Nouvelles évacuations d'immeubles

le 22 septembre 2005 à 10h08 , mis à jour le 22 septembre 2005 à 14h37

La préfecture a fait évacuer jeudi matin deux immeubles dangereux des XIe et IVe arrondissement de Paris. Un troisième immeuble aurait été évacué à Puteaux. A Clichy-sous-Bois, trois immeubles ont aussi été évacués jeudi. Ils étaient squattés par 28 familles.

evacuation puteaux 22 sept 05

Les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de plusieurs immeubles de la région parisienne, jeudi dans la matinée. Ainsi, deux immeubles de Paris et un autre à Puteaux ont été évacués jeudi matin car ils présentaient des risques élevés pour la sécurité des habitants, des risques d'incendie notamment. Trois autres bâtiments, à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, et un dernier à Ermont dans le Val d'Oise ont subi le même sort, mercredi et jeudi. Ils abritaient des squats, parfois insalubres.

A Paris, dans un hôtel situé 15 rue Popincourt dans le XIe arrondissement, deux familles ont été évacuées indique le communiqué sans préciser si elles ont été relogées. Selon le texte, "la commission de sécurité a constaté de nombreuses anomalies comportant des risques pour les occupants (installations électriques vétustes, sécurité incendie défaillante) et le bâtiment sur cour de quatre étages "n'est pas accessible aux secours".

Au 18 rue Geoffroy l'Angevin (IVe), le communiqué parle d'une "évacuation partielle" de six personnes dans un immeuble de six étages "particulièrement dangereux pour les occupants des logements donnant sur cour" car "les risques d'incendie y sont élevés et ces logements sont inaccessibles aux sapeurs-pompiers". La préfecture précise avoir "constaté le 19 septembre de graves désordres structurels", notamment l'effondrement de plafonds.

Péril imminent

L'immeuble de Puteaux dans les Hauts-de-Seine était squatté par 10 personnes. Il présentait selon la préfecture, d'importants risques d'effondrement et d'incendie. Selon une source policière, l'immeuble, situé 3 rue du four à Puteaux, a été évacué vers 6h, sans incident, en application d'un arrêté de péril imminent pris par le préfet des Hauts-de-Seine le 16 septembre dernier. Une famille de huit personnes a été relogée dès mercredi, et une autre famille de deux personnes est hébergée par la ville en attendant une solution pérenne.

A Clichy-sous-Bois, les trois immeubles squattés abritant 28 familles ont été évacués jeudi matin par les forces de l'ordre. "En application de 17 jugements rendus par le tribunal de grande instance de Bobigny, il a été procédé ce jour avec le concours de la force publique, à la demande du propriétaire, à l'éviction des occupants sans droit ni titre des logements sis 2-4, rue Jean-Moulin, 3 et 5 rue Romain Rolland et 9, allée du Rouailler à Clichy-sous-Bois", a précisé le préfet Jean-François Cordet.

Huit familles non relogées

La préfecture précise que "20 familles se sont vu proposer des solutions d'hébergements", les autres ne répondant pas "aux critères permettant d'instruire une demande de logement social (mauvaise foi, séjour irrégulier, absence de coopération avec le GIP Habitat et interventions sociales etc...)". Les immeubles concernés doivent être démolis tandis que seront construits 559 logements sociaux sur le territoire. Selon une militante du Droit au logement, l'évacuation s'est passée sans violence mais les solutions de relogement restent précaires.

La veille, à Ermont, un immeuble insalubre et dangereux squatté depuis plusieurs années par une vingtaine de personnes a été évacué sans incident, selon la préfecture. L'immeuble au 375 rue du général Leclerc abritait également "des enfants présentant un taux de plombémie très supérieur à la normale". Les occupants se sont vu proposer des hébergements d'urgence et devraient être relogés ultérieurement dans des "logements sociaux", a-t-on ajouté.

Des précédents à Paris

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures d'évacuation d'immeubles insalubres après deux incendies meurtriers en août dans des bâtiments vétustes dans les XIIIe et IIIe arrondissements de Paris (24 morts  dont 18 enfants). La police a déjà évacué le 16 septembre une trentaine de personnes d'origine africaine, dont une vingtaine d'enfants, qui vivaient dans un squat délabré et infesté de rats du XIXe arrondissement de Paris.

Le 2 septembre, deux autres squats de la capitale avaient été évacués au 4 rue de la Fraternité (XIXe) et au 26 rue de la Tombe-Issoire (XIVe). Un hôtel a également été évacué le 20 septembre à Grenoble. Ces expulsions ont été contestées par certaines associations et des partis  d'opposition qui ont souligné que ces méthodes ne permettaient pas de résoudre  le problème du logement des expulsés.

(Image : évacuation de l'immeuble de Puteaux - LCI)

D'après AFP

le 22 septembre 2005 à 10:08
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5 Commentaires

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  • Laurent, le 23/09/2005 à 12h15

    J'espere juste qu'un jour m sarkozy sera inquiete de sa procedure d'expulsion du centre de demandeurs d'asile de san gatte car il n'avait pas respecté la treve hivernale....

  • Alain, le 22/09/2005 à 22h15

    Delanoe est maire de Paris, comment se fait il que cela se passe sous ss yeux depuis des annees. Trop occupe a chercer les cameras de TV...

  • Johanna, le 22/09/2005 à 18h46

    Pour une fois que l'administration prend ses responsabilités avant qu'un autre accident mortel ne survienne... Je ne peux que m'en féliciter. Cependant, tout étant loin d'être idéal, j'espère que l'on trouvera repidement un logement digne de ce nom aux personnes évacuées, et aux autres qui attendent depuis des années.

  • Marc, le 22/09/2005 à 17h37

    Il est rare que je donne mon avis sur les forums, en général ce sont souvent des lieux d'"outrances", ... mais là bravo à Louis 94 dont le bon sens me ravi

  • Louis, le 22/09/2005 à 12h29

    Enfin des mesures concrètes destinées à protéger des VIES avant de protéger des "droits". On doit bien sûr reloger le plus vite possible les occupants de bonne foi et en situation régulière. Il est en effet indigne de notre pays, dont le Président semble plus s'occuper de la pauvreté ailleurs que de la détresse chez nous, de laisser ces personnes vivre dans des conditions insalubres voire dangereuses. Quant aux squatters, ou ils sont en situation régulière et relèvent de la détresse et ils doivent bénéficier immédiatement de la solidarité nationale ou cela n'est pas le cas et la loi doit leur être appliquée comme à tout le monde.

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