"Provocation", "propos inadmissibles et outranciers", "scandaleux" : le moins que l'on puisse dire est que les syndicats d'enseignants ont peu goûté la petite phrase de leur ministre de tutelle prononcée quelques jours seulement après la rentrée scolaire.
Gilles de Robien, le ministre de l'Education nationale, avait insisté, jeudi, sur l'importance de la possibilité de choix entre enseignement public et privé. Pour lui, l'enseignement privé catholique ne constitue pas un "refuge" mais permettait au contraire d'exercer un choix. "Avoir ce choix est une liberté de plus qu'offre l'enseignement privé, une chance à portée de main à saisir ou non. Il faut donc donner une égalité de moyens à l'enseignement public et privé pour que ce choix puisse s'exercer. Le privé, c'est aussi l'Education nationale, l'école de la République", a-t-il ajouté. Des propos insupportables pour bon nombre d'enseignants et de syndicats, d'autant qu'ils ont été prononcés sur la station catholique Radio Notre-Dame.
"L'école de la République, c'est l'école laïque"
"C'est inadmissible qu'un ministre de la République oublie que l'enseignement catholique, qui par essence n'est pas laïque, ne peut être considéré comme l'école de la République", s'emporte le président de la FCPE, pour qui le ministre "veut rallumer la guerre scolaire". "Qu'un ministre reconnaisse l'enseignement privé, c'est la moindre des choses mais de là à faire l'apologie d'une école confessionnelle particulière est pour le moins scandaleux", considère le Syndicat général de l'Education nationale (Sgen-CFDT) et le Syndicat des enseignants (SE-Unsa). Du côté de FO, on rappelle que "le privé, ce n'est pas l'école de la République, l'école de la République, c'est l'école laïque".







