élection".
La classe politique française commençait elle aussi à tirer dimanche soir les premières leçons du scrutin allemand. Pour la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, considérée comme une proche du président français Jacques Chirac, le manque de majorité d'Angela Merkel l'empêchera si elle devient chancelier de "mettre en oeuvre un modèle totalement libéral". Ce qui constitue sans doute une bonne nouvelle pour Jacques Chirac, qui cherche à défendre la place en Europe du "modèle social français" malgré son affaiblissement après la victoire du non lors du référendum sur la Constitution européenne.
Satisfaction du PCF et des écologistes
"L'élan de la droite allemande a été en partie contenu ou endigué", a constaté pour sa part l'ancien ministre socialiste français, Jack Lang. Le SPD et le chancelier Gerhard Schröder "ont mieux résisté qu'on ne l'avait imaginé", a-t-il souligné, en ajoutant que "ce qui n'était pas attendu, c'était la contre-performance d'Angela Merkel et de la CDU".
Plus à gauche, la performance du nouveau Parti de gauche, avec 8,5 à 8,6% des suffrages, a fait des heureux. Le Parti communiste français (PCF) a jugé que les législatives allemandes avaient révélé "l'émergence d'une contestation populaire du libéralisme". Même satisfaction chez les écologistes français qui constatent qu'après sept années passées au pouvoir, les Verts allemands ont stabilisé leur score de manière très positive, avec 8,1 à 8,2% au lieu de 8,6 en 2002.
Chacun voit midi à sa porte : "les élections allemandes sont un échec pour les deux grands partis, qui font l'un et l'autre des scores parmi les plus bas de leur histoire", a ainsi souligné le chef de l'UDF François Bayrou. "Les Allemands ont rejeté le bipartisme, et dit en fait qu'ils veulent être gouvernés au centre, dans l'équilibre entre réformes et solidarité", a estimé le leader centriste.
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