© DRLe Pascal Paoli est arrivé mercredi peu après 20 heures au port de commerce de Toulon. Quatre personnes ont été placées en garde à vue sur le navire pour l'avoir détourné. Elles devaient être conduites dans une gendarmerie. Les autres marins devaient pouvoir quitter librement le bateau. Le procureur avait ouvert mardi une enquête de flagrance pour le "crime de détournement de navire" et le "délit de séquestration de personnes d'une durée de moins de cinq jours".
Jugés pour le détournement d'un navire SNCM en 2005
Le procès des quatre syndicalistes de la SNCM qui s'étaient emparés d'un navire, en plein conflit social le 27 septembre 2005, pour une traversée rocambolesque entre Marseille et la Corse, s'ouvre ce jeudi.
Publié le 19/11/2009
"Une trahison"
Le cargo de la SNCM, détourné par les marins du Syndicat des travailleurs corses (STC)opposés à la privatisation, avait été pris d'assaut par le GIGN sur ordre de Matignon mercredi matin. Pour le nationaliste corse Jean-Guy Talamoni, cette intervention est une trahison : "un accord avait été passé excluant l'intervention policière. En échange, les marins acceptaient de ne pas débarquer dans la nuit. Il ne devait pas y avoir d'arrestations et le parquet devait revoir à la baisse la qualification des faits", a-t-il dit.
De nouvelles échauffourées ont éclaté mercredi soir à Bastia entre forces de l'ordre et manifestants réclamant la libération de la totalité des marins du STC. Pierres, feux de bengale et projectiles divers ont été lancés sur la vingtaine de CRS en faction devant la préfecture qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes. Des gendarmes mobiles en tenue anti émeute sont intervenues tandis que les manifestants refluaient en direction du port. Une camionnette d'EDF-GDF a été incendiée par les manifestants.
"Encore des possibilités de discuter"
A Marseille, le mouvement de grève du personnel CGT du Port autonome, qui a déjà bloqué toute l'activité du premier port de France mardi, a été reconduit jusqu'à jeudi. Une quarantaine de navires, y compris les sept bâtiments de la SNCM, étaient bloqués à quai ou attendaient sur la rade.
A l'issue de son entretien mercredi soir avec le Premier ministre, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a déclaré que le dossier de la compagnie maritime SNCM "n'était pas clos". "J'espère, en tout cas je comprends de cet entretien qu'il n'est pas bouclé au stade actuel, qu'il y a encore des possibilités de discuter", a précisé Bernard Thibault. "Le gouvernement, manifestement, continue de réfléchir", a-t-il noté.
Le gouvernement Villepin a décidé de céder la compagnie publique, en grande difficulté financière, au fonds d'investissements français Butler Capital Partners. Devant l'ampleur des protestations, il a fait partiellement marche arrière mardi en se déclarant prêt à maintenir une participation minoritaire de l'Etat, qui pourrait être de 10 à 15% selon une source proche du dossier.
Corsica Ferries suspend ses rotations avec la Corse |
La compagnie privée Corsica Ferries, concurrente de la SNCM, a décidé de suspendre les rotations de ses bateaux avec la Corse à compter de mercredi après-midi, estimant que la sécurité des navires n'était plus assurée, a annoncé l'un de ses responsables. Mardi soir, un navire de la Corsica Ferries avait été bloqué à Bastia avec ses passagers par des manifestants venus soutenir les marins du Syndicat des Travailleurs Corses qui avaient détourné le Pascal Paoli de la SNCM de Marseille à Bastia. Le bateau de la Corsica Ferries, un Mega Express, avait finalement pu quitter le port dans la nuit de mardi à mercredi. Dans la matinée, trois autres rotations de la Corsica Ferries ont eu lieu. |
(Le Pascal Paoli à son arrivée dans la rade de Toulon mercredi soir/DR)
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