Incendie du XIIIe arrondissement : la piste criminelle

le 02 septembre 2005 à 21h10 , mis à jour le 02 septembre 2005 à 21h21

L'enquête judiciaire sur l'incendie d'un immeuble du XIIIe arrondissement parisien, qui a fait 17 mort le 26 août, est désormais confiée à un juge d'instruction. Elle s'oriente vers la piste criminelle à la suite d'un rapport d'expert remis vendredi au parquet.

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La piste criminelle se renforce dans l'enquête sur l'incendie d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris, qui a fait 17 mort le 26 août. Le parquet de Paris, qui pilotait jusqu'à présent le travail des enquêteurs de la brigade criminelle dans le cadre d'une enquête de flagrance, a ouvert vendredi une information judiciaire pour "destruction volontaire par l'effet d'un incendie ayant entraîné la mort d'autrui". Une deuxième expertise scientifique, communiquée vendredi au parquet de Paris, a conclu à l'absence d'hydrocarbure sur le lieu de départ du foyer, mais évoque un feu vraisemblablement d'origine criminelle, en raison notamment de la rapidité de propagation de l'incendie.

Une première analyse du Laboratoire central de la préfecture de police de Paris avait conclu à l'absence d'hydrocarbure sans toutefois évoquer d'hypothèse sur l'origine du sinistre. Une seconde analyse avait été diligentée "par précaution et pour croiser les données", selon une source judiciaire. Dans son rapport, l'expert écarte désormais une origine technique (court-circuit, installation électrique vétuste, etc.) et indique que la cause de l'incendie est un geste d'origine humaine, selon une source judiciaire. L'expert s'avance un peu plus en écartant la possibilité d'un mégot de cigarette jeté par inadvertance qui aurait embrasé les poussettes parquées dans la cage d'escalier et évoque, compte-tenu de la rapidité de propagation du sinistre, la possibilité d'un geste criminel.

La piste accidentelle toujours privilégiée pour l'incendie du IIIe

La qualification criminelle retenue par le parquet de Paris, passible de la réclusion criminelle à perpétuité, ne préjuge pas des suites judiciaires du dossier, le parquet privilégiant souvent la qualification pénale la plus haute avant de confier le dossier à un juge d'instruction. Un juge d'instruction spécialisé dans les dossiers impliquant des mineurs devrait être rapidement désigné.

Dix-sept personnes, dont quatorze enfants, ont péri dans la nuit du 25 au 26 août dans l'incendie de cet immeuble du XIIIe habité par des familles africaines. Un second incendie a ravagé quelques jours plus tard un immeuble vétuste squatté par douze familles ivoiriennes dans le quartier parisien du Marais (IIIe), causant la mort de sept Ivoiriens, dont quatre enfants.

La piste accidentelle paraît de plus en plus plausible aux yeux des enquêteurs dans ce cas précis. Le témoignage d'un couple habitant l'immeuble les a conduits à privilégier la piste de l'installation électrique défectueuse à l'origine du foyer. Le départ du feu a été localisé au premier étage de l'immeuble, où habitait ce couple de squatters. Le couple a dressé aux enquêteurs de la 1ère division de police judiciaire de Paris un descriptif assez précis de l'installation électrique de l'immeuble: un compteur situé au rez-de-chaussée desservait des lignes individuelles de fortune pour alimenter les différents appartements. Selon le couple, le compteur disjonctait souvent, les fils reliant le compteur aux étages chauffaient régulièrement et émettaient des crépitements.

Photo d'ouverture : l'immeuble incendié du XIIIe arrondissement - DR

le 02 septembre 2005 à 21:10
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