© RMCLundi matin, le Premier ministre s'est livré pendant une heure à un exercice inédit : répondre directement aux questions des auditeurs sans l'intermédiaire d'un journaliste. Visiblement heureux de dialoguer directement avec des Français, et n'hésitant pas à leur demander leur avis sur tel ou tel sujet, il a abordé différents sujets d'actualité avec la volonté de " répondre aux difficultés concrètes de la population ".
Sur le chômage, interrogé par un auditeur sur les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy sur un retour au plein emploi "en dix ans", le Premier ministre a estimé que c'était "un objectif réaliste" et qu'avec "un peu de chance et un peu de croissance, il n'y avait pas de raison d'attendre dix ans". Par ailleurs, Dominique de Villepin a annoncé que les "premiers chiffres de contrats nouvelle embauche signés seraient connus vers le 15-20 septembre", précisant que "les extrapolations actuelles montrent qu'il y en a plusieurs dizaines de milliers".
Le Premier ministre a estimé qu'il fallait "sanctionner très durement les employeurs" qui pratiquent la discrimination à l'embauche. "C'est un travail en profondeur que nous devons faire, il faut sanctionner très durement les employeurs qui discrimineraient et trouver le moyen d'incitation qui permettrait de mobiliser les entreprises pour qu'elles donnent des chances à chacun", a-t-il fait valoir.
L'ère de l'après-pétrole
Autre préoccupation récurrente chez les auditeurs, la flambée du prix de l'essence. Le Premier ministre a écarté toute idée de cagnotte : en effet, il a estimé que la hausse des prix ne se traduirait pas par une augmentation "considérable" du produit des taxes sur les carburants, en raison de la baisse de la consommation. Dominique de Villepin a fait valoir que si le montant de la TVA sur les carburants, taxe "assise sur les prix", augmentait dans le sillage de la hausse des prix à la pompe, celui de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), fonction des volumes consommés, devrait diminuer. Le Premier ministre s'était engagé en août à redistribuer les éventuelles recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des cours du pétrole.
Par ailleurs, le chef du gouvernement a justifié son refus de réinstaurer le mécanisme de la TIPP "flottante". Cela "aurait été un encouragement à maintenir la même consommation de pétrole" alors que "notre conviction c'est que nous devons rentrer dans l'ère de l'après pétrole", a-t-il déclaré. "Chacun d'entre nous doit intégrer dans son comportement ce changement et donc diminuer sa consommation", a-t-il insisté. Toutefois, le Premier ministre a annoncé que son gouvernement allait "apporter des réponses" au problème du pétrole cher pour les agriculteurs, marins pêcheurs et taxis.
Interrogé une nouvelle fois sur l'élection présidentielle, le Premier ministre a affirmé que ce scrutin " était d'abord la rencontre entre un homme et un peuple". Interrogé sur la volonté du président de l'UMP Nicolas Sarkozy de faire désigner par les militants le candidat pour 2007, D. de Villepin a indiqué que "comme gaulliste, sa conviction, c'est que l'élection c'est la rencontre entre un homme et un peuple". "Les partis ont un rôle à jouer pour l'expression des suffrages, mais dans le cadre de la présidentielle, c'est d'abord une rencontre", a-t-il insisté. Il a également affirmé que l'élection présidentielle de 2007 n'était pas dans son esprit, et qu'il ne se "pose pas" la question.
(Dominique de Villepin ce matin sur RMC/DR)
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