"Les gens voulaient se jeter par la fenêtre"

Par AFP, le 04 septembre 2005 à 14h20 , mis à jour le 04 septembre 2005 à 21h15

Entre stupeur et colère, témoignages recueillis dans la nuit auprès des rescapés de l'incendie qui a tué quatorze personnes à la Haÿ-les-Roses.

Incendie L'Häy-les-Roses

"Les gens voulaient se jeter par la fenêtre... il y avait des pompiers qui emportaient des corps", raconte, sous le choc, Jean, un habitant de la tour de l'Haÿ-les-Roses où un incendie a fait 14 morts dans la nuit de samedi à dimanche.

Il est 04h30, le feu est maîtrisé, des résidents du quartier rassemblés derrière un cordon de sécurité contemplent horrifiés le va-et-vient des secours qui emportent des corps. Restes de l'incendie: de longues traces noires sont visibles juste au-dessus du hall d'entrée de la tour HLM de 110 appartements, en bon état apparent.

Une fumée "qui collait à la peau"

Des familles de victimes en pleurs sont accompagnées par les pompiers dans un centre d'hébergement d'urgence installé dans un gymnase, où elles recevront une première assistance psychologique.

Une petite fille suit, tremblotante, le brancard où gémit sa mère blessée, emportée par des secouristes, et appelle "maman" sans s'arrêter, la voix entrecoupée de sanglots.

Assis sur la pelouse, Jean, habitant de la tour, est encore sous le choc. "C'est la fumée qui m'a réveillé, la chambre était de pleine de fumée, une fumée épaisse, on aurait dit qu'elle collait à la peau, c'était suffoquant", se souvient-il.

Habitant au rez-de-chaussée, Jean a pu sortir tout de suite par la fenêtre. Une fois dehors, "j'ai vu des grandes flammes alors j'ai appelé les pompiers, poursuit-il. Il y avait des gens qui voulaient se jeter par la fenêtre. Je leur ai dit ne pas le faire, que les secours allaient arriver". "Le plus horrible, c'est quand ils ont sorti les victimes, il y avait des pompiers qui emportaient des corps, les gens qui étaient dehors se sont mis à hurler", dit-il.

Attente dans l'angoisse

"Il y avait beaucoup de panique car on a vu des corps de gens qu'on connaît. Nos voisins, un couple et leur fils, une famille entière, sont décédés", raconte Florence Leclerc, un habitante du rez-de-chaussée, un gilet sur les épaules, prêté par une amie. Le visage crispée, Florence dit qu'elle est "sans nouvelles de sa famille", comme de nombreux habitants de l'immeuble.

Jean-Luc Quinson, 49 ans, depuis 33 ans dans la tour, a "été réveillé par l'odeur de la fumée. Ma chambre était pleine de fumée, raconte-t-il. J'ai essayé d'allumer ma lampe mais l'électricité était coupée et il y avait des bruits de craquements partout, puis j'ai entendu des cris dans l'immeuble". Jean-Luc a alors attendu l'arrivée des pompiers, calfeutré dans son appartement, rongé par l'angoisse et les hurlements résonnant dans le bâtiment.

Quelle issue ?

Quelques heures après l'incendie et alors que la thèse d'un incendie criminel se précise, l'émotion laisse place à la colère chez les habitants du quartier.

"Il paraît que c'est trois filles qui jouaient avec un produit inflammable dans l'entrée", s'emporte Mane, un habitant de 50 ans. Il y a toujours des histoires, quand ils mettent pas le feu aux poubelles, c'est dans le vide-ordure, ou aux voitures, ça devait arriver". "Ils" désigne "les jeunes qui traînent tout le temps", précise-t-il.

D'autres résidents évoquent eux la vétusté de l'immeuble. "La seule issue de secours, c'est là où il y avait l'incendie. On fait comment pour sortir?", fulmine Hervé Douin.

Par AFP le 04 septembre 2005 à 14:20
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5 Commentaires

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  • Danger, le 05/09/2005 à 05h46

    C'est toute la société qui est malade,certains commencent à perdre la tête.Que ceux qui ont encore la possibilité de maitriser ce qui leur reste de lucidité, ce regroupent pour ne pas sombrer<>.

  • Mouktar, le 05/09/2005 à 03h48

    Je suis trés peiné par cette tragédie notre cousine est dans un coma trés profond et deux de ces quatre enfants un garçon de 18 ans et un de 6ans sont morts .on va dire quoi au deux enfants restant qui nous reclame des nouvelles de leurs maman et du deux fréres mortles enfants nous demande quand est que ils vont revenir a la maisonpour lre moments on ose pas leurs dire la verite

  • Tavernier Geraldine, le 04/09/2005 à 22h44

    J'habite à environ 400 metres des tours, dans la rue ca sentait le plastique brulé et la vue était voilée, j'ai entendu des appels au secours, je me suis dit qu'il se passait quelque chose mais je ne savait pas ou.J'ai appelé les pompiers. J'espere que les coupables auront une lourde peine, c'est inacceptable.

  • Sandy, le 04/09/2005 à 20h16

    C'est un drame qui nous touche tous... Il faudrait dire aux jeunes révoltés qui ont déjà fait ce genre de stupidité ou qui ont envie de dégrader bêtement les lieux où ils habitent à quoi cette inconscience peut mener... Ces jeunes filles, si elles ont un minimum de conscience, s'en voudront toute leur vie. Quel gâchis ! La révolte de l'adolescence et d'habiter dans une cité n'excuse pas tout ! Que ce drame mette du plomb dans la tête des jeunes et des parents ! Que nos pensées aillent aux victimes et aux proches de cette tragédie...

  • Casteres hibo, le 04/09/2005 à 17h42

    J'etais sur le site a environ 4h30.l'odeur de cet incendie etait encore bien presente.nous avons une amie avec ces 4 enfants,dont 1 jeune garcon de 17 ans est mort.nous somme toujours sans nouvelle de la mere ainsi que l'un de ces enfants.fatalité?de nous plus rien nous étonne,mais on ne reste pas insensible pour autant.que dieu pardonne aux auteurs de cet acte inconsideré.mais pointons le doigt sur la responsabilité des parents.

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