© AFPDes cris de joie ont salué l'annonce de leur libération, des applaudissement ont ponctué leur sortie du palais de Justice de Marseille. Les quatre militants du Syndicat des travailleurs corses (STC) ayant participé au détournement d'un ferry de la SNCM ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire vendredi.
Les quatre marins, qui ont pris le contrôle durant 24 heures du Pascal-Paoli, ont été mis en examen pour "détournement de navire" et "séquestration de personnes". Le juge des libertés et de la détention n'a pas suivi les réquisitions du parquet de Marseille, qui avait réclamé l'incarcération de deux d'entre eux, le délégué national du STC Alain Mosconi et Félix Da Gregorio. Les deux hommes ont été libérés en fin de journée, quelques heures après Jean-Marc et Patrick Mosconi, les frères d'Alain Mosconi.
Multiples actions en Corse
Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire pour "crime de détournement de navire" et "délit de séquestration de personnes avec libération avant le 7e jour", des faits passibles de 20 ans de prison. Les quatre militants du STC avaient été placés en garde à vue mercredi à l'issue de la reprise de contrôle du ferry par le GIGN, au large de Bastia. Le détournement du navire visait à protester contre le projet de privatisation de la Société nationale Corse-Méditerranée, auquel les syndicats CGT et STC sont opposés.
Dès sa sortie, Alain Mosconi a lancé un appel au "calme" et "l'apaisement" en Corse où vendredi les actions se sont multipliées pour soutenir les marins mutins mais aussi pour protester contre le projet de privatisation.
Trafic maritime interrompu, circulation aérienne très perturbée, début de pénurie d'essence... L'île de Beauté a été quasiment coupée du monde. Le trafic des avions était inexistant à l'aéroport de Bastia en raison d'une grève des pompiers STC "jusqu'à samedi matin". L'aéroport de Calvi-Balagne connaissait un sort identique. Le trafic ferroviaire sur l'unique ligne de l'île entre Ajaccio et Bastia, a été fermé. A l'aéroport d'Ajaccio, le trafic est revenu à la normale dans l'après-midi après deux heures de grève au personnel au sol du STC d'Air France. Des barrages filtrants mis en place pour retarder l'arrivée des passagers ont également été levés.
"Le combat reste le même"
A Furiani, près de Bastia, des chauffeurs routiers et des transporteurs mécontents de la paralysie totale des ports depuis mercredi ont réclamé au préfet un "service minimum" en immobilisant leur camion pendant plusieurs heures. Des centaines de vacanciers ont été bloqués sur l'île de Beauté. Pour pallier cette situation de quasi-blocus, la préfecture de Corse à Ajaccio avait mis en place une cellule de crise "globale".
Les marins libérés ; en Corse comme sur le continent, les syndicalistes CGT et STC restent mobilisés contre le projet de privatisation de la SNCM. "Le juge a pris la bonne mesure. On va maintenant tous ensemble se retrouver à la table des négociations", a affirmé Jean-Paul Israël, délégué général des marins CGT. Le syndicat a décidé de reconduire samedi la grève entamée le 27 septembre. La manifestation prévue à Bastia samedi est "maintenue pour montrer à l'Etat que le combat reste le même", a déclaré Jean Brignole, secrétaire national du STC.
(Alain Mosconi à sa sortie du palais de Justice vendredi soir à Marseille/AFP)
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