© INTERNEVive l'unité, ras-le-bol des "petites phrases" échangées entre chiraquiens pro-Villepin et sarkozystes. Dans leur grande majorité, les députés UMP ont sifflé la fin des hostilités intestines dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007.
C'est Bernard Accoyer, qui, le premier, s'est fâché, en ouvrant lundi matin les travaux. Volontiers solennel, le pourtant consensuel président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a lancé : "J'avais prévu ce matin de développer les raisons" du choix du thème de ces journées parlementaires, à savoir "la valeur du travail". Finalement, je n'en ferai rien, j'ai plus urgent, plus important, plus grave à vous dire. Depuis quelques temps, j'éprouve le sentiment que nous avons hélas trop souvent connu, celui que la machine à perdre se remet en marche. Ces petits jeux suicidaires sont inadmissibles".
"Mieux vaut essayer d'exister sur les dossiers de fond"
Depuis quelques jours, en effet, le chiraquien Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, et les proches de Nicolas Sarkozy échangent des invectives. Dernière en date, celle que le président de l'Assemblée nationale a lancé lundi dans Libération: "On ne peut pas être ministre le jour et, le soir, gêner l'action du gouvernement". Une charge venant après une première salve tirée il y a huit jours en déniant à Nicolas Sarkozy les qualités d'homme d'Etat.
A Evian, certains voudraient cependant que l'on revienne "aux débats d'idées". "Pendant trente ans, on a fait la guerre des tranchées. Puis on a fait l'UMP. On ne va pas se laisser voler l'UMP à coups de petites phrases", a prévenu Dominique Dord, un proche de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. "Mieux vaut essayer d'exister sur les dossiers de fond", a plaidé le benjamin de l'Assemblée, Laurent Wauquiez.
Debré assimilé à "Rantanplan"
Pourtant, lundi, la polémique ne semblait pas près de s'éteindre. "Jean-Louis Debré se conduit en chef de faction. Il est invraisemblable et lamentable que le président de l'Assemblée nationale se livre à une attaque en règle contre le ministre de l'Intérieur et président du parti majoritaire", a lancé Pierre Lellouche, candidat à l'investiture UMP pour les élections municipales à Paris. "S'il veut jouer les groupies de Dominique de Villepin, qu'il le fasse mais en tant que simple député", a-t-il ajouté. Plus sévère encore, Dominique Paillé. Ce centriste rallié à l'UMP a employé une métaphore peu flatteuse à l'encontre de Jean-Louis Debré : "Je ne comprend pas son attitude car elle dessert son camp. Il se comporte comme Rantanplan, toujours à contre-courant, et à tirer ses maîtres par le mollet, sur la mauvaise route".
Pour tenter de faire oublier ces querelles, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy sont apparus en fin de journée côte à côte pour un discours volontiers consensuel. Et s'exprimant après Bernard Accoyer et le chef de l'UMP qui venaient tous deux de plaider pour "l'unité", le Premier ministre a lancé : "à mon tour, je vous fais une promesse (...), c'est bien sûr d'être garant de notre victoire commune".
(Avec AFP)
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