© INTERNEDans le couple Hollande-Royal, chacun est libre de ses propos et de ses mouvements. Ainsi, lorsque Ségolène donne un entretien à Paris-Match où elle se déclare prête à défendre les couleurs de la gauche en 2007, François ne découvre, selon Libé, la teneur de ses propos que lors de la parution du magazine. Le soir même sur France 2, c'est en tant que patron du PS qu'il réagit. Or pour le premier secrétaire du PS, "le moment n'est pas venu" pour "déposer sa candidature". "Elle n'a pas plus à me demander mon avis" que d'autres éventuels candidats, indique-t-il. "Je lui ai dit comme je l'ai dit aux autres talents du Parti socialiste: ce n'est pas le moment de déposer sa candidature. Ca, ça viendra à la fin de l'année 2006", ajoute-t-il. Comme on lui demande s'il est embarrassé par les déclarations de Ségolène Royal, il répond : "Pas du tout", ajoutant : "Parmi tous les talents du parti, elle en est un et elle a raison comme d'autres de dire que le moment venu, peut-être déposera-t-elle sa candidature".
"Déterminé par une circonstance"
Dans un entretien publié par Paris-Match, Ségolène se déclare en effet prête à se lancer dans la bataille présidentielle, à condition d'être "la mieux placée" pour faire gagner la gauche et d'être "sollicitée" par le PS. "Je fais consciencieusement mon travail de président de région, j'observe la politique nationale et le reste sera déterminé par une circonstance", ajoute-t-elle. Une déclaration de candidature aux primaires socialistes à l'image de la compagne de François Hollande : consciencieuse autant qu' ambitieuse.
Ségolène Royal souligne que sa candidature n'est possible que si François (Hollande, son compagnon et premier secrétaire du PS) "la sollicite et la soutient". "Et là, prévient-t-elle, je me sens capable de faire gagner mon camp". Voilà ses concurrents prévenus. Pour autant, elle assure que ce n'est pas "un enjeu de couple". "Cela ne consiste pas de ma part à pousser François et, si par hasard il n'était pas en position d'y aller, à me présenter à sa place", dit-elle. Evoquant sa vie avec le numéro un du PS, elle confie que malgré leur activité politique, ils forment avec leurs quatre enfants "une famille très unie, un couple très uni par rapport aux autres familles". "Je suis aimée par François et je l'aime profondément", dit-elle. Elle indique qu'ils n'ont pas de "désaccord" même s'ils ne partagent "pas forcément les mêmes centres d'intérêt".
"Le signe d'un rendez-vous manqué"
Interrogée sur un éventuel retour de Lionel Jospin en 2007, Ségolène Royal estime que "si au bout du compte", l'ancien Premier ministre était "le mieux placé", "ce serait quand même pour notre génération le signe d'un rendez-vous manqué". Une façon de mettre la pression sur les quinquagénaires qui se bousculent au portillon et de cantonner l'ancien Premier ministre en retraité de la vie politique. "Mais je pense que lui aussi souhaite passer la main et aider une nouvelle génération, comme il l'a fait en mettant François à la tête du PS".
Dans un récent entretien au Monde, la députée des Deux-Sèvres avait déjà évoqué sa candidature à l'investiture socialiste pour 2007. "Toute annonce de candidature de ma part serait prématurée. On verra", avait-elle dit. Les militants socialistes désigneront en 2006 leur candidat à l'élection présidentielle. Plusieurs personnalités devraient se présenter à l'investiture, notamment Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius.
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