
Pour sa première apparition à la fête de l'Humanité, Laurent Fabius aurait pu rêver meilleur accueil. A son arrivée samedi après-midi au parc de La Courneuve, en banlieue parisienne, où se déroule la fête, il a été salué par des sifflets nourris masquant quelques applaudissements. Accompagné de Claude Bartolone, le leader socialiste qui a fait campagne pour le non au référendum du 29 mai, doit participer à la première table ronde sur l'Europe et débattre avec le député européen PCF Francis Wurtz et la députée des Verts Martine Billard.
Celui qui se voulait le "leader du non de gauche" aura donc du travail pour convaincre les militants rassemblés à La Courneuve. D'autant plus qu'avant son arrivée, solitaire et tardive, une bonne partie des représentants de la gauche du non au référendum européen s'étaient déjà retrouvés sur une estrade de la fête de l'Humanité pour affirmer leur volonté de poursuivre "ensemble" la dynamique du 29 mai et "transformer l'essai" vers une "nouvelle union populaire" en vue des échéances de 2007. Devant une affiche du PCF affirmant "ensemble on peut tout changer", Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR), Jean-Luc Mélenchon (PS), Emile Zuccarelli (PRG), Francine Bavay (Verts), Georges Sarre (MRC), Claire Villiers (Alternative citoyenne), le syndicaliste José Bové et Yves Salesse (fondation Copernic), ont tous souhaité la poursuite du rassemblement qui s'était mis en place pour la campagne référendaire.
Lancer dès maintenant le débat sur un programme
"On a un défi: on a mené une campagne d'opposition, il faut transformer l'essai, transformer cette campagne en négatif en une campagne au positif", avec "des discussions politiques franches", a lancé Olivier Besancenot, sous les vivats de la salle. Face à un gouvernement "carbonisé aux yeux de l'opinion publique", "haï" et "qui passe en force", il faut "rester rassemblés", a-t-il encore déclaré. Marie-George Buffet a suggéré que le débat sur un programme se lance "dès maintenant", "dans les communes, les entreprises et les familles". Elle a proposé "une grande initiative" en octobre pour dire "non au gouvernement", et un point d'étape à la fin du trimestre sur les débats. "Il faut un rassemblement majoritaire à gauche (...) je prends rendez-vous en 2007", a-t-elle lancé sous les applaudissements enthousiastes.
Georges Sarre a parlé de "stratégie commune" et d'"objectifs communs", Emile Zuccarelli a souhaité "un débat au grand jour" et Francine Bavay a espéré que les Verts "se joignent" aux autres. José Bové a demandé que la "victoire collective" du 29 mai se poursuive. "L'unité est notre socle commun", a-t-il dit, prônant des débats "sur les sujets qui fâchent", comme l'énergie. Il a souligné aussi que le projet n'avait "aucune chance d'aboutir" s'il ne se menait pas "en même temps que les luttes sur le terrain". "Je ne représente pas le PS, et je le regrette", a lancé Jean-Luc Mélenchon. Invitée, la direction du PS a refusé de venir du fait de la présence à la tribune de la ligne dissidente. Néanmoins, "je vous demande, a-t-il dit, de ne jamais douter des camarades du PS, unis avec nous pour le changement". Il a fait valoir que "le non n'était pas un héritage mais un mandat", se disant favorable à la "construction d'une union populaire" proposée par Marie-George Buffet.
Reste à présent à entendre les arguments de Laurent Fabius, qui, bien que ne représentant pas davantage le PS à la fête de l'Humanité, ne devrait pas manquer d'appeler à un large rassemblement.
Photo d'ouverture : l'arrivée (mouvementée) de Laurent Fabius à la fête de l'Humanité - DR
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