
L'UMP a salué jeudi la "lucidité et le pragmatisme" de Dominique de Villepin dont le discours constitue, assure-t-il, une "feuille de route concrète et ambitieuse" pour l'action gouvernementale. Dans un communiqué, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, se félicite des mesures "simples et justes" annoncée par le Premier ministre pour "apporter des réponses aux problèmes quotidiens des Français sur le pouvoir d'achat, le logement ou l'augmentation des cours du pétrole".
François Sauvadet, porte-parole de l'UDF, s'est interrogé jeudi sur le financement des mesures annoncées par le Premier ministre, doutant en outre qu'elles soient "de nature à rassurer les Français". "Il y a sans doute beaucoup de bonne volonté du Premier ministre, mais j'ai le sentiment que les Français risquent de se perdre dans cette multitude de mesures", a déclaré M. Sauvadet. "Je ne suis pas sr que ces mesures soient de nature à rassurer les Français", a-t-il ajouté. M. Sauvadet a souligné que des points "restent en suspens", notamment sur "leur financement". "On a un déficit abyssal, pour lequel il faut que nous nous engagions dans une meilleure efficacité de notre Etat", a-t-il estimé.
La réforme de l'impôt sur le revenu annoncée jeudi matin par le Premier ministre est une mesure "pour privilégier les plus hauts revenus", selon Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, qui s'exprimait jeudi au nom du PS à Nantes. "Le gouvernement annonce une réforme de l'impôt sur le revenu pour privilégier les plus hauts revenus, les revenus les plus aisés", a considéré jeudi M. Ayrault à l'issue de l'intervention de Dominique de Villepin, "ça fait 3,5 milliards d'euros d'économie pour les catégories les plus aisées". Il a salué l'augmentation de la prime pour l'emploi "même si elle arrive tardivement", mais a relevé que "c'est 500 millions d'euros pour 8,8 millions de familles de salariés concernés", contre 3,5 milliards pour la réforme de l'impôt. "Derrière cette réforme fiscale, c'est la réforme de l'impôt sur la fortune" qui se prépare, a-t-il estimé.
Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, a qualifié les orientations présentées jeudi par Dominique de Villepin de "mesurettes" et estimé que le Premier ministre "parade et pérore". "La France est en panne. Les prix dérapent, l'essence grimpe, les loyers flambent, le nombre des faillites explose, le pouvoir d'achat implose alors même que le Premier Ministre parade et pérore", déclare M. de Villiers dans un communiqué.
Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) a critiqué les mesures annoncées jeudi par Dominique de Villepin tant sur la fiscalité que sur l'emploi, ironisant sur un Premier ministre qui "essaie, non sans habileté, d'assurer le service après-vente de la mondialisation". Certaines des mesures annoncées "sont indécentes dans le contexte de la crise économique et sociale", affirme dans un communiqué le premier secrétaire du MRC Georges Sarre, pour qui aussi l'augmentation de la Prime pour l'emploi "relève d'une substitution de l'Etat aux entreprises".
Le syndicat Force ouvrière (FO) a rebaptisé jeudi la "croissance sociale" visée par le Premier ministre en "volontarisme libéral incompatible avec le modèle républicain", appelant à "amplifier la mobilisation" pour "revendiquer plus de salaire et moins de précaires". "Plutôt que de croissance sociale", évoquée par Dominique de Villepin comme le cap fixé à son action, "il faut aujourd'hui parler de volontarisme libéral incompatible avec le modèle républicain", affirme FO dans un communiqué. "Pour les travailleurs, c'est la flexibilité et la précarité croissantes qui risquent de l'emporter", estime le syndicat de Jean-Claude Mailly.
Les mesures annoncées jeudi par Dominique de Villepin sont autant de "cadeaux faits aux plus riches", a estimé le secrétaire confédéral de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou. "Un catalogue de La Redoute ne fait pas une politique mais on est très loin de ce qu'on pouvait attendre. Quand on parle de catégories moyennes, de la transmission de patrimoine, de la taxation des plus-values, des tranches les plus élevées de l'impôt sur le revenu et du plafonnement de l'ISF, j'ai le sentiment qu'on parle à quelques centaines de milliers de ménages français parmi les plus riches. On est très loin d'une priorité fiscale au social", a-t-il dit sur LCI.
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