Profs sur le tard (1/3)

Par , le 05 septembre 2005 à 07h00 , mis à jour le 02 septembre 2005 à 18h10

Ils étaient informaticien, pilote de ligne ou femme de ménage et ont décidé de devenir enseignants. L'Education nationale commence à ouvrir ses portes à ces "profils atypiques". A l'occasion de la rentrée scolaire, tf1.fr vous propose une série sur l'enseignement.

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Le ministre de l’Education nationale a réaffirmé la semaine dernière sa volonté d’élargir le recrutement des enseignants aux salariés du public ou du privé en quête de reconversion. Chaque année, entre 1000 et 2000 personnes au « profil atypique » rejoignent les rangs des IUFM (institut de formation des enseignements) mais ce chiffre reste stable. Pourtant l’attente est grande et les trois académies qui ont mis en place des modules adaptés à cette population (Lyon, Orléans et Nice) enregistrent beaucoup plus de demandes que de places disponibles. Horaires plus souples, envie de transmettre des connaissances, les motivations des reconversions sont variés. Dans un geste d’ouverture, le gouvernement a adopté à la mi-juillet un décret qui lève l’exigence d’un diplôme bac+3 pour intégrer un IUFM.

L'IUFM de Nice a mis en place à la rentrée 2005 une formation destinée aux salariés en mal de reconversion mais aussi aux chômeurs et aux Rmistes. Gilbert Castelli est responsable de l’IUFM de l’académie de Nice.

tf1.fr : Quel est le principe du dispositif d’aide à la reconversion que vous mettez en place à la rentrée 2005 ?

Gilbert Castelli : Nous nous étions aperçu qu’une demande existait de la part des salariés et des demandeurs d’emploi et nos formations ne convenaient pas à leurs attentes, ni dans le contenu ni les horaires. Depuis deux ans, l’IUFM de Lyon propose des dispositifs adaptés aux personnes qui veulent se reconvertir dans l’enseignement et nous nous en sommes inspirés : les cours auront lieu le soir et le samedi matin. Au total, ils auront 200 heures de formation et un stage en école qu’ils pourront effectuer sur leurs congés.

tf1.fr : Ces formations ne s’adressent pas seulement aux salariés mais aussi aux chômeurs. 

Gilbert Castelli : En effet, nous avons voulu mettre l’accent sur les demandeurs d’emploi et les Rmistes. Sur les 366 dossiers de candidatures que nous avons reçu, nous en avons sélectionné 102 dont 34 demandeurs d’emploi, 7 Rmistes et 61 salariés. Nous avons souhaité travailler avec la région Paca, les conseils généraux et l’ANPE pour que ces reconversions concernent également ceux qui n’ont pas d’activité. La région nous a donné 20 000 euros, les départements doivent également participer au financement et l’ANPE propose notre formation. Ces partenariats nous permettent d’avoir des frais de scolarité beaucoup moins important que ceux des autres IUFM (199 euros), ce qui peut être décisif pour les chômeurs et Rmistes.

tf1.fr : Quel est le profil de ces élèves enseignants et quelles sont leurs motivations ?

Gilbert Castelli : Le plus jeune a 29 ans, le plus âgé 47 ans et la moyenne d’âge est de 35 ans. Il y a à peu près 80% de femmes. Les profils sont très différents : nous avons une pilote de ligne- qui risque de perdre de l’argent si elle réussit le concours- et une femme de ménage qui, toute seule, a passé un Deug puis une licence et maintenant veut enseigner. Tous ont véritable attrait pour l’enseignement, ensuite, il s’agit d’un choix de vie, des cadres qui veulent changer de rythme de vie, des mères de famille qui veulent retrouver un travail, des salariés en rupture avec les valeurs de l’entreprise ou bien qui veulent anticiper un plan social.

Demain, "Les écoles pas comme les autres"

Par Sophie Lutrand le 05 septembre 2005 à 07:00
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10 Commentaires

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  • Linda, le 06/09/2005 à 15h32

    Je travaille auprès de personne agée et handicapées,moi l'école m'a appris mais je ne regrette pas l'internat et les stages en alternance;cela dit:l'experience est valide pour ces personnes qui ont du"faire" un choix.

  • Hervé, le 06/09/2005 à 13h15

    C'est amusant on ne dit pas aux nouveaux enseignants qu'ils vont partir en zone de combat au début de leur nouvelle carrière et que leur soif de transmettre leur savoir va vite se confronter à un système qui excuse et encourage le moindre effort. Chers nouveaux collègues bonne chance car apprendre n'est pas une finalité ni une motivation pour l'élève dans de nombreux établissements. Aujourd'hui on gère du flux (80% d'uen classe d'âge au bac) peu importe la qualité hélas. Mais ça c'est la belle surprise du terrain :):)

  • Eliot, le 06/09/2005 à 12h32

    Tout à fait d'accord avec Laurent Hourtin de Paris, sans compter avec les classes en zones difficiles que l'on baptise pudiquement ZEP pour ne pas appeler un chat un chat. Dans ces endroits enseigner tient du miracle. Les élèves sont pour la plupart des cas sociaux pour qui le prof est un représentant de l'autorité, donc une figure à abattre. De plus les indemnités ZEP sont ridicules (de l'ordre de 80 euros par mois pour faire assistant social, flic, psychologue etc...). On ne choisi pas un métier pour les "vacances" mais pour s'épanouir et l'enseignant doit faire face à des élèves de plus en plus ingérables en matière de discipline pour des salaires peu motivants. Enfin, le travail ne peut être jugé en termes quantitatifs (allusion aux 18 heures horaires de l'enseignant) mais en termes qualitatifs. 1 heure devant une classe difficile en vaut bien plus en terme de stress que dans un bureau par exemple...

  • Christian, le 05/09/2005 à 18h26

    Les cadres tels que les informaticiens peuvent apporter leurs experiences, connaissances, et realité du monde du travail, il serait excellent des les voir enseigner, cela serait un plus enorme dans la monde enseignant. J'avoue que ce me plairait bien d'enseigner mon savoir faire, seule la grosse baisse de salaire m'enpeche de franchir le pas, mais qui sait un jour peut etre...

  • Lulu, le 05/09/2005 à 17h34

    Je suis moi même issue du privé et je travaille depuis 10 ans dans l'éducation nationale . j'aurais trois réflexions par rapport à votre reportage : - comment ne pas considérer que l'on dévalorise la profession en faisant "sauter" l'exigence d'un bac plus trois pour pouvoir concourir? - la profession d'enseignant ne peut être un remède aux problèmes professionnels : elle exige des dispositions particulières qui justement nécessitent d'être bien dans sa peau - enfin tous ces braves gens risquent bien d'être décus s'ils s'attendent à une vie pépère...je suis d'ailleurs en train de faire une reconversion pour retourner travailler dans le privé tellement je suis épuisée......je n'étais pas aussi fatiguée avec mes 45 heures de travail dans le privé!

  • Laurent Hourtin, le 05/09/2005 à 14h44

    Ca a été mon parcours, mais pas longtemps. Les salaires sont ridicules dans l'éducation nationale, la charge de travail les deux premières années est gigantesque (cours à rédiger, feuilles d'exos et corrigés à concevoir, etc..). De plus en faisant sérieusement le boulot (un devoir et une interro toutes les trois semaines), la correction des copies (entre 100 et 120 par semaine selon le nombre de classes) monopolise deux week-ends sur trois. Sans compter la responsabilité du futur des élèves de trois ou quatre classes (100 à 120 personnes). Les vacances sont le seul avantage, mais toujours en période haute donc tarifs plein pot partout ((avion, skis, locations, etc...) Tout bien pesé je suis reparti dans le privé, je gagne deux fois plus, je ne me ronge plus les sangs pour mes élèves, j'ai des rtt, des miles, etc... et je suis mieux considérré. Vraiment, je ne vois pas l'intérêt d'être prof de nos jours... Il faut vraiment avoir la vocation, c'est un sacerdoce...

  • Mahen, le 05/09/2005 à 14h38

    Mes meilleurs profs venait du 'civil', (ingénieurs ou autre), illustraient leurs cours par du vécu ou des anecdotes, et savaient nous interesser , en nous montrant l'utilité de ce qu'on aprenait. De plus ils se plaignaient moins et étaient plus dynamiques, plus large d'esprit. C'est une très bonne chose..

  • Valentin, le 05/09/2005 à 12h34

    Une tres bonne initiative en France. Ici en Angleterre, cette methode est tres largement employee, et permet aux enseignants d'etre beaucoup plus productifs car l'experience en entreprise auparavant, permet d'avoir une meilleure apprehension sur le fonctionnement de la societe, et de pouvoir gerer des situations delicates, meme si l'on doit pouvoir s'adapter a la psychologie d'enfants et ados.

  • Christophe, le 05/09/2005 à 12h32

    Comme souvent un enseignant ne connait strictement rien du monde professionnel, qu'il s'agisse du monde industriel ou des services, ou qu'il s'agisse de la compétitivité, des règles économiques et de la rentabilité. Si ca peut permettre aux élèves d'etre mieux armés pour faire face au monde du travail, ça n'en sera que plus bénéfique pour eux. Ce sera sans doute déja moins théorique comme apprentissage et l'experience acquise par des vrais professionnels ne peut que valoriser les connaissances des élèves.

  • Mat, le 05/09/2005 à 09h24

    Si ca peux preparer les eleves un peu plus au monde professionnel que maintenant c'est pas plus mal...

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