
"La loi de 1905 est une bonne loi", a affirmé Nicolas Sarkozy, à l'ouverture d'un colloque organisé par l'Académie des sciences morales et politiques pour le centenaire de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais, a-t-il ajouté, elle a "été adoptée dans un climat de combat, alors qu'un siècle plus tard, nous sommes dans un climat d'apaisement", de la société civile face à la question des religions. Conclusion, selon le ministre : "Si un texte est aussi fort qu'on le dit, il peut supporter un toilettage".
Les textes "peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux", assure-t-il, jugeant que "jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est senti autant ministre des cultes".
"Aujourd'hui, l'instituteur est souvent seul"
Nicolas Sarkozy a critiqué l'attitude d'un ancien ministre qu'il n'a pas nommé (Michel Charasse) qui, "au nom de la loi de 1905, avait refusé de pénétrer dans une église". "Baliverne, erreur fatale, contresens parfait, c'était ne rien avoir compris à la laïcité à la française", a commenté l'hôte de la place Beauvau, revendiquant n'avoir "pas cette vision de combat d'une laïcité sectaire qui viserait à protéger la société civile" des religions.
Iil y a un siècle, la France était celle des campagnes, il y avait les instituteurs et le curé, on allait à la communale et après au catéchisme, aujourd'hui, c'est celle des banlieues, il y a toujours ", regrette Nicolas Sarkozy.
Sous le regard de Pierre Joxe qui avait lancé le processus au début des années 1990, le ministre a défendu l'existence du Conseil français du culte musulman. Mais "il faut aller encore plus loin et cesser l'hypocrisie", a-t-il poursuivi, pour "séparer l'islam de France des influences étrangères : donnons leur (aux musulmans) les moyens d'avoir leur indépendance".
Photo : Nicolas Sarkozy, le 19 septembre à Paris (AFP).
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