
"On ne peut pas banaliser les feux de poubelle et autres qui sont des actes criminels aux conséquences qui peuvent être dramatiques. Nous avons donc retenu une qualification criminelle pour ces faits".
Le procureur de Créteil a justifié, mardi, les mises en examen des quatre adolescentes impliquées dans l'incendie criminel d'une tour HLM à L'Haÿ-Les-Roses (Val-de-Marne). Toutes sont poursuivies pour "destruction et dégradations volontaires par incendie ayant entraîné la mort". Le feu déclenché dans un immeuble de 18 étages a tué 18 personnes, dont trois enfants, selon un dernier bilan publié mardi soir.
Dossier "complexe"
En outre, le parquet a requis des mandats de dépôt contre les quatre jeunes, (âgées de 15, 16, bientôt 17 ans et une majeure de 18 ans jusqu'alors inconnues des services de police et de justice. Deux ont été placées en détention provisoire mardi dans la soirée à la prison de Fresnes. Le juge devait continuer à examiner le cas des deux autres adolescentes, âgées de 17 et 18 ans.
Le doyen des juges d'instruction a demandé à la présidence du tribunal de grande instance de Créteil de confier ce dossier "complexe" à deux juges d'instruction de Créteil. Il demande des expertises judiciaires de la tour (récemment réhabilitée), appartenant à la société immobilière
Une première tentative, la veille
Les quatre incendiaires ont avoué lundi avoir provoqué l'incendie de cette tour HLM, dans la nuit de samedi à dimanche, en mettant le feu à la boîte à lettres d'une ex-amie "avec laquelle elles ne s'entendaient plus". "Deux des jeunes filles, dont une mineure, ont reconnu au cours de leur garde à vue que la veille de cet incendie, elles avaient déjà tenté de mettre le feu à la boîte aux lettres", a déclaré le procureur. Les faits reprochés aux jeunes filles peuvent être réprimés par la réclusion criminelle à perpétuité pour la majeure, et 20 ans d'emprisonnement pour les mineures.
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