
"Ce jour-là, il pleuvait sur Ouarzazate, on ne pouvait pas les prévenir". Un fonctionnaire de la préfecture de Ouarzazate, dans le sud-est marocain, pensait samedi aux 14 randonneurs français sans doute en difficulté 4.000 mètres plus haut, dans le haut Atlas. "Même si la météorologie avait pu prévoir cette brusque tempête de neige, il était impossible d'alerter les randonneurs vu l'absence de réseau téléphonique entre le sommet de la montagne et la vallée", raconte le fonctionnaire. L'accident de montagne a coûté la vie à trois touristes françaises, Marie-Thérèse Galichan, Maryvonne Lebihan et Anne-Marie Ludier, âgées d'une soixantaine d'années, dont les corps ont été transférés dimanche à la morgue de Ouarzazate.
Le 13 septembre, les 14 randonneurs, accompagnés d'un guide marocain, étaient partis à l'assaut du mont M'goun, qui culmine à 4.068 mètres. Le trekking était organisé par une agence spécialisée marocaine, "Culture, Nature et Voyage", basée à Marrakech. Vendredi après-midi, les randonneurs sont pris dans une brusque tempête de neige, au lieu dit Oulilimte. Ils se réfugient d'abord dans un abri avant d'entamer la descente. Mais la météo se dérègle. La température chute. Deux randonneurs sont portés disparus.
"Ils étaient tous préparés"
"Je pense qu'il n'y a pas eu d'erreurs de la part des organisateurs car notre groupe a été surpris par une brusque tempête de neige", raconte Etienne Ballot, l'un des quatre rescapés qui a été évacué samedi à Beni-Mellal. Etienne et sa femme Christine, ce sont les "disparus" qui ont été retrouvés par la suite sains et saufs. "On s'est pris une chute de neige et de grêle sévère", raconte Etienne. "On a commencé la descente. Et là je me suis aperçu que des gens du groupe étaient dans un état critique. Ils divaguaient, les yeux hagards. Le mal des montagnes. C'est comme s'ils commençaient à s'endormir. On a essayé de s'occuper d'eux, de les relever pour les faire descendre le plus vite possible", poursuit-il. "L'effet de l'altitude conjugué à celui du froid et du vent a affaibli les randonneurs, mais on a résisté, sauf les trois femmes", poursuit, encore "choqué" par l'aventure, Etienne Ballot.
Très rapidement, les secours marocains s'organisent. Deux hélicoptères sont mobilisés. Une fois localisés, quatre des rescapés, dont un couple de retraités de Lyon, sont héliportés depuis le lieu du drame vers l'hôpital de Béni-Mellal avant d'être hébergés dans un hôtel de la ville. "Nous sommes choqués. On veut rentrer en France, mais nous ne savons pas quand nous pourrons le faire", poursuit Etienne Ballot juste avant de partir dimanche de Beni-Mellal pour Marrakech en compagnie de sa femme et de deux autres compatriotes. Tous les quatre sont partis... en taxi, dans l'espoir de prendre un vol pour la France. Pour Etienne, il n'y a eu aucune imprudence ni de la part des randonneurs, ni de leur guide: "nous avions un très bon guide". Quand la situation a dégénéré, "il a pris la bonne décision d'aller chercher des secours. Il a fait vite. Il a été remarquable en faisant remonter des mulets. Merci à lui, et merci à la gendarmemerie marocaine", a-t-il poursuivi.
L'organisateur français de la randonnée, Michel Veyron, responsable des randonnées au Codaprs (Comité départemental activité physique retraite sportive) du Rhône, confirme: "tous les participants avaient l'habitude de marcher, avec 800, 1.000 mètres ou plus de dénivelé dans la journée. Ils savaient quels vêtements emporter, ils étaient tous préparés".
Photo d'ouverture : la chaîne de l'Atlas - DR
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