
Ses voisins du domaine de Gerville à Soisy-sur-Seine le trouvaient "tellement serviable". Le gardien d'immeuble a reconnu mercredi le viol et le meurtre d'Audrey, une jeune femme de 24 ans habitant le domaine. Le corps de l'étudiante avait été retrouvé dénudé sous un lit par sa mère, dans la nuit de vendredi à samedi. Inquiète de ne pas parvenir à joindre sa fille depuis mardi, la mère vivant en province avait même demandé l'aide du gardien pour la retrouver.
Jean-Luc Cayez, violeur récidiviste, a été mis en examen jeudi par la juge d'instruction Catherine Larmignat pour "séquestration aggravée, viol, actes de barbarie en récidive, homicide volontaire accompagné d'autre crime" et incarcéré. L'homme de 48 ans présente "une personnalité complexe et très inquiétante", selon le procureur de la République d'Evry, Jean-François Pascal. Il a lui-même complété le scénario du crime durant sa garde à vue.
"Des Cayez, il y en a plein les prisons..."
En fin d'après-midi mardi 13 septembre, Cayez masqué et armé d'un fusil à canon scié se rend dans l'appartement qu'occupe Audrey au deuxième étage de son immeuble. Il l'oblige à descendre dans la loge, la neutralise, la soumet à des sévices sexuels jusqu'au lendemain. Puis il étrangle sa victime et profite de la nuit de mercredi à jeudi pour déposer le corps sous le lit de l'étudiante.
Le meurtrier présumé avait déjà été emprisonné deux fois pour viol. En octobre 1984, il avait été condamné à sept ans de réclusion criminelle pour viol ; puis, en 1991, par la cour d'assises de l'Hérault à vingt ans de réclusion criminelle pour le viol d'une voisine. Incarcéré à la centrale de Caen, il avait été libéré en 2002. L'homme n'a bénéficié d'aucune décision de liberté conditionnelle. Il est allé jusqu'au bout de sa peine, ne jouissant que de réductions de peines légales, selon le procureur d'Evry.
Quant au suivi socio-judiciaire, assorti d'une injonction de soins des délinquants sexuels, il ne lui était pas applicable puisqu'il n'est prévu par la loi que depuis 1998. "Des Cayez, il y en a plein les prisons...", estime un magistrat, sous couvert de l'anonymat. "Des personnes condamnées avant 1998 qui n'ont pas d'obligation de soin et qui, comme lui, vont aller crescendo dans la violence après leur sortie de prison", a assuré à l'AFP ce magistrat. Cayez encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
D'après AFP
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