© INTERNELe 3 août 2002, Sylvain Bétrix, 22 ans, boulanger à Saint-Just-Saint-Rambert, est tué d'une décharge de fusil de chasse dans la poitrine, alors qu'il se portait au secours de sa femme, lors d'un hold-up commis par une jeune femme, Magali Rossi. Cette dernière, aujourd'hui âgée de 34 ans, a été remise en liberté le 9 septembre dernier à la demande de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon, révèle l'hebdomadaire "La Gazette de la Loire", dans son édition de vendredi.
"Cette remise en liberté contre l'avis du parquet général, qui pose un problème navrant, découle d'une divergence d'interprétation de l'article 181 du code de procédure pénale", a déclaré à l'AFP le procureur général de la cour d'appel de Lyon, Jean-Olivier Viout. Il précise ne pas avoir formé de pourvoi devant la cour de cassation "car la décision serait intervenue après l'ouverture du procès de Magali Rossi devant la cour d'assises de la Loire, le 16 novembre prochain".
"Détenue irrégulièrement"
Le parquet général de Lyon a procédé à la demande de renouvellement de son mandat de détention provisoire le 9 août, alors qu'il aurait dû le faire avant le 2 juillet (soit un an maximum après la notification de son renvoi devant une cour d'assises). Or, il a estimé qu'une peine de détention de plusieurs mois effectuée par l'accusée courant 2004, à la suite de l'agression d'une surveillante de prison, suspendait ce délai de 12 mois prévu par le code de procédure pénale. La chambre de l'instruction n'a pas suivi cette interprétation. Estimant que Magali Rossi était "détenue irrégulièrement", elle a prononcé son élargissement et son placement sous contrôle judiciaire le 9 septembre.
"Cette personne est soumise à un contrôle judiciaire strict, et j'ai donné des instructions écrites pour qu'elle soit l'objet d'une étroite surveillance policière", a souligné M. Viout."Elle se présentera au procès car elle tient avant tout à assumer ses responsabilités", ont déclaré Mes Catherine Mounier-Fond et André Buffard, les défenseurs de l'accusée, qui exerce depuis quelques jours un emploi d'agent de service. "La chambre de l'instruction n'a fait qu'appliquer le texte, sans l'interpréter", estime Me Buffard, à l'origine de la demande de remise en liberté. Mais Me Gilles Peycelon, avocat de Virginie Bétrix, la veuve du boulanger, a affirmé qu'il "regrettait cette erreur de procédure du parquet, car cela rajoute à la douleur de ma cliente, avec la crainte que l'accusée ne se présente pas à son procès".
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