Les marins libérés, la mobilisation continue

Par Par A.Ga., le 30 septembre 2005 à 11h32 , mis à jour le 30 septembre 2005 à 22h51

Les trois frères Mosconi et Felix Da Gregorio restent mis en examen pour "détournement de navire" et "séquestration de personnes". Les syndicats de la SNCM restent mobilisés contre la privatisation de la compagnie.

[Expiré] [Expiré] Alain Mosconi © AFP

Des cris de joie ont salué l'annonce de leur libération, des applaudissement ont ponctué leur sortie du palais de Justice de Marseille. Les quatre militants du Syndicat des travailleurs corses (STC) ayant participé au détournement d'un ferry de la SNCM ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire vendredi.

Les quatre marins, qui ont pris le contrôle durant 24 heures du Pascal-Paoli, ont été mis en examen pour "détournement de navire" et "séquestration de personnes". Le juge des libertés et de la détention n'a pas suivi les réquisitions du parquet de Marseille, qui avait réclamé l'incarcération de deux d'entre eux, le délégué national du STC Alain Mosconi et Félix Da Gregorio. Les deux hommes ont été libérés en fin de journée, quelques heures après Jean-Marc et Patrick Mosconi, les frères d'Alain Mosconi.

Multiples actions en Corse

Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour "crime de détournement de navire" et "délit de séquestration de personnes avec libération avant le 7e jour", des faits passibles de 20 ans de prison. Les quatre militants du STC avaient été placés en garde à vue mercredi à l'issue de la reprise de contrôle du ferry par le GIGN, au large de Bastia. Le détournement du navire visait à protester contre le projet de privatisation de la Société nationale Corse-Méditerranée, auquel les syndicats CGT et STC sont opposés.

Dès sa sortie, Alain Mosconi a lancé un appel au "calme" et "l'apaisement" en Corse où vendredi les actions se sont multipliées pour soutenir les marins mutins mais aussi pour protester contre le projet de privatisation.

Trafic maritime interrompu, circulation aérienne très perturbée, début de pénurie d'essence... L'île de Beauté a été quasiment coupée du monde. Le trafic des avions était inexistant à l'aéroport de Bastia en raison d'une grève des pompiers STC "jusqu'à samedi matin". L'aéroport de Calvi-Balagne connaissait un sort identique. Le trafic ferroviaire sur l'unique ligne de l'île entre Ajaccio et Bastia, a été fermé. A l'aéroport d'Ajaccio, le trafic est revenu à la normale dans l'après-midi après deux heures de grève au personnel au sol du STC d'Air France. Des barrages filtrants mis en place pour retarder l'arrivée des passagers ont également été levés.

"Le combat reste le même"

A Furiani, près de Bastia, des chauffeurs routiers et des transporteurs mécontents de la paralysie totale des ports depuis mercredi ont réclamé au préfet un "service minimum" en immobilisant leur camion pendant plusieurs heures. Des centaines de vacanciers ont été bloqués sur l'île de Beauté. Pour pallier cette situation de quasi-blocus, la préfecture de Corse à Ajaccio avait mis en place une cellule de crise "globale".

Les marins libérés ; en Corse comme sur le continent, les syndicalistes CGT et STC restent mobilisés contre le projet de privatisation de la SNCM. "Le juge a pris la bonne mesure. On va maintenant tous ensemble se retrouver à la table des négociations", a affirmé Jean-Paul Israël, délégué général des marins CGT. Le syndicat a décidé de reconduire samedi la grève entamée le 27 septembre. La manifestation prévue à Bastia samedi est "maintenue pour montrer à l'Etat que le combat reste le même", a déclaré Jean Brignole, secrétaire national du STC.

(Alain Mosconi à sa sortie du palais de Justice vendredi soir à Marseille/AFP)

Par Par A.Ga. le 30 septembre 2005 à 11:32
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37 Commentaires

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  • Olivier, le 01/10/2005 à 12h28

    Pourquoi juger toute la population corse pour une poignée de personnes qui ne représentent que 5% d'une population... ce sont des brigands et on doit les punir. La loi est pour tous le monde...

  • Dominique, le 01/10/2005 à 08h35

    C'est scandaleux... une liberation alors que de nombreux passagers/touristes sont encore pris en otage. Une fois de plus nous allons payes pour une bande de syndicalistes qui n'ont aucune autre motivation que de creer du desordre. Vous les politiques supposes nous representes prenaient vos responsabilites et refletaient l'opinion generale. Il y a 2 justices celle du pauvre bougre et celle de la pression politique, des syndicats.

  • Pierre, le 01/10/2005 à 07h00

    UNE HONTE !!! DES VOYOUX EN LIBERTE !!! TOUT LE MONDE PEUT EN FAIRE DE MEME VQUELQUE CHOSE NE VOUS CONVIENT PAS ON CASSE ON DETOURNE...PAUVRE FRANCE ET PAUVRE CORSE...

  • Nico, le 01/10/2005 à 01h45

    Je suis plutot sans avis politique car je trouve ni mon idéal a gauche ou a droite (comme je pense bcp de Français) Mais ce qui c'est passé pour la SNCM est honteux. Pour moi un syndicat doit défendre l'interet des salariés et de l'entreprise peut être suis je trop naif? mais la c'est du banditisme pur et simple. Pour qui ce prennent ces gens, sous pretexte qu'ils ne sont pas d'accord avec une décision gouvernementale détournent un navire? Alors de ce point de vue chaque français qui n'est pas d'accord avec une décision de justice par exemple prenne pour otage un juge! Je ne comprend pas les syndicats qui je pense s'éloignent de leurs but premiers assurer un avenir et un bien être a l'entreprise et ses salariés.

  • Lou Coco, le 30/09/2005 à 22h56

    Félicitations aux camarades Corses pour sauver le service public... et vu les avis des internautes, il y a encore du boulot!!!

  • Emmanuel, le 30/09/2005 à 22h50

    Voici le moment de vérité pour le gouvernement : soit il résiste à la pression des syndicats et donne l'image d'un gouvernement suffisamment fort pour être capable de mener à bien les réformes dont le pays a besoin, soit il se couche comme tous les gouvernements qui l'ont précédé, et confirme qu'il ne vaut pas mieux que les autres et que la France est gouvernée par les syndicats, ce qui présage mal de l'avenir économique du pays dans un monde où la compétition est de mise. Ce serait le signal de confirmation d'une lente mais inéluctable déchéance économique et politique d'un pays qui connut autrefois beaucoup d'influence dans le monde mais qu'il a perdu n'ayant pas su s'adapter à son temps.

  • LAURENT NEE, le 30/09/2005 à 22h39

    Une honte..... moi flashé A 57 km/h au lieu de 50 km/h 90? et 1 point........vivement les elections que je vote blanc....

  • Jean-claude, le 30/09/2005 à 22h35

    C'est une honte, honte à la justice de ce pays, faites ce que vous voulez mais prennez une carte syndicale vous êtes au dessus de la lois, mais surtout payez vos impots sinon c'est la prison!!!! aujourd'hui j'ai honte d'être français.

  • Jmj, le 30/09/2005 à 21h34

    La fin de l'état de droit. Comme beaucoup, j'apprends avec consternation la remise en liberté des principaux protagonistes, coupables, excusez du peu, de crime de détournement de navire. Un acte qui peut, à bien des égards, être considéré comme terroriste. Pourquoi en est on arrivé la ? Parce que les salariés d'une compagnie maritime, la SNCM, surnommée "SNCF de la mer", tout un programme... n'ont jamais voulu s'adapter aux réalités économiques aidés en cela par les syndicats responsables que sont la CGT ou le STC. Messieurs les responsables des syndicats, entendez vous la grande lassitude des salariés qui travaillent de plus en plus, pour améliorer, avec leurs impôts, l'ordinaire de ceux qui ont pour vocation d'en faire toujours moins. Si c'est cette vision de la société que vous défendez, ennemis syndicalistes, soyez tranquilles, je ne ferai jamais partie de vos adhérents. Une chose est certaine, seule une privation totale de la SNCM lui permettra de survivre et vous le savez très bien ! Alors, soyez un peu adultes et réflechissez 5 minutes, si, bien sur, ce n'est pas trop vous demander ! Par ailleurs, la justice ne sort pas du tout grandie de cette affaire et elle augure en quelque sorte une nouvelle jurisprudence : la porte ouverte à tous les débordéments sous des motifs soit disant sociaux mais en réalité animés essentiellement par des velleités purement corporatistes. Reste donc à espérer que le ministère public se réveille enfin et use de son droit de faire appel d'une décision aussi scandaleuse...

  • Thierry, le 30/09/2005 à 16h24

    Est ce qu'un jour les Corses seront content de quelques choses ! Tout ce qu'ils touchent s'effrite ! Qu'on leur donne la Sncm et l'indépendance ! Ils reviendront au galop et couleront leurs Navires !

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