OGM : Bové et Mamère à la barre

le 20 septembre 2005 à 08h44 , mis à jour le 20 septembre 2005 à 09h03

La cour d'appel de Toulouse juge sur le fond, mardi et mercredi, neuf responsables politiques et syndicaux, dont José Bové et Noël Mamère, pour un fauchage de cultures OGM mené à Menville en Haute-Garonne.

mamere bové ogm © INTERNE

Deux cent trente personnes avaient revendiqué avoir fauché, le 25 juillet 2004, des cultures OGM à Menville en Haute-Garonne. Neuf d'entre elles, seulement, comparaissent ces mardi et mercredi devant la cour d'appel de Toulouse. Et, non les moindres : José Bové, le député Vert Noël Mamère, le député européen Vert Gérard Onesta, les élus municipaux toulousains François Simon (ex-PS) et Pierre Labeyrie (Verts), l'ancien secrétaire national des Verts, Gilles Lemaire, le conseiller régional d'Aquitaine (Verts) Michel Daverat, Jean-Baptiste Libouban, fondateur du mouvement des Faucheurs volontaires et un agriculteur Jean-Aimé Gravas.

Un rassemblement de soutien est prévu mardi matin devant le tribunal, avec notamment une prise de parole par Yann Wehrling, secrétaire national des Verts. Le 14 avril dernier, la cour d'appel de Toulouse avait suivi la demande du Parquet d'écarter 222 faucheurs volontaires d'OGM qui demandaient à être jugés avec les neuf responsables politiques et syndicaux poursuivis pour le fauchage de Menville. Cet arrêt annulait une décision du tribunal correctionnel de Toulouse du 8 novembre 2004, qui avait accepté de faire comparaître, avec les neuf premiers prévenus, ces 222 personnes qui, au nom de "l'action collective de désobéissance civique", s'étaient dénoncées dans plusieurs gendarmeries à la fin août.

"Terriblement myope"

"La justice est terriblement myope, très sélective, elle n'a vu que neuf personnes sur les photos", a ironisé Gérard Onesta dimanche sur France 3 Sud. "Le lobby OGM continue tranquillement ses ensemencements alors que les élus, les citoyens, le Conseil européen disent 'non'", a-t-il ajouté. La cour d'appel a décidé de se saisir directement du fond du dossier, une décision vivement contestée par les anti-OGM. La justice "prend des otages" "On nous a privés d'un degré de juridiction et il ne nous restera mercredi que la possibilité d'un recours, non suspensif, auprès de la Cour de cassation. C'est un nouvel exemple de la pression et des dérives anti-démocratiques du pouvoir, dont la main n'est pas loin derrière les juges", a indiqué Noël Mamère.

Mamère inquiet

La possibilité, évoquée en juillet par José Bové, de faire citer 222 témoins ou de faire venir chaque prévenu avec 10 comparants a été abandonnée. Moins de dix témoins seront cités. "Nous respectons le droit", a simplement indiqué Me Marie-Christine Etelin, rappelant toutefois que, tant à Riom qu'à Toulouse, la justice "prend des otages". Noël Mamère et Gérard Onesta ont renoncé à faire jouer leur immunité parlementaire: "J'ai agi en tant que député et nous considérons qu'il ne peut pas y avoir de faucheurs protégés et d'autres non protégés", a estimé M. Mamère.

Le député Vert s'est dit "inquiet" après le réquisitoire "très très dur, disproportionné par rapport aux actes commis", prononcé le 15 septembre à Riom (Puy-de-Dôme): des peines allant jusqu'à quatre mois d'emprisonnement ferme y ont été requises devant la cour d'appel contre six "faucheurs volontaires" après la destruction de parcelle de maïs transgénique à Marsat (Puy-de-Dôme), le 14 août 2004. L'arrêt a été mis en délibéré au 24 novembre. Noël Mamère y a vu "une volonté de criminaliser tout ce qui est de l'expression d'une critique de la société".

(Image d'archive : Noël mamère et José Bové)

le 20 septembre 2005 à 08:44
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16 Commentaires

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  • Jerome, le 20/09/2005 à 13h48

    L'un des deux champs contaenait un mais ou etait clone une proteine qui aurait ete utilisee dans le traitement de la mucoviscidose. Ces idiots de 'faucheurs' sont sans doute responsables de la mort de patients qui auraient pu etre sauve.

  • Man hue, le 20/09/2005 à 13h34

    Dan de laval a résumé en une phrase !!

  • Man hue, le 20/09/2005 à 13h32

    Détruire un champ ok c'est pas bien (vision manichéenne de la vie ) ... mais laisser des ogm à l'air libre et donc libres de se mêler aux cultures "naturelles" c'est bien ?? (je ne suis pas biologiste mais le pollen ça voyage avec le vent , il me semble) Les personnes qui ont fait le choix de cultiver des aliments naturels doivent-ils être obligés de mettre leurs champs sous serres pour ne pas être "contaminés" avec les OGM ? Ne serai -ce pas plus logique de faire l'inverse ?? ok le fauchage n'est pas une solution , mais la dissémination des ogm dans la nature n'en est pas une non plus ..

  • Marcel, le 20/09/2005 à 13h27

    Ces énergumènes sont prêts à tout pour occuper le devant de la scène. En parler autant que vous le faites est leur accorder beaucoup trop d'importance.

  • Philippe, le 20/09/2005 à 13h15

    Je suis contre l'avortement alors je dois fusiller toutes les femmes qui avortent ?? Non mais qu'est-ce que c'est que cet élu qui se croit au-dessus des lois ? En taule, et qu'il ne puisse plus se représenter. Il doit montrer l'exemple et c'est cet exemple qu'il donne ?? Bonjour l'image de la France. Le pire c'est qu'il n'en est pas à son coup d'essai. Il fait de la pub pour l'incivilité. Honteux.

  • Dan, le 20/09/2005 à 13h10

    A "stéphane de moselle"; et ceux qui plante des OGM ont-ils pensé aux conséquences éventuelles sur la nature environnante...??? et plus si affinité....

  • Christian, le 20/09/2005 à 12h37

    Actuellement les recherches sur les OGM sont menées non pas dans le but de rendre la plante naturellement plus résistante aux maladies, mais pour être résistantes aux pulvérisations. Pour pouvoir encore être plus dépendant de ces grosses multinationales de la pétrochimie. Ils ont acheté nos dirigeants pour faire leurs expériences en toute légalité. Mais c?est l?environnement de tout le monde qu?ils modifient et pas uniquement les quelques hectares de leurs labo. Selon vous, il n?est pas normal de détruire les champs d?essais ; mais les champs d?essais peuvent détruire l?environnement de tous.

  • William, le 20/09/2005 à 12h36

    À Chouffes de Versaille : José Bové n'a pas de ferme, c'est un « paysan sans terre » pour rester poli, car il n'a jamais travaillé la terre. Par contre, il a été formé à l'idéologie communiste, et a même suivi des stages de formation à la guérilla urbaine dans certains pays étrangers. Bref, un vulgaire agitateur d'extrême gauche quoi.

  • Franck, le 20/09/2005 à 11h14

    La question est simple : Qui veux des OGM en France ? Dans notre pays nous produisons encore des produits de qualité ; des produits avec le goût du vrai. Mais pour encore combien de temps ? Autre point important : Si les OGM étaient expérimentés en laboratoire avec des fonds d'Etat cela changerait bien la donne. Mais via des financements de sociétés privées, il sera très difficile d'avoir des rapports précis sur les études & les productions quand la machine fric ? en labour !

  • Will, le 20/09/2005 à 11h03

    5 ans de prison pour l'exemple, ou mieux encore : montant des pertes diviser par 2 et par le smic = nombres de mois de prisons. Et en prison enchaner a trier les boubelles de la colectivité pour le recyclage.

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