
Des cris de joie ont retenti dans la salle d'audience à l'énoncé du verdict. Les huit jeunes jugés pour l'incendie d'un poste de police en septembre 2003 à Pau ont été acquittés vendredi par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques.
Le président de la cour Laurent Tignol a souligné que "ce résultat ne doit pas faire oublier que malheureusement un poste de police a été incendié et que malheureusement les coupables n'ont pas été retrouvés".
"Désaveu flagrant infligé à Nicolas Sarkozy"
Des peines allant de 6 à 12 ans de prison avaient été requises jeudi par l'avocat général, Erick Maurel, à l'encontre des jeunes accusés d'avoir incendié avec des cocktails molotov un poste de police à Pau en septembre 2003.
"Ce verdict est un désaveu flagrant infligé à Nicolas Sarkozy qui prétendait que les coupables seraient arrêtés dans un délai de trois mois. L'enquête fabriquée par les renseignements généraux n'était pas fiable", a indiqué à la presse Me Gilbert Collard, qui défendait deux des huit accusés, après le verdict.
"Cette enquête avait été menée afin d'offrir des coupables comme une espèce de publicité électorale", a-t-il poursuivi. "Il ne faut pas que les hommes politiques, quand une affaire judiciaire éclate, désignent des coupables à la vindicte ou donnent des ordres à l'enquête. Ce n'est pas possible, c'est inacceptable et c'est la démonstration de ce verdict", a-t-il ajouté.
L'avocat général avait estimé jeudi que cette attaque était "une atteinte fondamentale au fonctionnement de la société" qui allait "au-delà des violences urbaines". Les huit jeunes, âgés de 21 à 28 ans, avaient toujours clamé leur innocence. Dès l'ouverture des débats, les avocats de la défense avaient affirmé que "l'ombre de Sarkozy planait sur le dossier".
(La joie des familles à l'annonce du verdict/DR)
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