
Les pluies et la montée des eaux ont surpris tous les habitants de la région, malgré l'alerte orange lancée par Météo France. A partir de jeudi soir et durant une partie de la nuit, de très fortes précipitations ont touché le Gard et l'Hérault. Dans ce dernier département, elles ont fait un mort : un corps a été trouvé dans le lit d'une rivière à Octon, près de Lodève, a indiqué vendredi soir la préfecture de Languedoc-Roussillon.
Dans le Gard, les précipitations n'ont commencé à s'atténuer que tôt vendredi matin, vers 1h30, après une journée de pluies battantes, qui ont noyé Nîmes et sa région par endroits sous quarante centimètres d'eau, entraînant de fortes perturbations. Les opérations de mise en sécurité et de sauvetage de personnes, menacées par les inondations, se sont poursuivies toute la nuit à Nîmes et dans ses environs. Des hélicoptères ont notamment récupéré des automobilistes coincés ou des personnes âgées isolées. 600 pompiers, dont des renforts venus des départements voisins, ont été mobilisés. Par précaution, 4.500 collégiens et lycéens ainsi que 500 adultes ont passé la nuit dans leurs établissements.
Le système d'alerte de Météo France montré du doigt
Outre Nîmes, la région avoisinante a été largement touchée. Au sud de l'agglomération nîmoise, en petite Camargue, la rivière, le Vistre, a atteint sa cote d'alerte, une digue a cédé à Vestric et des communes comme Aubord, et près de Nîmes, Caissargues se sont retrouvées complètement isolées. La montée des eaux a contraint la SNCF à interrompre le trafic entre Nîmes et Lunel. La circulation routière a également été fortement perturbée avec des coupures dans près de 90 endroits. Quelque 400 automobilistes bloqués sur la RN 106, coupée à hauteur de la Calmette (Gard) au nord de Nîmes, ont été dirigés vers le palais des sports de Nîmes. L'autoroute A9, qui avait été fermée jeudi après-midi entre Narbonne et Orange ainsi que l'autoroute A54, n'ont été rouvertes que vendredi matin
Nicolas Sarkozy, qui a rendu visite vendredi aux sinistrés de Nîmes, a souhaité "réfléchir au niveau des cotes" servant à définir le niveau des alertes décrétées par Météo France. Le maire de la ville, Jean-Paul Fournier (UMP), a regretté l'absence d'alerte rouge, qui "a un effet psychologique sur les gens", certains s'étant sentis "piégés". Le maire a estimé que le dispositif d'alerte établi par Météo France était "un petit peu trop rigide". "J'ai demandé à ce qu'on tire les conséquences" des événements "pour être meilleurs la prochaine fois", a assuré Nicolas Sarkozy, notant que dans les villages, les alertes "ont bien fonctionné".
(Photo : vue aérienne du village d'Aubord, inondé vendredi matin - LCI)
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