
"Un acte de folie", "certaines personnes ont perdu la raison". Vendredi matin, le directeur de cabinet de la préfecture de Corse-du-Sud à Ajaccio, interrogé sur LCI, paraissait ne pas encore croire à l'attaque dont a été victime la veille le préfet Pierre-René Lemas. Vers 19h45, une roquette a explosé dans un bureau du conseil général de la Corse-du-Sud, situé dans le même bâtiment que la préfecture, en plein centre ville. Le préfet et une standardiste se trouvaient à quelques mètres au moment de la déflagration. "J'ai la conviction que la préfecture était visée", a déclaré le préfet. Les premiers éléments de l'enquête semblent montrer que la roquette a été tirée dans l'axe de l'antenne de transmissions de la préfecture, au dessus du bureau du préfet. "Je ne peux pas m'empêcher de faire le lien avec le conflit social de la SNCM", a expliqué le préfet, ajoutant: "j'ai le sentiment qu'un certain nombre de gens essaient de le transformer en instrumentalisant sa dimension insulaire pour en faire une affaire corso-corse".
"Ce ne sont pas des symboles de l'Etat"
Le Président de la République et le Premier ministre ont tout deux condamné "avec la plus grande fermeté" l'attentat. "C'est inacceptable", a déclaré Dominique de Villepin. En déplacement à la Réunion, le ministre de l'Intérieur a qualifié d'"acte inadmissible" l'attentat et affirmé qu'il "ne laisserait pas dégénérer l'ordre public en Corse". Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de se rendre en Corse. "Ce n'est pas quelque chose que je dois faire à chaud", a-t-il dit. Mais il a indiqué qu'il allait "écourter" de quelques heures son voyage à La Réunion, "pour pouvoir être à (son) bureau" dès la nuit prochaine.
"J'aime la République, j'aime la Corse et j'aime les Corses", a lancé pour sa part Pierre-René Lemas "à ceux, et en particulier à celui qui, devant l'Assemblée de Corse a dit aujourd'hui que je n'aimais ni la Corse, ni les Corses". Le préfet, qui s'estime la cible d'une "dénonciation publique", visait ainsi l'élu nationaliste Edmond Simeoni, qui l'avait rendu responsable quelques heures plus tôt dans l'hémicycle de l'Assemblée de Corse, de ce qu'il considère comme une "trahison" de l'Etat : l'assaut, mercredi, du GIGN sur le Pascal Paoli.
La roquette qui a dévasté un bureau de la comptabilité du conseil général "aurait pu tomber dans le cours Napoléon", s'est révolté le préfet, en référence à l'artère principale d'Ajaccio, où les terrasses des cafés sont très fréquentées à cette heure. "Un quart d'heure avant le tir, ma femme se promenait dans ce jardin, il aurait pu y avoir mes enfants, du personnel de la préfecture... Ce ne sont pas des symboles de l'Etat, ça", a-t-il lâché, la voix nouée.
D.S. avec AFP
(Près des lieux de l'explosion à Ajaccio jeudi soir/DR)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




