Un troisième squat évacué à Paris

le 16 septembre 2005 à 08h07 , mis à jour le 16 septembre 2005 à 20h53

La police a procédé vendredi matin à l'évacuation d'un squat dans le XIXe arrondissement de Paris. La trentaine de personnes d'origine africaine qui y vivaient ont reçu l'assurance d'un relogement rapide.

19e_paris_expulsion_squatImage de l'opération de police pour expulser les occupants d'un squat du XIXe arrondissement de Paris

La police a évacué vendredi une trentaine de personnes d'origine africaine qui vivaient dans un squat délabré et infesté de rats du XIXe arrondissement de Paris. Selon la préfecture de police de Paris, le squat, situé au numéro 21, rue du Maroc, était un "ensemble immobilier très dégradé". "La visite d'un architecte de sécurité de la PP, le 14 septembre 2005", a-t-elle souligné dans un communiqué, "a confirmé que l'immeuble présentait de graves désordres structurels (murs, planchers, escaliers et façades dangereux) et des risques d'incendie élevés". La préfecture a assuré que "toutes les personnes évacuées ont été prises en charge pour relogement".

Vendredi vers 7 heures, des dizaines de policiers et de gendarmes mobiles casqués et munis de pinces et de béliers ont pénétré dans le squat, formé de trois bâtiments et deux petites cours, occupé habituellement par trois familles, dont une vingtaine d'enfants et deux personnes célibataires. Les personnes évacuées ont été conduites dans un premier temps dans un centre d'hébergement d'urgence du XVIIIe, selon un élu du quartier. Les familles expulsées ont été relogées par l'association Droit au logement (Dal) dans un local du Secours catholique, a annoncé en soirée le président du Dal Jean-Baptiste Eyraud.

"Une solution policière au problème de relogement"

Condamnée par plusieurs associations, cette opération survenait après l'évacuation le 2 septembre de deux squats de la capitale. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait annoncé la fermeture des bâtiments insalubres après deux incendies qui avaient fait 24 morts, dont 18 enfants.

Plusieurs élus de Paris étaient présents pour soutenir les familles, ainsi que Jean-Baptiste Eyraud, qui a dénoncé une "solution policière au problème de relogement" et appelé à un rassemblement rue du Maroc - appel relayé par SOS Racisme, et auquel se sont rendues 150 personnes en soirée devant le 21, rue du Maroc. René Dutrey, président du groupe Les Verts au Conseil de Paris, a qualifié dans un communiqué cette évacuation "d'esbroufe médiatique sur le dos des victimes du mal-logement" en demandant s'il "était bien nécessaire de déloger par la force les familles restant dans cet immeuble alors que toutes avaient reçu des propositions de relogement". Selon une militante du Dal, Micheline Unger, tous les occupants, dont certains étaient locataires, devaient être relogés avant la fin du mois de septembre, alors que les lieux avaient fait l'objet d'un arrêté d'insalubrité en 2001. Le maire (PS) du XIXe arrondissement de Paris Roger Madec s'est également "interrogé" vendredi sur l'évacuation de ce squat, en soulignant que le relogement des occupants, commencé "il y a plus d'un an", devait "s'achever dans les semaines qui suivent".

Photo d'ouverture : image de l'opération de police pour expulser les occupants d'un squat du XIXe arrondissement de Paris - DR

le 16 septembre 2005 à 08:07
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16 Commentaires

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  • Nick75, le 16/09/2005 à 13h41

    Bon, moi, je vais arrêter de bosser et aller squatter, j'aurais alors les allocations chomages, prime de noël, prime de rentrée pour les enfants, allocations familliales, aide pour le logement, et je serais peut être relogé dans un 60 ou 80 m2 comme certain, et tout çà sans rien faire, cool. Là je bosse, je paye les impôts, la csg, la tva les taxes..... Arrêtons de bosser, la vie sera bien plus belle.

  • Sophie, le 16/09/2005 à 13h35

    François Hollande et le DAL s'offusquent ! mais que veulent - ils ? quand on laisse les gens dans les squats insalubres, qui peuvent bruler, ils hurlent quand on reloge les gens, ils hurlent mais qu'ils agissent au lieu de râler, ils nous gonflentà la fin!

  • Billy, le 16/09/2005 à 12h00

    Evidemment le caractère succint et approximatif de la dépêche ne pouvait conduire qu'à ces polémiques stériles. Le 21 rue du Maroc est un ancien relai de diligence datant de 1880; la façade sur rue est classée. Il appartenait à un propriétaire unique décédé voici une quinzaine d'années, ce qui explique que l'immeuble soit tombé en déshérence (héritiers dispersés aux 4 coins du monde). Le propriétaire actuel est à Tel Aviv. Suite à des années de palalabres, sans gestion courante, il a cédé la façade (qui sera réhabilitée) à la SA d'HLM FREHA et le bâtiment sur cours à l'Immobilière 3 F. L'immeuble était occupé par des locataires en titre (2 des 4 expulsés de ce matin, Français) et des squatters arrivés en juin 1995. Les 2 familles maliennes qui ont été expulsées et vont être relogées sont arrivées dans les années 70 et n'ont jamais commis de délits ou de nuisances; l'une d'elle était demandeuse de logement depuis 1983 ! Ils travaillent et cotisent comme chacun d'entre nous.

  • Louis, le 16/09/2005 à 11h58

    Pourquoi cite-t-on systématiquement Sarkozy dans ces affaires de squats ? Comment cela se fait-il que nous n'entendions pas le Maire de Paris s'exprimer sur ce problème ? C'est pourtant bien dans sa ville que cela se passe. Vous savez, Paris... là où il y a une belle plage l'été. M. Delanoe ne se montre qu'avec les bons côtés de sa ville. Merci de me publier.

  • Guilaume, le 16/09/2005 à 11h22

    A Nicole de Nantes : si des mobil home dans la Somme ne leur convient pas, pourquoi ne pas les accueillir chez vous?? A vos frais bien sûr ...

  • Charlotte, le 16/09/2005 à 11h16

    à Olivier de Annecy à lire votre réaction, nous devinons que votre vision des choses est très limitée. Nous sommes tous de passage sur terre. Je vous conseille de vous plonger dans les livres d'Histoire, cela vous enrichira.Alors comme ça, les étrangers vous coutent cher? vous savez, il y en a beaucoup qui payent des impôts (même plus que vous même). Ouvrez les yeux et vivez bien au lieu de dire que c'est la faute aux autres si votre vie est médiocre. Charlotte

  • Marcelle, le 16/09/2005 à 11h11

    Des agents municipaux sont sdf depuis plusieurs années et on ne fait rien pour les reloger .... trouvez le hic

  • Alex, le 16/09/2005 à 10h53

    Squatter est illégal. Paient-ils un loyer ? Le proprio est-il une victime ou un pourri ? Qui paiera le relogement ?

  • Bene, le 16/09/2005 à 10h50

    Reponse a Olivier: Cher Olivier, je suppose que vous connaissez ces squatteurs personellement pour pouvoir sous entendre que ces personnes sont en situation illegale? Squatteur n'est pas synonyme d'illegal. Et de toute facon il est certainement preferable d'etre un immigre clandestin que d'etre ignorant, petit et ferme d'esprit comme vous l'etes.

  • Râleuse, le 16/09/2005 à 10h46

    Quand on sait que 3 % des fonctionnaires dorment dans la rue car leur salaire est insuffisant pour trouver un logement mais trop élevé pour obtenir des aides, le droit au logement ça me laisse rêveuse..... Cherchez donc ceux qui n'ont plus qu'un droit, celui de se taire, ils ne viennent pas d'Afrique, ho non !

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