© TF1 GoodiesLe Conseil national pour l'accès aux origines personnelles (Cnaop), installé il y a trois ans lundi, mène ses travaux dans un climat "passionnel", car les personnes nées sous X, qui demandent un droit réel à la connaissance de leurs origines, estiment être victimes des partisans du secret.
Institué par la loi et installé le 12 septembre 2002, le Cnaop a pour mission d'aider des enfants abandonnés à la naissance à retrouver leurs parents biologiques, si leurs parents acceptent de communiquer leur identité et de les rencontrer. Trois ans après, "un centaine de rencontres" ont eu lieu, selon la secrétaire générale, la magistrate Marie-Christine Le Boursicot. "Il y a aussi 140 mères qui refusent de communiquer leur identité comme la loi leur en laisse la possibilité", ajoute-t-elle. "Un certain pourcentage de femmes refusent de rencontrer (leur enfant né sous X) mais acceptent d'échanger du courrier, sans communiquer leur identité, par l'intermédiaire du Cnaop", précise la magistrate. Au total, "on a 2.100 dossiers ouverts et on en a clôturé 1.057".
"Atmosphère passionnelle"
Au delà de ces résultats, le Cnaop "continue à fonctionner dans une atmosphère passionnelle (...) ce qui nuit à la sérénité de ces travaux", déplorait son rapport d'activité de février dernier. Dernière tension en date : huit associations pour le droit aux origines ont dénoncé "l'illégitimité des personnes supposées les représenter au sein du Cnaop" (qui compte 17 membres au total, nommés pour trois ans par le ministre de la Famille). Elles estiment que le Cnaop fait la part trop belle aux associations des familles adoptives : "C'est le lobbying des associations de parents adoptifs qui fait que l'on n'arrive pas à lever le secret. Ils ont peur que si l'on retrouve nos parents de naissance, on abandonne nos parents adoptifs", affirme Anne-Laure Cotte, porte-parole des huit associations.
L'une de ses associations, "les X en colère", revendique "la suppression de l'accouchement sous X et la reconnaissance du droit à la connaissance des origines comme un droit de l'homme à part entière". "Le Cnaop n'a pas encore eu de débat pour savoir s'il devait supprimer la possibilité d'accoucher dans le secret. Ce n'est pas à la secrétaire générale de le provoquer", se défend sa secrétaire générale. Au total, il y aurait en France 400.000 personnes nées sous X — "un chiffre qui n'est pas scientifique", tempère Marie-Christine Le Boursicot. "Le nombre d'accouchements sous X était encore de 10.000 par an juste après guerre, à une époque où il n'y avait ni IVG ni contraception", souligne-t-elle. Il serait aujourd'hui d'à peine 500 (pour 797.400 naissances en 2004).
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