© DRUsurpateur imperturbable, Frédéric Bourdin poursuit son marathon judiciaire. Frédéric Bourdin c'est cet homme de 31 ans qui se fait passer pour un autre. Cet imposteur multirécidiviste s'était notamment fait connaître aux Etats-Unis en 1997 où il avait pendant quatre mois pris la place dans une famille de Nicolas, leur fils disparu. Il a passé six ans dans les prisons américaines. Et de recommencer ses "méfaits" en France.
Jeudi, il a été jugé pour avoir produit des faux papiers et s'être fait passer pendant un mois pour un orphelin espagnol de 15 ans dans le but d'être accueilli dans un collège de Pau, en juin dernier. Il a été condamné à six mois avec sursis. La veille, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Grenoble à 18 mois de prison, dont 14 mois avec sursis, pour avoir tenté de se faire passer pour un enfant disparu en montagne.
Pour "quelques jours d'amour"
Le petit Léo, six ans et demi, avait disparu en 1996 dans le massif du Taillefer. En février 2004, les gendarmes de l'Isère avaient reçu un appel téléphonique de Bourdin, leur annonçant qu'il était Léo, qu'il avait été enlevé et séquestré dans le nord de la France, mais qu'il avait réussi à s'enfuir. Les enquêteurs l'avaient cru dans les premiers temps, mais lui avaient fait subir un test ADN qui avait révélé l'imposture. Selon les gendarmes, lorsqu'il avait été démasqué, Bourdin s'était emporté et avait jeté un fauteuil sur un adjudant, une version contestée par l'affabulateur.
Mince, la tête rasée, vêtu d'un jean et de chaussures de sports rouges renforçant son apparence juvénile, Frédéric Bourdin, enfant non-désiré d'une mère de 18 ans et de père inconnu, a justifié d'une voix faible ses mystifications "par la recherche d'une famille aimante". Elevé par ses grands-parents, placé à l'âge de 12 ans dans des foyers, se disant victime de viols, il avoue avoir tenté de prendre l'identité du petit Léo "car quelque jours d'amour valent bien quelques jours de prison".
Parce qu'il avait effectué quatre mois de détention préventive, il est ressorti libre du tribunal. Frédéric Bourdin a assuré qu'il ne "prendrait plus jamais l'identité d'une personne existante". S'affirmant content d'échapper à la prison, il a dit qu'il allait chercher un médecin psychiatre compréhensif pour le suivre. "Je parle cinq langues, je ne devrais pas avoir de mal à trouver du travail", a t-il ajouté.
(Image d'archives/LCI)
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