
Le ministre de l’Education nationale a réaffirmé la semaine dernière sa volonté d’élargir le recrutement des enseignants aux salariés du public ou du privé en quête de reconversion. Chaque année, entre 1000 et 2000 personnes au « profil atypique » rejoignent les rangs des IUFM (institut de formation des enseignements) mais ce chiffre reste stable. Pourtant l’attente est grande et les trois académies qui ont mis en place des modules adaptés à cette population (Lyon, Orléans et Nice) enregistrent beaucoup plus de demandes que de places disponibles. Horaires plus souples, envie de transmettre des connaissances, les motivations des reconversions sont variés. Dans un geste d’ouverture, le gouvernement a adopté à la mi-juillet un décret qui lève l’exigence d’un diplôme bac+3 pour intégrer un IUFM.
L'IUFM de Nice a mis en place à la rentrée 2005 une formation destinée aux salariés en mal de reconversion mais aussi aux chômeurs et aux Rmistes. Gilbert Castelli est responsable de l’IUFM de l’académie de Nice.
tf1.fr : Quel est le principe du dispositif d’aide à la reconversion que vous mettez en place à la rentrée 2005 ?
Gilbert Castelli : Nous nous étions aperçu qu’une demande existait de la part des salariés et des demandeurs d’emploi et nos formations ne convenaient pas à leurs attentes, ni dans le contenu ni les horaires. Depuis deux ans, l’IUFM de Lyon propose des dispositifs adaptés aux personnes qui veulent se reconvertir dans l’enseignement et nous nous en sommes inspirés : les cours auront lieu le soir et le samedi matin. Au total, ils auront 200 heures de formation et un stage en école qu’ils pourront effectuer sur leurs congés.
tf1.fr : Ces formations ne s’adressent pas seulement aux salariés mais aussi aux chômeurs.
Gilbert Castelli : En effet, nous avons voulu mettre l’accent sur les demandeurs d’emploi et les Rmistes. Sur les 366 dossiers de candidatures que nous avons reçu, nous en avons sélectionné 102 dont 34 demandeurs d’emploi, 7 Rmistes et 61 salariés. Nous avons souhaité travailler avec la région Paca, les conseils généraux et l’ANPE pour que ces reconversions concernent également ceux qui n’ont pas d’activité. La région nous a donné 20 000 euros, les départements doivent également participer au financement et l’ANPE propose notre formation. Ces partenariats nous permettent d’avoir des frais de scolarité beaucoup moins important que ceux des autres IUFM (199 euros), ce qui peut être décisif pour les chômeurs et Rmistes.
tf1.fr : Quel est le profil de ces élèves enseignants et quelles sont leurs motivations ?
Gilbert Castelli : Le plus jeune a 29 ans, le plus âgé 47 ans et la moyenne d’âge est de 35 ans. Il y a à peu près 80% de femmes. Les profils sont très différents : nous avons une pilote de ligne- qui risque de perdre de l’argent si elle réussit le concours- et une femme de ménage qui, toute seule, a passé un Deug puis une licence et maintenant veut enseigner. Tous ont véritable attrait pour l’enseignement, ensuite, il s’agit d’un choix de vie, des cadres qui veulent changer de rythme de vie, des mères de famille qui veulent retrouver un travail, des salariés en rupture avec les valeurs de l’entreprise ou bien qui veulent anticiper un plan social.
Demain, "Les écoles pas comme les autres"
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