Une soixantaine de squats dangereux à Paris

le 01 septembre 2005 à 14h53 , mis à jour le 01 septembre 2005 à 15h44

Selon un premier recensement effectué par la préfecture de police de Paris après les incendies meurtriers de deux immeubles vétustes, une soixantaine de squats à travers la capitale présentent des dangers. Des travaux d'urgence sont annoncés dans certains d'entre eux, et les évacuations vont se poursuivre.

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La préfecture de police de Paris avait recensé jeudi une soixantaine de squats présumés dangereux sur le plan de la sécurité dans la capitale. Cette annonce a été accompagnée de la réaffirmation que les immeubles parisiens dangereux en matière d'incendie et de suroccupation "feraient l'objet de mesures adaptées au cas par cas". La préfecture de police a indiqué travailler, "en liaison avec la ville", à l'établissement de la "liste prioritaire" de ces bâtiments.

Il n'y a pas eu d'expulsion jeudi matin. Mais plusieurs "sont prévues dans les jours qui viennent", a-t-on précisé, sans autre détail, à la préfecture de police, qui a été chargée par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de "fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames" et prévenir de nouveaux incendies. Un squat a été évacué mardi sur décision judiciaire rue du Chalet, dans le 10e arrondissement, où se trouvait une personne, au lieu d'une dizaine habituellement, avait-on appris de source policière mercredi.

La question du relogement

La préfecture a insisté sur le "partenariat" avec les services de l'Etat et les collectivités locales avec qui des "réunions ont lieu fréquemment et ont eu lieu encore ces derniers jours". La PP a également réaffirmé que les propriétaires d'immeubles dégradés font actuellement l'objet de "fermes recommandations" pour les remettre en état et qu'elle sera notamment "très ferme et intransigeante sur les délais" qui "seront très courts".

Les expulsions ne peuvent être envisagées sans solution "en amont" et "au cas par cas", a-t-on ajouté à la PP, surtout pour ce qui est du relogement et/ou de l'hébergement des personnes qui seraient expulsées des lieux les plus vétustes toujours dans un esprit de "partenariat". Le but de la PP, selon elle, est "de ne pas laisser des gens risquer leur vie", ajoutant : "quelle que soit leur situation juridique mais aussi celle des propriétaires", privés ou non. La préfecture a enfin mis en place un important dispositif de prévention dans plusieurs immeubles présentant des dangers consistant en des travaux d'urgence ou l'installation de dispositifs anti-incendie.

Photo d'ouverture : la cage d'escalier d'un immeuble vétuste de Paris - DR

le 01 septembre 2005 à 14:53
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3 Commentaires

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  • Angie, le 01/09/2005 à 17h01

    J'ai véçu en face du plus gros squatt de Paris pendant deux ans (rue d'Avron). Ce bâtiment, déserté par BULL, a été squatté pendant des années, empêchant ainsi toute réhabilitation. Il a fallu deux incendies en un mois pour que le préfet prenne un arrêté de péril suite à la découverte de bouteilles de gaz il y a 18 mois... Résultat : évacuation en urgence, fermeture définitive, relogements et enfin... réhabiliation, entamée il y a environ un an. Les raisons en sont, entre autres, que les bailleurs privés sont libres de pratiquer n'importe quel loyer au nom de la liberté du commerce, de ne pas entrenir leurs biens malgré les lois (sanctions non dissuasives), voire de les laisser à l'abandon et les muncipalités qui ne veulent pas faire du logement social. Enfin, je ne suis pas d'accord, une partie de la population "carbonisée" récemment était en situation régulière et payait des loyers !!!!! Aux forces de police, avec un titre exécutoire, de faire démolir les bâtiments dès le départ du dernier occupant, pour éviter tout squattage intempestif en attendant des travaux. Enfin, saluons la mairie de Paris, qui recense enfin (dès avant les drames récents) les bâtiments vétustes et qui a visiblement déposer dans mon quartier sinistré (75020) au moins une dizaine de permis de construire sur des terrains en friche. Une solution serait une défiscalisation pour les promoteurs qui font des logements et un alourdissement de la fiscalité pour ceux qui construisent des bureaux !!! L'heure est à l'urgence mais ce sont les (riches) privés qui font la loi enfin de compte... Merci de publier.

  • Anne, le 01/09/2005 à 16h50

    Ecoeurant. Voila la belle solution que proposent nos hommes politiques au problème plus qu'épineux du logement à Paris. Durant des années on a laissé la situation immobilière à Paris se détériorer, il est devenu quasiment impossible de se loger dans la ville à un prix décent et sans présenter un véritable pédigree de bon locataire... Maintenant que la situation est devenue à ce point critique qu'elle en est meurtrière, quel est la réaction ? Non pas une remise en question de cette politique immobilière et sociale qui fait mourir paris en la transformant en un bel hotel pour personnes plus qu'aisée et la vidant de toute population plus modeste, non. On évacue, on menace, on sanctionne... C'est sur qu'une fois sous les ponts, les petits enfants africains ne mourront plus grillés dans des incendies !

  • Laure, le 01/09/2005 à 16h33

    Si ces bâtiments sont condamnés, c'est qu'il y a bien une raison non ?!!! Et après les squatteurs vont se plaindre des conditions de vie incessantes qu'ils ont choisi alors qu'ils ne paient même pas de loyer... ils ne sont pas dans leur droit !

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