Image de l'opération de police pour expulser les occupants d'un squat du XIXe arrondissement de ParisLa police a évacué vendredi une trentaine de personnes d'origine africaine qui vivaient dans un squat délabré et infesté de rats du XIXe arrondissement de Paris. Selon la préfecture de police de Paris, le squat, situé au numéro 21, rue du Maroc, était un "ensemble immobilier très dégradé". "La visite d'un architecte de sécurité de la PP, le 14 septembre 2005", a-t-elle souligné dans un communiqué, "a confirmé que l'immeuble présentait de graves désordres structurels (murs, planchers, escaliers et façades dangereux) et des risques d'incendie élevés". La préfecture a assuré que "toutes les personnes évacuées ont été prises en charge pour relogement".
Vendredi vers 7 heures, des dizaines de policiers et de gendarmes mobiles casqués et munis de pinces et de béliers ont pénétré dans le squat, formé de trois bâtiments et deux petites cours, occupé habituellement par trois familles, dont une vingtaine d'enfants et deux personnes célibataires. Les personnes évacuées ont été conduites dans un premier temps dans un centre d'hébergement d'urgence du XVIIIe, selon un élu du quartier. Les familles expulsées ont été relogées par l'association Droit au logement (Dal) dans un local du Secours catholique, a annoncé en soirée le président du Dal Jean-Baptiste Eyraud.
"Une solution policière au problème de relogement"
Condamnée par plusieurs associations, cette opération survenait après l'évacuation le 2 septembre de deux squats de la capitale. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait annoncé la fermeture des bâtiments insalubres après deux incendies qui avaient fait 24 morts, dont 18 enfants.
Plusieurs élus de Paris étaient présents pour soutenir les familles, ainsi que Jean-Baptiste Eyraud, qui a dénoncé une "solution policière au problème de relogement" et appelé à un rassemblement rue du Maroc - appel relayé par SOS Racisme, et auquel se sont rendues 150 personnes en soirée devant le 21, rue du Maroc. René Dutrey, président du groupe Les Verts au Conseil de Paris, a qualifié dans un communiqué cette évacuation "d'esbroufe médiatique sur le dos des victimes du mal-logement" en demandant s'il "était bien nécessaire de déloger par la force les familles restant dans cet immeuble alors que toutes avaient reçu des propositions de relogement". Selon une militante du Dal, Micheline Unger, tous les occupants, dont certains étaient locataires, devaient être relogés avant la fin du mois de septembre, alors que les lieux avaient fait l'objet d'un arrêté d'insalubrité en 2001. Le maire (PS) du XIXe arrondissement de Paris Roger Madec s'est également "interrogé" vendredi sur l'évacuation de ce squat, en soulignant que le relogement des occupants, commencé "il y a plus d'un an", devait "s'achever dans les semaines qui suivent".
Photo d'ouverture : image de l'opération de police pour expulser les occupants d'un squat du XIXe arrondissement de Paris - DR
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