© INTERNELe seul fait de mentionner son nom renvoie à la bruyante polémique du printemps 2001. Sur fond de guerre ouverte entre policiers et magistrats, Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait été contraint d'évoquer à l'Assemblée nationale la "dramatique erreur d'appréciation" du juge qui avait décidé de libérer "le Chinois" après deux années de détention préventive suite à un braquage au Printemps, la célèbre boutique parisienne.
Né à Saïgon (Vietnam) il y a 53 ans, Bonnal aura passé pas loin de 30 ans derrière les barreaux. La cour d'assises du Val-de-Marne se penche mardi - et jusqu'au 30 septembre- , sur le parcours de ce braqueur multirécidiviste accusé de deux séries de meurtres commis en 2001 en région parisienne, un quadruple homicide à Athis-Mons et deux policiers tués lors d'un cambriolage au Plessis-Trévise. Six meurtres rendus possibles par la libération tant décriée du "Chinois", quelques mois plus tôt, en décembre 2000.
La première affaire qui sera examinée par la cour remonte à la soirée du 6 octobre 2001. Un couple de quadragénaires propriétaires du bar-tabac Le Fontenoy à Athis-Mons (Essonne), une serveuse de 24 ans et une femme de ménage de 38 ans sont tués d'une balle dans la tête par trois hommes venus cambrioler l'établissement. La fille des propriétaires, âgée de 9 ans, réussit à échapper à l'attention des agresseurs pour donner l'alerte. Son témoignage permet aux enquêteurs d'interpeller Hakim Bouhassoune, Brahim Titi et Jean-Claude Bonnal dans des hôtels du Val-de-Marne Le premier reconnaît la participation à l'agression en compagnie de Bonnal et Titi qui, eux, nient.
Trahi par son ADN
Les arrestations dans cette affaire permettent rapidement la mise en cause de Bonnal et Titi dans un autre crime commis quelques jours après dans le Val-de-Marne. Le 16 octobre 2001 au petit matin, un couple du Plessis-Trévise et leurs deux enfants d'une vingtaine d'années sont ligotés dans leur pavillon par cinq hommes qui recherchent des bijoux. Appelés discrètement par une nièce, dont les cambrioleurs ignorent la présence, des policiers arrivent rapidement sur les lieux. Au cours d'une fusillade, deux policiers seront tués et un troisième blessé.
Les hommes de la police scientifique parviendront à identifier l'empreinte génétique de Brahim Titi sur une cagoule laissée sur les lieux tandis que l'ADN de Jean-Claude Bonnal sera relevé par son empreinte présente sur un gant retrouvé également sur les lieux.
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