
Nicolas Sarkozy veut garder son sang-froid. Il a ainsi estimé que "le meilleur panel" pour lui était sa "journée" à La Réunion, "les adhésions" à l'UMP, "les meetings pleins", en commentant un sondage dans lequel il est devancé par le Premier ministre Dominique de Villepin. "Une perte de six points, ce n'est pas significatif, ce qui compte ce sont les tendances lourdes", a répondu le ministre de l'Intérieur à la presse, qui l'invitait à commenter les chiffres du sondage TNS-Sofres-Figaro magazine.
En effet, c'est une première. Dominique de Villepin devance son rival potentiel de 2007, Nicolas Sarkozy, qui perd ainsi le leadership à droite, dans le palmarès TNS-Sofres de popularité, à paraître samedi dans Le Figaro Magazine. S'il reste stable à 48% dans la "cote d'avenir" publiée chaque mois dans l'hebdomadaire, le Premier ministre passe mécaniquement devant le numéro deux du gouvernement, ce dernier accusant une chute de six points à 47%.
Autre motif de satisfaction pour le chef du gouvernement, il se retrouve en tête de toutes les personnalités politiques, droite et gauche confondues. En termes de "cote de confiance", il gagne deux points à 44%. Les mécontents progressent toutefois eux aussi (49%, +1).
Une autre enquête d'opinion, celle-là de l'Ifop, publiée le 8 septembre par Paris-Match, plaçait déjà Dominique de Villepin (62%) juste devant Nicolas Sarkozy (61%), même si dans l'éventualité d'un duel entre les deux hommes, les personnes interrogées disaient préférer le président de l'UMP au Premier ministre (51% contre 42%).
"Le manque de courage"
Pour l'analyste François Miquet-Marty (Louis-Harris), les résultats de la Sofres sont "ennuyeux" pour Nicolas Sarkozy, qui "paie certainement la rançon de son repositionnement droitier auprès de l'électorat du centre-droit". "Il donne dans la surenchère et ça le dessert (...) Il se trouve dans la situation ambivalente d'être au charbon, en étant dans le gouvernement, tout en critiquant le contremaître", a-t-il déclaré à l'AFP.
Nicolas Sarkozy, absent des trois dernières conférences de presse de Dominique de Villepin, a semblé entretenir jeudi un dialogue à distance avec le Premier ministre depuis La Réunion, où il est en déplacement, en décochant une nouvelle flèche. Fustigeant le "conformisme ambiant", "l'immobilisme" et le "manque de courage", il a lancé : "la France de demain, je la vois debout et non à genoux".
(D'après AFP)
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