La police évacue des squats à Paris

le 02 septembre 2005 à 08h07 , mis à jour le 03 septembre 2005 à 14h54

La police a fait évacuer tôt vendredi matin deux squats à Paris, dans les XIXe et XIVe arrondissements. Ces immeubles abritaient près de 150 Africains.

evacuation squat paris

La police a pénétré vendredi à 7h30 dans un squat, 4 rue de la Fraternité à Paris (XIXe) afin d'en évacuer les personnes qui s'y trouvent. Ce squat d'un étage, installé dans une ancienne imprimerie, compte quelque 70 Africains, dont certains ont opposé un peu de résistance aux forces de l'ordre. Des CRS ont barré la rue à ses deux extrémités. Des CRS ont demandé aux occupants, dont quelques enfants, de sortir. Une jeune femme ivoirienne de 23 ans a menacé de "mettre le feu au quartier", ajoutant que c'était "scandaleux de faire une expulsion le jour de la rentrée". 

La police a aussi pénétré vers 08h00 dans un squat, 26 rue de la Tombe-Issoire à Paris (XIVe) afin d'en évacuer les personnes qui s'y trouvent. Une dizaine de personnes s'étaient massées devant la porte d'entrée, dont Jean Desessard, sénateur de Paris (Verts) et René Dutrey, président du groupe Verts au conseil de Paris, pour tenter de s'opposer à l'action des CRS.

Les rescapés de l'immeuble incendié du XIIIe arrondissement relogés

Selon la préfecture de police de Paris les habitants des deux immeubles sont des "occupants sans droit ni titre". Ces deux édifices "étaient connus des services de sécurité pour comporter des risques à l'occupation", a-t-elle fait valoir invoquant une "décision juridictionnelle prescrivant qu'il y soit mis un terme". "L'éxécution de cette décision de justice", a-t-elle affirmé, "a, jusqu'à présent, rencontré une inobservation persistante" et le "concours de la force publique a donc été accordé" par le préfet de police, Pierre Mutz, "pour la mettre en oeuvre". "L'inéxécution (de cette décision de justice) pouvait d'autant moins être plus longtemps tolérée que la sécurité des occupants était en cause", a ajouté la préfecture.

Nicolas Sarkozy avait déclaré mardi qu'il fallait fermer tous les squats et tous les immeubles insalubres, après l'incendie d'un immeuble occupé par des Africains, rue du Roi-Doré à Paris (IIIe), au cours duquel sept personnes avaient péri. Conformément au souhait du ministre de l’Intérieur, la préfecture de police avait annoncé mardi "l'évacuation des immeubles et des squats les plus dangereux". Cette décision avait provoqué une polémique avec l’équipe de Bertrand Delanoë. En effet, la ville de Paris avait souligné qu'elle "ne souhaite être associée en aucune façon aux décisions d'évacuations", dans un communiqué de Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris, chargé du logement.

Concernant les occupants d'un autre des immeubles incendiés au cours des deux dernières semaines, celui du boulevard Vincent-Auriol (XIIIe), Bertrand Delanoë a annoncé vendredi aux rescapés qu'ils dormiraient dès vendredi soir dans un nouvel appartement parisien, avant d'interpeller le gouvernement sur son attitude en matière de logement social. "En une semaine, on a réglé tous les problèmes", s'est félicité le maire de Paris en promettant : "Je suivrai ces familles. Mais il y a toutes les autres qui ont aussi droit à un logement social. Je voudrais faire plus. Il faut qu'avec un drame comme ça on comprenne que le problème, c'est l'action et la livraison de logements. Il faut qu'on nous épaule !"

Evacuation de squatters dans le Val-de-Marne

Une dizaine de Maliens squattant des logements sociaux départementaux à Villeneuve-le-Roi ont été expulsés vendredi en application d'une décision de justice, portant à plus de mille le nombre de squatters du Val-de-Marne expulsés depuis mi-juillet. Les principales évacuations et expulsions, entre le 15 juillet et le 15 août, ont concerné des immeubles expropriés et voués à la démolition sur la route nationale 305 à Vitry-sur-Seine. A Cachan, 650 Africains, pour la plupart sans papiers, vivent toujours dans un bâtiment vétuste d'une résidence universitaire. Le 14 avril 2004, le Centre régional des oeuvres universitaires et sociales (Crous), qui gère cette résidence, a obtenu l'autorisation du tribunal administratif de Melun de faire évacuer le bâtiment. Plutôt que de recourir à une évacuation massive, le Crous a essayé jusqu'à présent de faire évacuer progressivement les chambres d'étudiants, avec un accompagnement social au cas par cas.



Photo de Une : la police pénètre dans un des deux squats ce matin (LCI)

le 02 septembre 2005 à 08:07
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54 Commentaires

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  • Roland, le 02/09/2005 à 14h34

    Il ne devrait exister aucun squat! C'est aussi simple que ça. Que faire des gens? Les expulser quand ils sont en situation irrégulière. Pas compliqué!

  • Rémy, le 02/09/2005 à 14h11

    Concernant le devenir des enfants, il est certain que c'est triste ... Je ne comprends pas comment des familles sans revenus (ou faible) aient autant d'enfants, déjà que la classe moyenne hésite et attends le bon moment (stabilité emploie/couple/logement) pour en avoir... Une polémique enflerait si je donnais les raisons qui les poussent a en avoir. (ca sent la censure comme ce matin :))

  • Moimeme, le 02/09/2005 à 14h09

    Honteux !!! des logements vides alors que toute une population aurait besoin de ces apparts. pour y survivre ...lamentable ou va t'on metter ces familles?

  • Annita, le 02/09/2005 à 14h07

    L'évacuation des squats est une bonne chose, les gens sont choqués qu'on évacue des squatters (qui n'ont donc pas le droit d'habiter là), mais moi ce qui me choque, c'est la régularisation des sans papiers victimes des incendies

  • ., le 02/09/2005 à 14h04

    Le squat c'est bien quand c'est chez les autres , si vous avez des pièces de libres vous pouvez toujours les proposer ! Et si demain il y a ,à nouveau un incendie ,ces personnes seront à la rue quand même , et d'autres, qui ne seront plus ! La solution n'est pas simple !

  • Séb², le 02/09/2005 à 14h01

    En lisant les réactions, l'article sur "La France, le pays du NON" me revient en tête ! C'est flagrant, dès que quelqu'un bouge ou tente de trouver une solution, une grande partie des français hurle au scandale ! Il faudrait reprendre les bonnes idées des précédents posts et les classer dans le bon ordre pour résoudre au plus vite se problème comme: -Changer le droit régissant l'accès à la nationalité française, pour ne plus motiver à venir squatter en France, les étrangers qui ne veulent que toucher des aides; et en parallèle renvoyer les clandestins nouvellement arrivés chez eux. -Construire rapidement pour les malheureux qui sont déjà là depuis longtemps, des logement sociaux, sans pour autant recréer des cités. -Changer le droit du travail, pour ne plus permettre aux gens de toucher des aides sans jamais avoir travaillé ou chercher à travailler. -Reloger ces personnes et détruire les squats aux frais des propriétaires, afin de les responsabiliser aussi, car ils n'y sont pas pour rien non plus. A bien y réfléchir, il y a quand même un sacré boulot à abattre... PS: la France NE DOIT PLUS être un pays de LAXISTES, maintenant il faut agir.

  • Nico, le 02/09/2005 à 13h59

    Donnez leur des logements avant de les foutre à la rue ! et les gamins un jour de rentrée scolaire, c'est écoeurant ! bravo monsieur sarko pour votre gestion inhumaine, attention le karsher sarko nettoie les pauvres! il est mnistre depuis 3 ans non? il n'est pas étranger à toute cette misère, il fait partie des responsables ainsi que la plupart de ceux qui sont au gouvernement, bravo aux collectivités locales qui elles font tous leurs possibles malgré les moynes financiers inexistants de l'état!

  • Stephane, le 02/09/2005 à 13h49

    J'ai une solution. que tous ceux qui critiquent ces expulsions accueillent ces "squatteurs" chez eux, on verra si vous etes aussi solidaires que vous le dites messieurs les utopistes de gauche. montrez l'exemple.

  • Cédric, le 02/09/2005 à 13h44

    J'approuve cette action. Nous ne sommes pas un pays de non-droit. On ne squate pas comme ça.

  • Bonte, le 02/09/2005 à 13h32

    Ces fermetures d squatt sont inadmissible un jour de rentrée ....de plus pour ce squat en l'occurence tous etaient en situation REGULIERE avec des enfants scolarisés dans le quartier !! J'ai une question ...comment cela se fait il que l'on pouvait voir les caméras de TF1 et les micros de RTL alors que meme le maire de l'arrondissement n'etait meme pas au courant de l'operation qui allait se derouler dans son quartier ???? Mr Sarkozy vous me faites vomir tant votre dédain pour autrui et miserable, et dire que vous risquez d'etre president....miserable petit homme

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