
L'affaire Patrick Trémeau, survenant quelques jours après l'affaire Jean-Luc Cayez, a marqué les esprits. Tous deux condamnés par le passé pour viols, ils ont été arrêtés pour avoir agressé à nouveau de jeunes femmes. Patrick Trémeau, sorti de prison en mai après avoir purgé dix ans, est soupçonné d'avoir violé trois jeunes femmes entre juin et septembre. Jean-Luc Cayez doit répondre du viol et du meurtre d'une jeune femme habitant son immeuble. Et les appels à durcir la loi se multiplient. La loi anti-récidive, qui doit être présentée à la mi-octobre, en fournit l'occasion.
Après Pascal Clément, qui a annoncé lundi soir qu'il voulait introduire la rétroactivité du port du bracelet électronique pour les délinquants sexuels, Nicolas Sarkozy a émis à son tour mardi le souhait que "le suivi médicamenteux" des violeurs récidivistes puisse leur être "imposé" par ce même texte. "Ecoutez ! Si on attend de ces individus qu'ils soient volontaires pour se soigner, on peut attendre longtemps", a dit le ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait devant 1.800 gendarmes et policiers au Palais des Congrès à Paris.
Avis aux "professionnels de la protestation"
Nicolas Sarkozy a aussi souhaité que la loi "pose la question de la rétroactivité du suivi socio-judiciaire pour les multirécidivistes condamnés avant juin 1998, comme c'est le cas dans l'affaire du violeur des parkings parisiens". Selon lui, il faut "sortir des tabous concernant le suivi médicamenteux de ces individus qui ne contrôlent pas leurs pulsions". Un amendement sénatorial prévoit déjà ce type de traitement ; mais il suppose le volontariat du condamné. Nicolas Sarkozy veut aussi que la loi fasse en sorte que "le contrôle des délinquants sexuels récidivistes s'exerce non pas une fois par an" et se fasse "au lieu de résidence" et "que l'on empêche systématiquement à sa sortie de prison le retour de l'agresseur sur les lieux de ses crimes".
La question de la récidive, "j'ai été le premier à en parler et depuis, mon Dieu !, que de drames !", a dit Nicolas Sarkozy qui s'en est pris aux "professionnels de la protestation", citant le Syndicat de la magistrature. "Les droits de l'Homme ne sont pas seulement les droits des délinquants et des criminels. Ce sont aussi les droits des victimes", a-t-il dit, expliquant qu'il avait "bien l'intention de faire (de la récidive) un combat qu'(il) mènerait devant l'opinion publique". Et d'asséner : "Nous disposons désormais des outils techniques qui nous permettraient d'y remédier mais pour des raisons de protection des libertés individuelles et de confidentialité on en a limité la portée. Je regrette ces limitations".
Dans la lutte contre le trafic de drogue, "la loi de 1970, je l'ai déjà dit, je le pense toujours, est inadaptée", a également déclaré Nicolas Sarkozy devant les 1.800 policiers et gendarmes. "Elle a été conçue pour réprimer le trafic de drogues dures et rares. Elle n'est pas faite pour lutter efficacement contre un phénomène de consommation massive et contre les réseaux qui l'alimentent. Je propose de la réformer". Lors de son premier passage au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait souhaité réformer la loi de 1970 mais cela avait finalement été abandonné. Ce texte avait été conçu pour lutter contre la consommation d'héroïne. Le gouvernement a fait de la lutte contre la consommation de cannabis une priorité. Drogues : réformer la loi de 1970
Photo d'ouverture : le discours de Nicolas Sarkozy - DR
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